jeudi 1 septembre 2011

Contes de villes et de fusées (anthologie)

Instant confession : c'est à ce livre que je dois la publication prochaine de mon roman.
En effet, en anthologiste consciencieuse, Lucie Chenu a fait le tour des popotes pour annoncer l'arrivée du bébé. J'ai alors suivi le lien, visité le site de l'éditeur et constaté que ce dernier acceptait les soumissions spontanées. De là, j'ai fouetté Gigahertz pour qu'il soit bien soumis, et hop.


Contes de villes et de fusées est le deuxième livre édité par Ad Astra. Le projet existait pourtant depuis longtemps : 16 auteurs (dont un bicéphale) avaient planché sur des transpositions modernes de contes, à la demande de Lucie Chenu. Presque que du beau monde, logique s'agissant d'un appel à textes fermé.
Au final, deux des nouvelles résultantes ont été finalistes du Prix Imaginales 2011.

Je ne passerai pas en revue les seize nouvelles une par une : chacune a su me transporter dans son univers, m'intriguer ou m'émouvoir. Plus ou moins suivant les auteurs, mais je me connais à présent. Je ne m'étonne plus, par exemple, de rester toujours un peu étrangère aux textes de Charlotte Bousquet ou d'Estelle Valls de Gomis. Chacun sa sensibilité.
Je note quand même que si j'avais dû garder deux nouvelles pour figurer au palmarès d'un prix, je n'aurais pas fait le même choix que le jury des Imaginales.
Le sang du large, de Lionel Davoust, ne se discute pas : tout le talent de l'auteur se lit dans cette nouvelle froide, humide et amoureuse, qui a réussi à m'ôter de la bouche le goût amer qu'y met immanquablement la Petite Sirène (j'ai la version d'Andersen à la maison, et beurk, juste beurk).
En revanche, Le Pacha Botté ne m'a pas convaincue. L'ambiance du monde des Pachas ne suffit pas à cacher que, de l'anthologie, ce texte est celui qui colle le plus au conte d'origine, se contentant de le transposer tel quel, presque à la virgule près, dans un nouvel environnement.
À ce jeu, j'aurais plutôt gardé Swan le bien nommé de Mélanie Fazi, ou La griffe et l'épine de Pierre-Alexandre Sicart.
Enfin ! Ce n'est pas moi qui m'occupe des sélections.

Tout ce qu'il faut retenir, c'est que Contes de villes et de fusées est une très belle anthologie, avec plusieurs nouvelles vraiment incontournables. À lire, vite !
Âmes sensibles, prévoyez juste les mouchoirs, au cas où.


Contes de villes et de fusées
Une anthologie dirigée par Lucie Chenu
Ad Astra Éditions
18,50 euros

2 commentaires:

  1. Comment ça, beurk ? Andersen a eu la bonté d'inclure un Deus Ex Machina à la fin pour que la Petite Sirène ne soit pas détruite par sa bonté et sa naïveté, je trouve que la fin est très belle au contraire.

    J'ai quand même une préférence pour la version Disney, où Ursula n'aide Ariel que parce que ça lui permet d'accomplir son plan de domination des océans. En se débrouillant un peu mieux, elle aurait même pu profiter de sa position de fiancée du prince Eric pour déclencher une guerre contre tous les royaumes côtiers (aisément gagnée avec les forces sous-marines de son royaume panocéanique), et de là continuer sa progression pour DIRIGER LE MONDE AH AH AH AH !!!!

    Un bon méchant comme on les aime, voilà ce qu'il manque à la version d'Andersen !

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  2. La fin est justement trop Deusexmachinesque pour passer.

    En fait, ce qui me met si mal à l'aise dans le conte, c'est l'attitude du prince. Bien qu'il prétende considérer la sirène comme sa meilleure amie, dans les faits, tout laisse à penser qu'il l'utilise moitié comme animal de compagnie, moitié comme sex-toy. Et elle est trop heureuse de subir tout ça, parce qu'au moins, elle reste près de lui.
    Beurk.

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