mardi 27 mars 2012

L'écriture en 30 questions : 11 & 12

Et on attaque en fanfare le deuxième tiers du questionnaire.

11- Quel est le personnage que tu préfères mettre en scène ? Celui que tu aimes le moins ?
On ne peut pas dire que j'aie un personnage favori. Plutôt un genre de personnage.
J'aime ceux qui s'écrivent tout seuls parce que leur caractérisation leur permet de trouver leur place sans difficulté au cœur de l'intrigue, voire d'attirer à eux tous les projecteurs par leur simple présence. Quand ils entrent en scène, je m'éclate à les faire agir et parler. Il s'agit donc de personnalités fortes, souvent un peu caricaturales, bavardes et grandes gueules.

 Diane Adam. Caractère fort, évolution nette, motivations claires. Un plaisir à écrire (quoique).

Quelques-uns de mes chouchous :
  • Le Président dans Le Monde pour douze euros.
— Des questions ?
— Oui, je crois que…
— Vous les poserez plus tard, Sylvain. Ce n’est pas le moment.
  • Léonie dans LODA.
— J’ai une course urgente à faire. Est-ce que tu peux me garder mes livres en attendant ? C’est facile, personne ne peut sortir sans passer devant ce bureau, donc tu n’as qu’à…
— Et tu crois vraiment que je vais faire ça pour toi ?
Léonie croisa les mains devant son cœur avec son plus beau regard de Chat Potté.
— À vrai dire, oui, j’espérais.

Murello de FD2R, Nolwenn de 180 ou Milo Tikosh d'Et pour quelques gigahertz de plus ont aussi leurs moments de flamboyance.
En fait, j'aime surtout les gugusses à qui je peux écrire des lignes de dialogue un peu extrêmes sans que ça ne tombe comme un cheveu sur la soupe.

À l'inverse, les personnages trop indécis, mous du squeele, sont plus difficiles à gérer. Non pas parce qu'ils me ressemblent trop (et pourtant, ils me ressemblent), mais parce que leur réaction à telle ou telle situation ne sera jamais évidente. Je passerai du temps à tenter de cerner leur comportement, à m'assurer qu'ils ne sont pas hors-caractérisation, et en définitive, ils me donneront plus de travail.
Il y a aussi la problématique des personnages qui meurent : je n'aime pas trop travailler avec eux, au risque de m'attacher, sachant que je finirai par les zigouiller. Le jour où j'écris le passage dans lequel je les tue pour de bon, en général, je suis inconsolable.

12- Pour quelle histoire estimes-tu que tu as créé le meilleur univers ? As-tu des anecdotes, des conseils à ce sujet ?
Sacrée question piège !
Je ne pense pas avoir réussi un univers plutôt qu'un autre. Ma méthode, en tout cas, consiste à ne surtout pas vouloir tout définir. Penser plus grand que le cadre de l'histoire, c'est essentiel pour lui donner un minimum de profondeur, mais il ne faut pas chercher à être exhaustif. Un jour peut-être, on aura une bien meilleure idée pour cette zone non cartographiée ou ce point non éclairci de la culture locale.

1 commentaire:

  1. J'ai ri aux extraits. :-) J'aime ce genre de perso aussi.

    Quand je rentrerai en France, je prends ton roman. J'ai économisé pour. ;-)

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