mercredi 9 novembre 2011

NaNoWriMo 2011 [2]

Et hop, on fait tourner les extraits. Deuxième session :

Lors de ses précédentes visites, Jébert était toujours arrivé par cette route. Il avait été frappé à chaque fois par l’activité sur l’autre rive, les silhouettes qui allaient et venaient des mines aux fourneaux jusqu’à la tombée de la nuit. Aujourd’hui pourtant, il ne distinguait aucun travailleur. Aucune foule en colère non plus.
« Ce calme ne me dit rien qui vaille, » murmura-t-il.
Firault, qui chevauchait quelques pas devant lui, se retourna.
« Que dis-tu ? »
Jébert pointa du doigt l’autre côté de la vallée.
« En temps normal, les mineurs de Ninuraud travaillent à cette heure-ci. Or, comme tu le vois, il n’y a personne.
— En effet. Je m’attendrais à trouver au moins un piquet de grève… À moins qu’il n’y en ait un, mais hors de vue. D’ici, nous ne voyons pas toute la rive d’en face. »
Le garçon secoua la tête.
« Je n’aime pas du tout cela. Le mouvement est si bien suivi que les grévistes n’ont même pas besoin d’empêcher leurs compagnons de poursuivre le travail !
— Allons, Jébert ! »
Firault sourit et ajusta son chapeau.
« La ville n’est pas à feu et à sang. Regarde, les cheminées fument, personne n’appelle au secours, donc quoi que tu penses de la situation, songe qu’elle pourrait être pire. Où se trouve la maison du syndègue ?
— Sur la grand-place, face au temple. »

Jébert se pencha, les coudes appuyés sur les genoux.
« Que faire alors des apparitions qui ont déclenché la grève ?
— Prétexte, jeune homme ! Prétexte ou superstition. »
Les narines du maître des haut-fourneaux frémissaient. D’un ton plus calme, Sivane Erbéol ajouta :
« Ragmey exploite la crédulité des autres pour servir ses ambitions. Écartez-le et la vie reprendra son cours normal. »
Jébert fronça les sourcils : s’il suffisait de l’arrêter pour mettre fin à la grève, pourquoi cet homme ne dormait-il pas déjà dans une cellule du poste de garde ? Le garçon ouvrit la bouche, mais Firault ne lui laissa pas le temps de poser sa question :
« Nous vous remercions pour vos bons conseils, dit-il d’une voix posée. Toutefois, nous ne recevons nos ordres que de la baronne Iolanthe, or le conseil nous a demandé en son nom d’enquêter plus avant sur les causes de la grève. Dans l’immédiat, notre mission ne consiste donc pas à appréhender Ragmey Herréon. »
Le choc passa très vite sur les visages de leurs interlocuteurs. Le temps d’un soupir, ceux-ci s’étaient déjà composé des visages neutres.
« Eh bien, enquêtez ! lança Sivane Erbéol. Vous ne tarderez pas à parvenir aux mêmes conclusions que nous. Je ne saurais trop vous conseiller d’aller vite, avant que l’oiseau ne s’envole ! »
Le syndègue Bernal leva les mains en signe d’apaisement.
« Voyons, madame Sivane, il s’agit de pluveurs envoyés par le conseil ! Ils feront au mieux, vous le savez bien… La baronne nous envoie son fils en personne, n’est-ce pas une preuve qu’elle prend l’affaire au sérieux ?
— En ce moment, gronda Karal Tolmaséon, Iolanthe Maréol patauge dans la boue quelque part sous le Causse Morain. C’est son homme de l’ombre, l’agent d’Aïné, qui dirige le conseil !
— Mon père, précisa Jébert. Appelons un chat un chat ! »
Il répondit par un sourire aux regards qui tentaient de le foudroyer.
« La situation revient au même : je suis l’héritier d’Esthuil, le fils unique du chef du conseil… et aussi un pluveur. J’ai prêté serment comme tous mes compagnons. Croyez-moi, la grève inquiète en haut lieu. »

3 commentaires:

  1. La baronne lolante ? Qu'est-ce qu'elle a de si drôle ?

    Ah, pardon, j'avais mal lu.

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  2. "10 novembre 2011 05:05"

    Sale jaune! Je voulais la faire!

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