vendredi 26 août 2011

La flash-fiction du jour

Mon camarade Éric Nieudan, récent lauréat du prix Alain Le Bussy mais qui était déjà très recommandable avant cette distinction, lance régulièrement des défis d'écriture sur son blog.
Le principe : il affiche une image à partir de laquelle il faut broder un texte en cinq minutes.
Et cinq minutes, ça va très vite.

La preuve, pour arriver au bout de ce petit morceau, j'ai dépassé le temps imparti d'une minute et des brouettes de secondes.

Voici l'image :
Et ce que j'en ai tiré : 

— Lara ? Tu fais quoi ?
— Ça s’entend, non ? Je mange des chips.
— Mais bien sûr… Sérieux, tu fais quoi ?
— Hé bé passe donc un peu le champ de force, tu verras bien.

C’est qu’elle me prendrait pour une truffe, en plus ! Elle le sait pourtant, ma Lara, Lara jolie, Lara chipie, que je déteste ces fichus champs de force… Ce n’est tout de même pas parce qu’elle se trouve pile-poil de l’autre côté qu’il faudrait que je la suive. Ah ben non. Faudrait voir à pas pousser Mémé dans les orties. Surtout qu’aujourd’hui, Mémé sort de chez le modiste, où elle a récupéré son nouveau chapeau qui lui a coûté un bras et une jambe (que même Edward Elric a l’air entier à côté).
Bon.
C’est Lara, quand même. Et puis ça m’inquiète, de ne plus l’entendre. Ça ne lui ressemble tellement pas de se taire plus d’une minute trente !
Qu’est-ce qu’elle a trouvé, dans ce compartiment ?

Allez, Thaïg, un peu de courage : c’est tout sauf la mer à boire. Rien qu’une sensation qui picote, qui fait courir des frissons électriques de haut en bas et en sinusoïdes qui se croisent. La plupart des gens s’en tamponnent. Je n’y peux rien, moi, si ça entre en résonance dans mes vertèbres et si j’ai le souffle coupé pendant plusieurs secondes après !
On y va.
Frisson, picotements. Presque la nausée. Et puis derrière, un compartiment à la déco sobre, plongé dans la pénombre. Je fais de mon mieux pour garder ma dignité, avec un succès tout relatif vu le regard moqueur que me lance Lara.

— Ben alors ? bafouillé-je tant bien que mal. Tu faisais quoi, finalement ?
— Moi ? Rien. J’avais juste parié avec moi-même que je te ferais franchir ce champ de force.

Ah, Lara chérie, Lara furie, si ce n’était pas toi…

Retrouvez le défi et ce qu'il a inspiré aux autres chez Éric :
http://www.nieudan.com/quenouille/2011/08/25/5-minutes-et-une-photo-defi-decriture/

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