lundi 15 novembre 2010

NaNo 2010 (5)

J'ai désormais passé les trois quarts du défi, et probablement les deux tiers du roman. C'est toujours un plaisir de voir que l'écriture avance, quitte à pédaler un peu dans les mots quand l'inspiration n'est pas au rendez-vous. Au-delà de ça, c'est surtout la preuve qu'écrire, c'est un boulot comme un autre, ou presque. Le truc, c'est de s'y mettre et de se motiver pour avancer.
C'est bien écrire qui est difficile.


« Axel m’a trouvé pendant les vacances d’été. J’étais, comment dire ? À la rue, à l’époque. Nous nous sommes tout de suite bien entendus, et comme j’avais besoin d’un logement, il m’a vite proposé de venir habiter avec lui.
— Décidément, il a toujours eu le cœur sur la main !
— Oui, on peut dire ça. Je ne sais pas ce que je serais devenu sans son aide.
— Mais si tu étais à la rue… Tu n’as pas de famille ?
— J’en avais une. Ce sont eux qui m’ont mis dehors. C’est une longue histoire, compliquée. Je n’ai pas très envie d’en parler. En tout cas, je n’ai plus de nouvelles d’eux. »
Il ferma les yeux, tendit le bras sur l’accoudoir et laissa tomber sa tête par-dessus, comme un enfant qui avait besoin de réconfort. Julie ne savait pas si elle devait douter de ses paroles : l’histoire était bateau, et surtout racontée de façon très vague, mais Dérénik avait l’air sincère. Elle finit par renoncer à se faire une idée tout de suite. La seule chose dont elle était sûre, c’était qu’il se retrouvait aussi démuni privé de son colocataire qu’elle-même privée de son petit ami. Ils étaient dans la même galère, tous les deux.

Lorsque le roulement cessa, Axel ouvrit les yeux machinalement. Il s’était attendu à tout, sauf à voir la route barrée devant la voiture par une douzaine de personnes à la mine patibulaire. Derrière eux, on distinguait le bout d’un panneau d’entrée d’agglomération, suivi quelques mètres plus loin des murs des premières maisons.
« Qu’est-ce qui se passe ? demanda le jeune homme.
— Aucune idée. Je fais des trajets comme celui-ci presque tous les jours pour faire des visites, et c’est la première fois que je me fais bloquer. Ne bougez pas, je vais voir. »
L’agent immobilier déboucla sa ceinture et ouvrit sa portière.
« Excusez-moi, mais j’ai un rendez-vous et j’aimerais passer. Pourquoi ce barrage ?
— Juste une vérification à faire, » répondit un homme entre deux âges avec une casquette rouge et une veste sans manches d’où dépassaient celles d’une chemise à carreaux.
Axel vit le monsieur avancer de quelques pas et fermer les yeux en prenant un air concentré. Cette attitude fit remonter une bulle familière du fond de sa mémoire, mais la sensation était trop floue. Il n’arrivait pas à la relier à un souvenir précis.

2 commentaires:

  1. "C 'est BIEN écrire qui est difficile"
    C 'est on ne peut plus vrai! Autant j'arrive sans problèmes à sortir plus de 50 000 mots en un mois ( j'ai pris du retard ces derniers jours, mais j'y arriverai), autant j'en suis encore à me demander comment faire quelque chose de potable! (je n'ose toujours pas relire les trucs que j'ai pondus ces deux dernières années)
    Mais bon, je m'amuse à me prendre pour un écrivain un mois par an, c 'est déjà bien rigolo comme ça ;)

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  2. Je suis toujours autant impressionnée par ton organisation Oph.^^

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