lundi 14 novembre 2011

NaNoWriMo 2011 [3]

Je suis mon petit bonhomme de chemin et devrais parvenir à la moitié des 50K aujourd'hui. Sûrement pas à la moitié de l'histoire, en revanche !
Et hop, deux anciens extraits. Les plus récents se trouvent sur mon profil NaNo.

Les hommes qui l’encerclaient le touchaient presque, à présent. Derrière eux, une rangée de femmes achevait de lui couper la route. Une suée soudaine mouilla le dos de sa chemise : il s’était laissé piéger. L’héritier d’Esthuil était à la merci d’un groupe d’ouvriers en colère.
Alors qu’il cherchait une issue, un murmure monta du quai depuis sa droite et toutes les têtes se tournèrent vers le bord de la Sinine. Jébert laissa parler ses réflexes : il bascula sa jambe gauche par-dessus le pommeau de la selle et se laissa glisser au sol.
Il repoussa les premiers mineurs avec les coudes, les suivants avec les poings. Ceux-là, tournés vers le quai, ne l’avaient pas vu venir, mais il n’en serait pas de même de leurs compagnons. Le garçon se ramassa pour éviter un bras qui s’abattait sur lui, posa la main droite au sol pour se stabiliser, puis plongea vers l’avant. Sa tête heurta le ventre de l’homme devant lui. Il roula sur le côté avant de s’être laissé attraper. La voie était libre, ou presque. Il ne lui restait qu’à se redresser pour courir aider Firault.
Sa botte glissa quand il voulut prendre appui sur son pied droit. Pourquoi le sol se dérobait-il ? Le jeune homme jeta un regard. La pente raide qui descendait vers le quai ! Il n’avait pas cru qu’il se trouvait si près, mais tant mieux, en fin de compte. Il se rendrait plus vite auprès de son camarade.
Au moment où il sauta, il sentit des mains lui effleurer le dos, à peine une fraction de souffle trop tard.

« Pardonnez-moi, monsieur Jébert, je ne vous avais même pas reconnu ! Pour me faire pardonner, je vous offre ceci.
— Chercheriez-vous à m’enivrer dès le matin ? » s’amusa le jeune homme.
Il posa son menton dans sa main.
« Vous n’êtes pas obligée. Je viens à Ninuraud en tant que simple pluveur, vous savez. »
Laliz fit mine d’essuyer la table avec le torchon qu’elle portait à la ceinture, avant de s’asseoir carrément en face de son client. Elle aperçut alors, derrière les cheveux blonds, une cicatrice irrégulière qui courait le long de sa tempe et mangeait le bout de son sourcil gauche. Pendant un court instant, elle se demanda s’il en cachait d’autres.
« Il n’empêche que votre présence m’intrigue. Les gens de votre milieu fréquentent plutôt la Lettre et la Voix, sur la grand-place… Notre clientèle est, disons, plus modeste.
— C’est justement cela qui m’intéresse. Je cherche à en savoir plus sur les bêtes du Grand Causse Rouge, or je crains de ne pas trouver beaucoup de témoignages à ce sujet à la Lettre et la Voix. »
La jeune fille fronça les sourcils.
« Pourquoi ne pas interroger directement les mineurs ? Ils ont tout vu, eux !
— J’en reviens. Hélas, rien ne prouve qu’ils disent la vérité. Je cherche donc d’autres informations, vite, avant que l’on ne me demande de passer de l’enquête à la répression. »
Il tendit la main par-dessus la table et lui prit le poignet.
« Vous qui voyez passer du monde, que savez-vous ? »

4 commentaires:

  1. Par pitié, change le nom de la ville ! Ninuraud, non seulement ça fait un peu France profonde, mais ça écorche les oreilles.

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  2. "ça fait un peu France profonde"

    Exactement l'effet recherché, merci de me confirmer que ça marche !
    (en plus, j'aime beaucoup les sonorités, et aux dernières nouvelles, c'était moi l'auteur)

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  3. Par contre, tous les noms ne donnent pas cet effet (Pityor, Gédroc).
    Surtout, je suis toujours en train de me demander s'il n'y a pas un jeu de mot. C'est affreux. C'est Firault.

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  4. C'est marrant que tu dises àa, parce qu'il y a un certain nombre de noms qui contiennent des crypto-jeux de mots, mais pas Firault !

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