vendredi 24 septembre 2010

On a toujours une raison d'angoisser

Le jeune écrivain, jeune auteur, apprenti scribouillard, bref, le clampin qui tâte de la plume et décide un jour de se lancer à l'assaut de l'édition, est une espèce assez commune. J'imagine donc ne surprendre personne en évoquant le stress ressenti lorsqu'on a envoyé un texte et qu'on attend un retour.
Il est facile à contrer, celui-là : il suffit d'écrire autre chose pour focaliser son cerveau sur une activité constructive, et surtout de se souvenir de deux points essentiels.
  1. On existait avant d'avoir fait cette soumission, on n'existera pas plus si ça passe, et pas moins si ça casse.
  2. De toute façon, la probabilité d'être retenu est de l'ordre d'un dixième pour un appel à textes moyen, et frise l'epsilon le plus infinitésimal s'agissant d'une soumission spontanée de roman.
Il m'arrive ainsi d'avoir des textes soumis à des appels dont l'échéance est passée depuis plusieurs mois, pour lesquels je n'ai aucun retour, et de continuer à vivre sans angoisse particulière.

Jusqu'au jour où retour il y a.
Le mail de refus, plus ou moins sec, plus ou moins argumenté, a le mérite de clore la discussion, les attentes et le reste. Dans ce cas-là, c'est plié.

Paul Beorn parle quant à lui du stress de l'auteur retenu.
Une fois que vous avez votre mail de confirmation (ou votre lettre, ou votre coup de fil) vous angoissez à mort parce qu'il ne se passe pas TOUT DE SUITE quelque chose.

C'est vrai ? C'est vrai de vrai ? Le manuscrit est retenu ? Mais je n'ai pas encore mon contrat ? Mon éditeur ne me rappelle pas ? C'est normal ? Il a changé d'avis ? Il m'a oublié ?
Fatalement, il en parle beaucoup mieux que moi, puisque lui publie son diptyque chez Mnémos, pendant que j'en suis encore à attendre un premier contrat.

Entre ces deux extrêmes, j'ai découvert courant 2010 un troisième type de stress, peut-être le pire : celui qui survient quand on a un retour de type "J'aime beaucoup ton texte, je te donne des nouvelles bientôt".
Et là, on attend.
On a beau savoir que l'éditeur a besoin de temps pour prendre sa décision, qu'il a un comité de lecture, peut-être un associé avec qui discuter, on reste suspendu à sa réponse. La probabilité que le texte passe est devenue non négligeable et même importante, donc on commence à basculer dans une réalité où la publication est possible, mais rien n'est sûr pour autant.
Chaque heure qui passe fait alors flipper davantage.

À l'heure où j'écris l'épilogue d'un nouveau roman (le sixième ou le septième, suivant l'indulgence avec laquelle on considère un des textes), je n'ai toujours pas trouvé de dérivatif à cette angoisse-là.

7 commentaires:

  1. Prescription anti stress :
    Génépi, punch, votre ours favori et si cela ne passe pas un câlin avec poussin et poussinette.

    Cela fera 23€ vus avez votre carte vitale ? ;-)

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  2. As-tu déjà pensé à In Libro Veritas pour publier au moins un de tes romans ? ça te permettrais de rencontrer un public...

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  3. J'aime bien ce que tu dis là, Oph. On se sent moins seul.
    Je vois le stress que tu décris un peu comme le trac du comédien avant la scène : lorsqu'on ne l'éprouve plus, c'est probablement qu'on se fiche de ce qu'on a écrit.

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  4. "As-tu déjà pensé à In Libro Veritas pour publier au moins un de tes romans ? "

    Tu n'es pas le premier à me parler de ce genre de solutions, mais je ne suis intéressée ni par l'auto-édition, ni par l'édition à compte d'auteur.
    Merci quand même !

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  5. On dirait en fait que ce n'est pas si différent de l'angoisse du scribouillard amateur qui attend l'avis des connaissances à qui il transmet ses textes. :D
    Bon courage.

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  6. Non, je n'ai pas encore lu tes derniers textes, Cthulhu-chou. ;-)

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  7. C'était une remarque d'ordre général, pas un reproche déguisé. ;)

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