jeudi 16 avril 2009

84 PVC

C'est le petit nom de la honte du quartier, une des hontes du monde (j'aurais pu dire de la France, mais ce n'est pas un problème franco-français, j'en ai bien peur). Aujourd'hui, j'ai décidé de faire un mini-reportage photo, parce que ça me pèse, ce machin.
Vous voudrez bien m'imaginer kunu devant la chose. Le lieu est trop passant, je n'ai pas pu le faire en vrai.

Ça se passe très exactement à un pâté de maisons de chez moi, au bord de la Nationale 19.

Un immeuble très délabré dont la façade est protégée pour que des bouts ne tombent pas sur les passants. Il y a sans doute eu un commerce au rez-de-chaussée à une époque, mais il est couvert depuis longtemps par une quarantaine d'épaisseurs d'affiches, au point qu'il faut passer juste à côté pour deviner l'emplacement de la porte de la boutique.


Petit zoom sur la partie au-dessus de la porte d'entrée. Des plantes qui poussent dans les linteaux, c'est rare.


J'ai forcé la luminosité de cette photo pour qu'on puisse voir que c'est étayé à l'intérieur, sans quoi les étages se seraient sans doute déjà effondrés.

À première vue, tout ça, ce n'est rien. Le village de mes beaux-parents compte une bonne vingtaine de maisons plus délabrées que ça, aux toits à moitié effondrés, inhabitées depuis des lustres et paradoxalement ornées de numéros flambant neufs, puisque la numérotation des maisons dans les rues ne date que d'une dizaine d'années dans la commune.
Mais si on regarde bien, on voit ça :

De la lumière à l'intérieur. L'immeuble est habité !

J'ai pu en parler récemment avec un élu, qui nous a expliqué que l'endroit appartient à un type aussi vénal que véreux, qui loue cet archétype de l'habitat insalubre à des gens qui n'ont pas trouvé à se loger ailleurs. La mairie lui fait régulièrement des procès, qu'elle gagne, les gens sont relogés... mais l'histoire se répète. Il y a d'après le conseiller municipal plusieurs immeubles comparables dans la ville, et tant qu'ils ne seront pas démolis, il y aura des gens dedans.
Pendant ce temps, dans la ville voisine (Paris pour ne pas la nommer), on estime qu'un logement sur dix est vacant.

Ça fout le bourdon de se dire que la municipalité, communiste, rappelons-le, et donc théoriquement pas complice de ce genre d'agissement, n'arrive pas à endiguer le phénomène. Si les pouvoirs publics n'arrivent à rien, que pouvons-nous faire, nous, simples citoyens ?

Bref, j'ai de grosses bouffées d'impuissance quand je passe devant le 84 PVC. Et envie de montrer mon cul au monde, parfois. Ça n'aide personne mais ça soulage.

2 commentaires:

  1. travaillant à la Mairie de Montreuil je plussois sur le mal logement et les propriétaires véreux...
    les immeubles pourris c'est pas mon quotidient mais j'en connait un paquet...
    après pour coincer un loueur de taudis, ça prend du temps et ce genre de gibier arrive souvent à s'en sortir car ils ont de très bon avocats...

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  2. Je suis déçu : dénonce kunu sans un bout de fesse...

    La seule solution qui serait efficace et radicale dans ce genre de situation serait de murer les entrées mais ça tombe, si mes souvenirs de droit administratif sont bons, sous le régime de la voie de fait (arrêt du conseil d'Etat de 1905 si je ne m'embrouille pas trop les pinceaux).

    Ceci dit, ça a de quoi énerver les marchands de sommeil.

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