mardi 6 mars 2012

Ce qui m'agace dans les cartes de fantasy

Il n'y a pas de quoi dénoncer, encore moins kunu... Désolée pour les amateurs de fesses.
Non, ici, il sera juste question de moi, de mes goûts, et de mon rapport à l'écriture.

Vous pouvez encore fuir.

Toujours là ? Bien.
Lorsqu'on écrit de la fantasy, on a souvent besoin d'une carte pour servir de référence. Comment, sinon, maintenir une cohérence dans les temps de transport ou de communication entre les différents lieux ?
On peut contourner le problème en limitant l'action à une zone réduite, comme je l'ai fait pour FDM. Je n'échappe pas à la problématique dite "du pigeon" : un message urgent transmis par pigeon voyageur ne peut pas mettre une demi-journée à parcourir une distance au chapitre 3, puis deux jours sur la même distance au chapitre 15. Toutefois, il me suffit d'écrire le temps de parcours dans un fichier de référence pour m'en sortir.

Le truc, c'est qu'en général, les auteurs aiment bien dessiner des cartes. Moi aussi, j'en ai commis quelques-unes, comme celle de Cúyenor pour l'Encyclopédie de la Terre de Fangh :

Mais rien à faire, quand je regarde une carte de fantasy, neuf fois sur dix, il y a un truc qui va me faire froncer le sourcil.
Déjà, un point extrêmement subjectif et qui m'est personnel, c'est la propension des auteurs à vouloir cartographier tout leur territoire. Je ne sais pas, moi, prenons un roman dont les personnages voyagent un peu, mettons Dracula, et adjoignons-lui une carte du monde qui va avec :

Je ne sais pas pour vous, mais moi, dans le contexte du bouquin, il y a 90% des terres dont je n'ai rien à faire.
Enfin, ce n'est pas grave en soi. Le seul risque que je vois est que le besoin d'exhaustivité pousse l'auteur à ne pas mettre en place 250 pays avec leurs conflits, leurs cultures et leur histoire et à se contenter du cliché "une demi-douzaine de races dont chacune a exactement un royaume, une langue et une religion".

Ce détail étant évacué, on en arrive au point qui m'agace vraiment dans les cartes de fantasy.
Comparons quelques pays du monde réel à quelques pays d'un monde imaginaire (celui d'Au-delà de l'Oraison, choisi simplement parce que je savais où trouver la carte) :

Une vraie côte n'a pas de contours doux vectorisés par le crayon du dessinateur. Une vraie côte s'accompagne assez souvent d'une foultitude d'îlots (mais pas à la Réunion, par exemple).
Une vraie chaîne de montagnes a très rarement une jolie forme arrondie.
Une vraie grande ville dispose forcément d'un point d'eau (ou alors il faut justifier sa présence en plein milieu de nulle part).

On tombe tous dans ces pièges-là. C'est pour ça que je me méfie des cartes en tant qu'auteur. La dernière que j'ai créée, j'ai soigneusement évité de la dessiner, confiant cette tâche à un générateur aléatoire derrière lequel je suis repassée pour faire coller certains détails à l'image du terrain que j'avais en tête. Et encore, c'est loin d'être parfait, trop lisse (mais on s'en fiche, c'est juste pour moi).

En fait, le seul à s'être tiré comme un chef de l'épreuve de la carte, c'est Timothée Rey, dont le talent semble n'avoir aucune limite.
Admirons plutôt sa carte du Tibbar (qui n'est pas une carte du monde, d'ailleurs) :

Regardez-moi ces côtes déchiquetées, ces cours d'eau qui ont des affluents et des méandres, ces lacs un peu partout... C'est ça que je veux voir dans les bouquins de fantasy !

4 commentaires:

  1. Il y a des gens qui sont très doué avec les cartes :
    http://chanimur.deviantart.com/gallery/8176219

    Plein de cartes mais qui évitent justement de tomber dans les travers que tu cites. Ce qui devrais te reconcilier avec.

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  2. Remarques pertinentes cela dit tu oublies que les cartes étaient souvent très simplifiées voire grossières avant l'ère du satellite: tout dépend si la carte est dessinée du point de vue objectif de l'auteur ou du point de vue de "son monde".
    Pour la carte de Nékroôs (que je suis en train de refaire) je ne montre qu'un sous-continent: c'est suffisant, le reste du monde me servira pour des aventures maritimes ou "orientalisantes" (vous avez dit manga?).

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  3. Pour Dracula, j'ai vu une carte de l'Europe. Avec le trajet du voyageur jusqu'en Transylvanie.

    Pour le reste, c'est vrai que les cartes ne sont pas tracées au centimètre carré près, et c'est plutôt pour se donner une représentation générale. (Voir juste pour une image :-) )

    Et tu verras aussi que les très anciennes cartes n'étaient pas aussi détaillées que de nos jours, avec ce soucis d'exactitude.

    http://www.valleedudropt.com/cartesbnf/peutinger.jpg
    http://www.c-royan.com/media/04_entreedelagaronne__066825400_0956_12042011.jpg

    Cependant, j'aime bien les cartes, avec les montagnes, les fleuves qui en découlent, la circulation des nuages que ça implique.

    Et pour la grande ville, c'est souvent plusieurs points d'eau... tout dépend de la taille.
    Sans oublier toute l'agriculture qui va avec, les égoûts ou pas d'égoûts, afin de nourrir la population. Là aussi, c'est souvent oublié par les auteurs.

    Alors que la bouffe, mince, c'est sacré ! :o)

    l'Amibe_R Nard

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  4. J'adore les cartes anciennes, j'en ai une (de l'Irlande) juste au-dessus de mon bureau. Je connais donc leur imprécision, mais aussi l'impression d'authenticité qui s'en dégage si on les compare à la plupart des cartes de fantasy.

    Enfin bref.

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