vendredi 19 novembre 2010

NaNo 2010 (7)

À présent que j'approche du dénouement, la structure du roman se précise : il y aura vingt-quatre chapitres, tous relativement courts. Je pense que le premier jet fera juste un peu plus de 300 000 signes, ce qui n'est pas bien long. Il faudra que je tente de l'étoffer un peu lorsque je le reprendrai.
Les extraits ci-dessous correspondent donc plus ou moins au début de la seconde moitié. L'un d'eux est une preuve supplémentaire, pour ceux qui en douteraient encore, que oui, je suis obsédée par les cheveux.

Dérénik souffla sur une mèche qui était tombée devant son visage, sans réussir à la déloger. Julie fouilla dans sa poche et y dénicha un vieil élastique.
« Attends, si tes cheveux te gênent, je vais te les attacher. »
Elle passa doucement ses mains du front du jeune homme vers sa nuque pour lisser les longues mèches en arrière. D’un geste expert de fille doublée d’une grande sœur, elle releva ensuite la masse, la serra entre ses doigts, et de l’autre main, fit glisser l’élastique. Au bout de trois tours, la queue de cheval lui sembla suffisamment serrée. Elle mit alors la touche finale à son travail en ajustant la gerbe de cheveux clairs de part et d’autre du point où elle jaillissait.
« C’est amusant, tu as des mèches grises sur la nuque. D’habitude, les hommes blanchissent plutôt en commençant par les tempes… »
Dérénik tâta le résultat avant de hocher la tête d’un air satisfait. Il était pourtant loin d’être bien coiffé, la faute au manque de matériel. Julie avait une brosse de voyage quelque part au fond de son sac, mais elle décida que ce n’était pas le moment d’aller la chercher.

Revenu de Paris depuis peu, le sorcier de Soleil racontait qu’il avait travaillé quelque temps avec un grand occultiste réputé dans la capitale : Adam Nicodème.
« Sûrement un pseudonyme, fit Léonie en souriant. Ou un prétentieux. Jamais entendu ce nom-là nulle part, et franchement, s’il avait été célèbre en 1750, je suis sûre que je le saurais ! »
Trois ans plus tôt, Nicodème avait été blessé par un métamorphe et consacrait désormais le plus gros de ses travaux à mettre au point un moyen de les contrer. Avec l’aide d’Augustin Saint-Jacques, il avait fini, au bout de longs mois de travail, par transformer une de ses bagues en objet anti-métamorphose. Il l’avait aussitôt testée sur un des monstres qui hantaient à l’époque les bas-fonds de la capitale, aspirant son pouvoir pour le sceller dans le bijou. Celui-ci n’avait hélas pas supporté la charge. L’énergie emmagasinée avait été restituée sous forme de chaleur, la bague avait fondu, et Adam Nicodème avait bien cru y perdre un doigt, gravement brûlé dans l’opération. Il s’était alors décidé à travailler à partir d’objets plus résistants, et dont la partie métallique n’était pas en contact avec la peau du porteur.

3 commentaires:

  1. Donc ça, c'est ton idée du fan-service ?

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  2. Ce serait plutôt du self-service !
    Un peu comme un dessinateur qui fait de la p'tite pépée peu vêtue : je parie cent kopeks qu'avant de penser au fan-service, le but est avant tout de se faire plaisir lui-même.

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  3. ça me fait d'ailleurs halluciner la quantité de self service dans les illustrations sur deviant-art. par des américains forts talentueux, mais qu'on aimerais bien voir dans d'autres registres que "filles courtes vêtues et à forte poitrine".
    Personnellement j'évite d'en faire.

    au passage, es tu toujours à la recherche de béta-lecteurs?

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