jeudi 29 décembre 2011

La Marque du Fléau (Roland Vartogue)

Dernière chronique littéraire de l'année avec le volume final d'une trilogie bien sympathique : la Fortune de l'Orbiviate.


Roland Vartogue, alias Romain et Nicolas, est l'inventeur du monde de l'Orbiviate : une terre maudite suite à un affront fait aux dieux par les hommes (oui, les dieux ont un caractère de chiottes, ça va se confirmer dans ce troisième tome), livrée à l'entropie et qui se remodèle en permanence. Impossible d'y vivre, sauf à stabiliser par la prière des zones réduites autour des villes et des routes. Certaines personnes, dites "cartographes", sentent les changements et peuvent donc s'aventurer sur les Terres Éphémères. D'autres, en s'engageant à servir un dieu, se voient accorder une part de son pouvoir. Et puis il y a Joris Méria, capable d'invoquer n'importe lequel des pouvoirs divins.
Après deux expéditions mouvementées narrées dans L'Offrande Secrète et La Tribu Bannie, Joris a enfin retrouvé une vie plus ou moins calme, auprès de ses amis Perval, Darien et Magla.
C'est donc reparti pour l'aventure, une dernière fois. Non pas une quête organisée par le clergé, mais un défi bien plus personnel, au terme duquel la jeune femme apprendra enfin à quoi on la destine (réponse variant selon la nature du "on").

Des révélations, les auteurs nous en réservent quelques kilotonnes dans ce volume final de la trilogie. De quoi sortir de sa lecture avec une vision de l'Orbiviate très différente de celle qu'en donnaient les premiers romans. Comme tout se tient très bien, l'effet pervers du procédé, c'est qu'on se sent moralement obligé de reprendre la série depuis le début pour la voir avec les yeux de l'initié. Je ne sais pas encore si c'est mal.
Si j'avais été emballée au dernier degré par les deux premiers livres, celui-ci m'a moins emportée. Difficile de savoir dans quelle mesure c'est lié à la qualité intrinsèque des bouquins, ou tout simplement à mon travail sur mes propres écrits qui fait de moi une lectrice plus intransigeante. Toujours est-il que je me suis fait éjecter de ma lecture un certain nombre de fois par une tournure trop familière pour le contexte, ou encore par une répétition monstrueuse. Bref, malgré un style qui se lit tout seul dans l'ensemble, des scories un peu désagréables.

Et l'histoire ?
Elle se conclut en fanfare. Plus ou moins. Certains fils restent pendants, laissant entendre qu'il y a encore des bouts d'intrigue à venir. Et pour cause : Roland Vartogue a déjà affirmé qu'il(s) avai(en)t de la matière pour encore quatre romans. Néanmoins, comme en l'état, rien ne garantit que l'aventure ira plus loin, la faute à des éditions des Mille Saisons très léthargiques depuis plusieurs mois, je ne peux m'empêcher de craindre le pire : ces personnages dont le sort n'est pas clair, à jamais dans le warp faute de suite.
Le destin du quatuor de jeunes héros, en tout cas, est connu. Et il dépote.


La Marque du Fléau (la Fortune de l'Orbiviate tome 3)
Un roman de Roland Vartogue
Éditions des Mille Saisons
23 euros

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