vendredi 17 juin 2016

B comme... baiser

Je n'avais pas alimenté mon abécédaire du vendredi depuis bien longtemps. Actualité aidant, voici une nouvelle entrée, à la lettre B.

Je suis une petite chose bizarre, une plante en pot qui est tellement passée d'une jardinière à l'autre qu'elle détonne quelle que soit la plate-bande où on la met. Les autres savent bien, l'air de rien, que je ne suis pas comme eux. C'est à se demander pourquoi Flobloc, que je ne connais pas si bien que ça, m'a proposé d'aller en boîte avec sa bande de copains.
Ah oui, resituons : j'ai dix-huit ans, très entourée et protégée depuis toujours, donc bien plus naïve que je ne voudrais l'admettre. Autant dire que quand il a fallu monter à Paris pour quelques jours, ça a affolé les vrais adultes autour de moi. Je m'en suis pourtant bien sortie : j'ai localisé les lieux d'examens, réservé mes hébergements, et j'ai tout trouvé toute seule, sans me perdre dans cette capitale que je ne connais pas du tout. Ce soir, la sortie en boîte, c'est pour fêter la fin de tout ça, et lâcher du lest un bon coup avant de rentrer.
Des étoiles dans les yeux, moi qui ai été assez inconsciente pour débouler devant une station de radio et me faire offrir la visite guidée rien qu'avec mon sourire (on est bien avant l'état d'urgence), je n'imagine pas que dans trois ans, je serai parisienne pour quelque temps. Encore moins que j'habiterai à trois stations de métro de l'établissement devant lequel je retrouve les autres étudiants.
Bien sûr que non, je n'intéresse pas Flobloc : je ne suis qu'une petite chose bizarre, après tout. À mesure que la nuit se déroule, néanmoins, je m'aperçois bien qu'il me garde à l’œil, protecteur, un peu comme si j'étais sa petite sœur. Sans doute est-il plus conscient que moi des possibles dangers qui guettent une jeune fille de dix-huit ans, même petite et bizarre. C'est lui qui m'a invitée, il doit donc veiller à ma sécurité.
Mais alors, ce baiser, il est où ?
Là, juste devant moi, en plein milieu de la piste. Nous sommes dans la salle du sous-sol, celle qui passe du rock, et tout le monde s'agite avec énergie ; pourtant, il y a fort à parier que rien ni personne n'existe pour ce jeune couple dont les bouches s'accrochent, mains entrelacées, paupières closes. Je ne les regarde pas plus d'une poignée de secondes, parce que je sais me tenir et que dévisager les gens, c'est mal. En tout cas, j'imagine que je détourne vite la tête : le souvenir qui me restera, c'est celui d'un moment où le temps s'est arrêté. La patine des années effacera les visages, ne laissant que la force d'un baiser magique et lumineux.
On est à Paris, en juillet 1997.
Pour la première fois, la petite provinciale que je suis a vu s'embrasser deux hommes.

Certains se rendent fous de douleur à regarder d'autres hommes vivre librement leur homosexualité, n'osent pas choisir la vie qui leur conviendrait, et plongent au bout du compte dans une furie meurtrière.
Mais la colère ne vient pas du baiser. La colère est dans le cœur de celui qui regarde.
Dans le baiser, au contraire, il n'y a que de la vie, de l'énergie, de l'amour, et une volonté farouche d'être heureux.

Quant à Flobloc, ça ne me dérangerait pas de savoir ce qu'il est devenu.

mardi 14 juin 2016

Toutes les couleurs de l'arc-en-ciel

La tuerie de Paris, en novembre dernier, a frappé sans discernement particulier, si ce n'est que les lieux visés (cafés, salle de concert, stade) étaient des endroits où on allait pour le plaisir. J'ai eu l'énorme chance de ne compter aucune victime parmi mes connaissances directes. Des potes qui étaient sur place, ou juste à côté, oui ; heureusement, ils sont tous rentrés sains et saufs.
Réaction viscérale de ma part : on veut nous punir d'aimer nous faire plaisir ? Zut ! Pas question de céder. Pas question de renoncer aux concerts, aux festivals ou aux soirées entre copainzécopines.

