mardi 13 mars 2012

Doctor Who : Apollo 23 (Justin Richards)

Envie de décrocher un peu, de ne pas repartir tout de suite dans un ouvrage aussi long et exigeant que Rêves de Gloire ?
Pas de problème. Des romans à licence Doctor Who sont parus chez Milady.
D'une salle d'attente à l'autre, j'ai donc testé le premier de la liste, Apollo 23, écrit par Justin Richards.


Plus ou moins de nos jours, à Londres...
Un astronaute apparaît en plein milieu d'un centre commercial, tandis que dans le parc d'à côté, deux promeneurs sont téléportés vers la Lune : l'un brièvement, juste le temps de mourir, et l'autre de façon définitive. Pendant ce temps, le TARDIS, comme chacun le sait depuis qu'elle [*] l'a avoué dans la saison 6, n'emmène pas le Docteur là où il veut aller, mais là où il a besoin d'être. Le voilà donc débarquant avec Amy dans le parking le plus proche.
Ni une, ni deux, cette affaire qui laisse les autorités perplexes lui semble, à lui, terriblement simple : il y a une liaison quantique qui déconne, bien sûr ! Oui mais comment, pourquoi ? Direction la Lune pour en savoir plus, et se mettre en grand danger par la même occasion.

En un mot comme en cent, l'intrigue se tient ni plus ni moins que celle d'un épisode de la série. Un brin de folie nécessite de mettre en veilleuse son sens critique, mais à part ça, c'est bien construit, avec des personnages assez finement caractérisés pour qu'on ne sache pas à qui faire confiance, mais aussi des indices assez régulièrement laissés dans le texte pour qu'à la relecture, on se demande comment on a fait pour ne pas les voir tant c'était gros.
Le style pèche davantage, sans doute parce que la traduction colle trop au texte d'origine. On ne le répètera jamais assez : en français, les répétitions (parfois au sein de la même phrase) passent beaucoup moins bien qu'en anglais. Du coup, le texte est sans grand relief, le rythme des phrases parfois heurté, avec de temps à autre un anglicisme qui saute sur le lecteur innocent pour le mordre à la gorge.
Bref, sur sa pure qualité littéraire, le bouquin est très moyen.

Néanmoins, on peut reconnaître à Apollo 23 une remarquable cohérence avec la série qu'il développe.

Le Docteur et Amy, pour ne citer qu'eux, sont fidèles à eux-mêmes. Moi qui ai passé une bonne partie de ma lecture à retraduire mentalement leurs dialogues en anglais, j'y ai retrouvé tous leurs gimmicks, aussi bien dans le vocabulaire que dans la mécanique de leurs échanges.
La gestuelle si particulière de Matt Smith est elle aussi au rendez-vous : tenu d'improviser une solution, le Docteur pirouette sur lui-même et se tapote le front en s'encourageant à grands coups de "Think, think, think!" ("Réfléchis, réfléchis, réfléchis !" en français). Il se bat aussi beaucoup avec sa grande mèche, et n'arrive jamais à réfréner tout à fait son besoin compulsif d'attirer l'attention.

Justin Richards s'attache en outre à relier de façon crédible son intrigue à la continuité de la série. La référence la plus flagrante a lieu vers le premier tiers du livre : le Docteur évoque une future colonie pénitenciaire, et ne contredit pas Amy quand elle suggère qu'il y a séjourné. Il y fut en effet détenu politique à l'époque où il avait la tête de Jon Pertwee, dans l'arc Frontier in space.
J'adore ce genre de friandise pour amateur éclairé, ça me donne l'impression que je suis intelligente, et certains jours, ce n'est vraiment pas du luxe.

Ceci dit, le problème, c'est quand même que j'ai passé du temps à retraduire en anglais un texte que je lisais traduit de l'anglais vers le français. Doctor Who, pour moi, c'est comme Red Dwarf : ça peut se sous-titrer, mais ça ne se double pas. Smeg, quoi !

Donc, en gros : Apollo 23 constitue un divertissement simple et efficace pour les fans de la série qui veulent prolonger l'expérience sans trahir d'un poil le Docteur qu'ils aiment, mais à condition de supporter la VF.


[*] Oui, elle. Avec le visage de Suranne Jones.


Apollo 23
un roman de Justin Richards pour la franchise Doctor Who
Éditions Milady
5,03 euros

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