vendredi 11 février 2011

Truc à la con du vendredi : histoire d'être lisible

Quand on a la prétention d'écrire, il y a une chose dont on finit par se préoccuper tôt ou tard : être lu. Et pour être lu, c'est bête à dire, mais il vaut mieux être lisible.

C'est afin de quantifier à la louche la lisibilité d'un texte qu'existent diverses formules, plus ou moins compliquées, auxquelles je me suis amusée à soumettre quelques-unes de mes bafouilles. Je ne m'inquiétais pas trop à la base : si parfois le sens de mes phrases est sujet à prise de tête, c'est parce que je m'embrouille moi-même, pas parce que je m'exprime mal.

Néanmoins...
L'indice le plus simple est la formule de Flesch, adaptée pour la langue française par Kandel & Moles.
Lisibilité = 207 - 1,015(% mots concrets) - 0,736(nombre de syllabes pour 100 mots)
En gros, plus les mots sont longs, moins il reste de points. Un score élevé est ici synonyme de facilité d'accès.
On peut trouver un calculateur à cette adresse :

Résultat sur des nouvelles, puis sur des romans :

Soir d'orage : 77
L'Erdre et le loup : 76
Au coeur de la Sphère : 64
De sable et de rêve : 74
Ce qui est moi : 73
PATA : 73

Le monde pour douze euros : 73
Et pour quelques gigahertz de plus : 68
Diane : 71
FD2R : 70

Dans tous les cas ou presque, les textes sont considérés comme "plutôt faciles d'accès".
La moindre lisibilité d'Au coeur de la sphère s'explique par des tournures de phrases un peu compliquées, ainsi que par un propos assez axé sur la spiritualité. Néanmoins, Soir d'orage, tout aussi lyrique dans ses formulations et qui manie la métaphore à tour de bras, se retrouve gratifié du plus haut indice de lisibilité. De même, je m'étonne de voir Gigahertz, une aventure nerveuse et drôle avec un vocabulaire globalement terre-à-terre, moins accessible que FD2R dont l'écriture est de la même eau que pour Au coeur de la sphère (et pour cause : même monde, même région, un personnage en commun).
Bref, quand on dit "à la louche", c'est vraiment à la louche. La formule montre vite ses limites.

Alors j'ai testé Scolarius, un site québécois qui "prend en compte la longueur des mots, la longueur des phrases, et celle des paragraphes." La formule exacte n'est pas communiquée.
C'est ici que ça se passe : http://www.scolarius.com/
Cette fois, l'ordre des choses est inversé : plus le score est faible, plus le texte est considéré comme facile à lire. Dès l'élémentaire si on est sous les 90, dès le secondaire si on est sous les 120.

Le site est destiné à des textes courts, jusqu'à 30000 signes environ, si bien que je n'ai pu lui soumettre que quelques nouvelles :

Soir d'orage : 113
Au coeur de la Sphère : 112
De sable et de rêve : 93
Ce qui est moi : 101

Je suis beaucoup plus d'accord avec cette classification : le score le plus bas correspond au seul texte contemporain du lot, narré de façon simple et directe, et les deux plus élevés aux nouvelles dont les tournures de phrases sont les plus complexes.
C'est dommage, pour le coup, que l'on ne puisse pas donner des romans à manger au logiciel.

(information subsidiaire : le présent billet score à 134 sur Scolarius et à 67 selon l'indice de Kander & Moles)

3 commentaires:

  1. Snorre den Store‎11 février 2011 à 23:20

    J'ai fait planter le site de solarius.

    67 sur l'autre !

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  2. A essayer sur le tout début du texte.
    Sur la première page ou le premier chapitre par exemple. :-)

    C'est à ce niveau qu'il faut être lisible. Une fois le lecteur intéressé, il ne refusera pas une petite montée en puissance.

    Bien amicalement
    l'Amibe_R Nard

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  3. Je rajoute cette adresse qui va au-delà de 30 000 caractères

    http://www.online-utility.org/english/readability_test_and_improve.jsp

    Attention, version anglaise cependant. Certaines informations ne sont pas toutes pertinentes.

    Avec ce site, ton billet passe à 62,46.

    l'Amibe_R Nard

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