La tuerie de Bruxelles, en mars dernier, visait des lieux publics, des lieux de passage. C'était encore plus générique, tout aussi douloureux, et possiblement organisé à la va-vite après l'arrestation d'un sale type dont je ne salirai pas ce blog en écrivant le nom. Baoum. Vous êtes européens, vous êtes vivants, ça nous suffit à vous vouloir du mal. Là encore, compassion et volonté de rester debout.

Et arrive la tuerie d'Orlando. Plus ciblée, plus clivante aussi : on trouve beaucoup plus de gens qui réprouvent la méthode mais admettent que quelque part, fréquenter une boîte gay, c'est chercher, un peu.
Curieusement, ou pas, je suis plus dans la réflexion, plus dans la révolte, que lors des précédents attentats qui me touchaient pourtant de plus près. Le mec n'a pas tiré au hasard, il a visé, pour une raison précise. Une raison qui me tord les tripes. Il a tué ces personnes parce qu'elles étaient homosexuelles, ou fréquentaient des homosexuels, et l'assumaient.

John Barrowman et son mari Scott Gill. #neverstopkissing

mercredi 8 juin 2016

Dur

Hello... Vous êtes toujours là ?
En ce moment, je n'assure pas une cacahuète au niveau du blog. Le fait est que je ne sais pas quoi y raconter, vu la tronche de ma vie ces derniers temps.

Côté professionnel, le travail de bureau qui paie les factures, c'est grosse charge et gros stress depuis tant de semaines qu'à force de louvoyer au bord du burnout, je me demande comment je fais pour ne pas tomber dedans.
Côté littérature, écriture et tout ça, le boulot n'est pas aussi gratifiant que je le souhaiterais. J'aime toujours autant ce que je fais, mais je frise la grosse désillusion par moments.
Ajoutez du retard dans mes travaux de couture, une pincée d'intempéries, des virus baladeurs et des gastéropodes qui me bouffent mes plantations... Bref, c'est dur ces jours-ci.

Ceci étant, j'ai quand même avancé sur des projets.
  • Boulot initial fini sur le tome 3 d'Ana l'Étoilée, le manuscrit est parti chez l'éditeur.
  • J'ai presque terminé le ravalement d'un roman de science-fiction destiné à un autre éditeur. Reste à effectuer une dernière passe, à envoyer le fichier et à croiser les doigts très fort pour que ça plaise.
  • Et surtout, je me suis attaquée au tome 2 de Freaks' Squeele ! Petit changement de ton sur ce roman, qui devrait être à L'étoile du soir ce que Nanorigines (le tome 5 de la BD) était à Succube Pizza (le tome 4).
Ah oui, et puis j'ai un nouvel appareil photo, aussi. Je reste dans la catégorie des compacts nomades faciles à utiliser et pas du tout destinés aux experts, mais j'avais besoin de remplacer le précédent qui fatiguait, et j'en ai profité pour monter (un peu) en gamme.
Forcément, j'ai testé mon jouet sur le chat.


Pour résumer : c'est dur, mais comme dirait Mémé Ciredutemps, CHUS PAS MORTE.

mardi 24 mai 2016

Ana Ana, Ana Ana (sur l'air de Banana Split)

Hier matin, mon fils est mal tombé en cours d'EPS. Ça arrive. Surtout à lui. Pour tout dire, il a un abonnement à l'infirmerie du collège.
(parce que oui, le minuscule Poussin des débuts de ce blog est en cinquième)
Bref, le temps de prendre racine aux urgences et d'apprendre que la blessure était sans gravité, ma journée de bureau était fichue et j'ai donc pu travailler un peu sur des textes.