dimanche 27 novembre 2011

NaNoWriMo 2011 [6]

Allez, dernière ligne droite avant les 50K... Mais j'en serai à peine aux deux tiers du roman.

Ici, point de carrelage à la géométrie colorée ni de chaises au dossier sculpté comme dans son étude. L’armée d’Aïné ne disposait pas de ses moyens financiers et Tadec Seit non plus. Le sorcier effectuait donc ses tâches, consistant la plupart du temps à encharmer le matériel des officiers de haut rang, dans un bureau tout simple : quatre murs, une porte et une fenêtre au deuxième étage de la garnison principale de Volisieu. Prévenu de l’arrivée imminente de Sey Biltan, il leva à peine un sourcil lorsque celui-ci apparut entre deux tabourets.
« Quel plaisir de te recevoir dans mon humble demeure ! Fais comme chez toi. »
Affligé d’une calvitie précoce, Tadec Seit avait malgré tout la coquetterie de tresser la couronne de cheveux brun-roux qui lui restait. Appuyé sur sa table de travail dans une attitude nonchalante, il tendit à son visiteur le rouleau scellé apporté par le pigeon d’Esthuil.
« Je ne pensais pas que tu te déplacerais toi-même. »
Sey haussa les épaules.
« J’avais envie de sortir un peu. Comment vont les affaires ?
— C’est plutôt à moi de te poser la question ! pouffa Tadec. Je pose des charmes sur des objets, je touche ma paie toutes les décades et il me reste assez d’alter-essence pour me passer encore un peu de tes services. Et toi ?
— Rien de neuf. Mes clients ne m’apprécient pas, mais ils s’adressent à moi malgré tout, faute de disposer d’une solution de repli. La baronne d’Esthuil me sollicite aussi du bout des lèvres, je suppose. »

« Le scaloptère est une sorte de lézard volant originaire de Tionérie, monsieur le syndègue. Là-bas, on l’utilise assez couramment comme monture, mais il est rarissime dans nos régions. Toutefois, quelques grandes fortunes en possèdent, comme le seigneur Rett qui était connu, entre autres, pour en entretenir une pleine écurie.
— Je vois. Et donc, vous me dites que ceux-ci sont montés ? »
Firault haussa les épaules.
« Cela n’a rien d’étonnant ! Des scaloptères sauvages ne survivraient pas en Esthuil. Le climat et l’environnement sont trop différents de ceux d’où ils viennent.
— Mais alors, qui sont les cavaliers ? »
Décidément, le syndègue Bernal possédait les qualités de ses défauts : si son manque de confiance constituait un handicap certain face aux grandes familles de Ninuraud, en revanche, il n’avait pas peur d’admettre son ignorance ni de poser des questions.
En l’occurrence, bien que Firault n’eût point de réponse complète à lui fournir, il pouvait au moins en deviner quelques éléments glanés au long de sa carrière. Les possesseurs de scaloptères déploraient souvent l’inconfort des voyages sur leur dos. Ils les réservaient donc à des déplacements pour lesquels leur rapidité et leur capacité à franchir des obstacles compensaient cet inconvénient. En outre, ces animaux ne pouvant pas soulever une charge trop importante, il y avait fort à parier qu’ils ne portaient qu’un cavalier chacun.
En synthétisant ces informations, le pluveur dressa un portrait sommaire des voyageurs :
« Deux personnes riches et pressées, monsieur. Je ne peux vous en dire davantage à cette distance. Vous avez un poste à miroirs à la tour, n’est-ce pas ?
— Oui, tout à fait…
— Dans ce cas, dès qu’ils seront à portée, demandez-leur de s’identifier par signaux lumineux et nous en saurons plus. »

5 commentaires:

  1. "Le scaloptère est une sorte de lézard volant originaire de Tionérie, monsieur le syndègue."
    Attention, tu es proche de la limite (bon, j'imagine que ce n'est pas gênant en contexte, quand les différents termes ont été définis et utilisés un par un).

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  2. Attends, tu n'as pas vu le passage avec les smeerps, les frabbits et les mouscaillons !
    Ah non, zut, je confonds avec un épisode de Pokémon.

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  3. De ce que tu as dévoilé, l'univers est sympa.
    Aurais-tu l'amabilité d'expliciter les jeux de mots patronymiques, s'il te plait?

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  4. Très sympa. Une intrigue qui semble un peu holmesienne avec un duo d'enquêteurs. Un univers qui rappelle un peu Julia Verlanger. C'est du tout bon au vu des extraites.

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  5. Non, je ne vends ni mes calembours ni mes clins d'oeil. La plupart d'entre eux sont d'ailleurs trop foireux pour être avouables.

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