samedi 14 mai 2011

La Pucelle de Diable-Vert (Paul Beorn)

Miracle ! Ze return of ze sauvegarde incrémentale !


Oh, deux bouquins.
Oh, pas très épais et écrits gros.
Oh, l'auteur avait initialement écrit un seul roman, qui aurait certes été un joli pavé, mais rien d'insurmontable, surtout en fantasy où la brique est un format de livre finalement assez courant.

Vous ne rêvez pas, Mnémos s'est fait plaisir en coupant en deux l'histoire de Jéhanne de Basses-Terres de telle façon que, l'un des volumes ne pouvant aller sans l'autre, on est obligé de raquer pour les deux.
Bon.
Mais à part ça ?

Eh bien, depuis sept ans, la Grande Ruine annoncée par les prophéties est en train de ronger le royaume. Dans certaines régions, c'est la maladie, dans d'autres, la stérilité. Au milieu d'une débâcle que les forces de l'ordre peinent à contenir, la ville orientale de Diable-Vert attire les malheureux.
À la demande du Capitàn de la cité qui soupçonne quelque sorcellerie, on envoie sur place un trio d'officiers du Bailli. Parmi eux, Jéhanne de Basses-Terres, jeune recrue choisie pour sa capacité hors du commun à résister à la magie. On apprend assez vite qu'il ne s'agit pas de son nom de naissance : dans ce pays, les prénoms féminins ont toujours trois syllabes vocalisées. Jéhanne est en effet une acrobate bannie par le peuple gitan pour des raisons qui resteront mystérieuses jusqu'à un point assez avancé de l'histoire.
Sur la route de Diable-Vert, Jéhanne ramasse une perle dans laquelle une sorcière a enfermé Abel de Royale-Terre, un jeune hussard pégasier. Ce chevalier réduit à l'impuissance sera son confident, son conseiller, son allié le plus précieux lors de l'aventure à venir.
Encore plus près de la ville, la jeune femme recueille un enfant abandonné au bord du chemin. Dès lors, son destin est lié à celui de Diable-Vert, des monstres mythiques Lyonnois et Dragonide, du royaume tout entier et peut-être bien du monde.
Sans spoiler, on peut dire que Jéhanne vit de nombreuses aventures au long d'un périple qui la ramènera finalement à Diable-Vert, où tout sera révélé.

Écrit dans une langue que l'on peut qualifier de "fleurie mais pas trop", La Pucelle de Diable-Vert est un roman qui se laisse lire avec plaisir. Les personnages ont du caractère et de la répartie (parfois presque trop) et d'Orléane à la place de Rouan, des allusions à l'histoire de Jeanne d'Arc sont saupoudrées tout au long du texte. L'intrigue rebondit d'une péripétie à l'autre en ralentissant à peine, ce qui permet au lecteur de ne jamais s'ennuyer.
Néanmoins, on peut reprocher, dans ce monde foisonnant, une progression un peu trop linéaire : Jéhanne n'a jamais tort, ne se perd pas, ne suit jamais de fausse piste, guidée qu'elle est par les voix précieuses de sa propre sagesse, de la perle et plus tard d'un autre allié. Comme dans un jeu vidéo où l'on n'a que l'illusion de la liberté, sa voie est tracée et elle la suit au millimètre, épreuve après épreuve. Par conséquent, on en vient vite à ne plus douter d'elle, à savoir que quoi qu'elle fasse, elle suivra la bonne direction.
Attention : l'intrigue est téléguidée, certes, mais pas téléphonée. Si quelques éléments se voient venir à des kilomètres, il y a des rebondissements qui surprennent, jusqu'au dénouement final.

Par ailleurs, j'ai regretté que les passés de Jéhanne et d'Abel ne soient révélés qu'au second livre. Ces confidences trop longtemps repoussées prennent un tour artificiel quand elles surviennent enfin.
De plus, c'est personnel, mais le suremploi du mot "donzelle" m'a déplu. Qu'il est laid, ce mot !

Verdict ? Bon livre. Ou plutôt, bons livres. À recommander sans hésiter aux amateurs de fantasy.
Cependant, j'avoue que j'attends encore pour 2011 un coup de cœur comparable à ceux que j'ai pu avoir en 2010.

La Perle et l'Enfant, Le Hussard Amoureux
Des romans de Paul Beorn
Éditions Mnémos
2 fois 18 euros, par ici la monnaie

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