vendredi 9 novembre 2012

NaNo 2012, premiers extraits

En sept éditions, le NaNoWriMo est devenu chez moi une sorte de tradition, plutôt bien installée, avec ses routines.
Je garde donc d'une année sur l'autre un fonctionnement similaire : trois extraits récents sur mon profil NaNo, que je change par paquets de deux. Les deux qui disparaissent ne sont pas perdus pour tout le monde puisque je les reproduis ici.

Voici donc deux petits bouts du début de La pirate aux yeux de chat (attention premier jet) :

Le jeune homme tritura les réglages, mais il connaissait mal l’appareil. Il n’afficha rien de plus précis. En tout cas, quelle que soit la nature de ces deux objets, ils se trouvaient à présent à moins de trente mètres de la côte et remontaient à la surface. Il avait du mal à croire que tout cela n’était que le fruit du hasard.
— Ça ne sent pas bon…
Comme en écho à ses paroles, deux minuscules boules jaillirent dans l’hologramme en direction du polyèdre représentant la base. Malgré leur trajectoire en cloche, il était clair qu’ils allaient retomber sur le module de repos.
— Faites quelque chose ! ordonna le docteur Bayar en abattant une main autoritaire sur l’épaule de l’officier, qui la dépassait pourtant d’une bonne tête.
— Je ne peux pas ! protesta-t-il.
L’impact résonna dans tout le bâtiment. La vibration résultante de la structure les jeta au sol tous les deux, envoyant rouler par la même occasion la tasse du docteur Bayar. L’infusion parfumée se répandit en une flaque orangée. Le fracas mit une seconde ou deux à s’estomper, tandis qu’une autre alarme, moins stridente mais plus modulée, s’élevait à son tour. De la neige carbonique tomba du plafond, confirmant le diagnostic : incendie.
— Pas besoin de système de défense, qu’ils disaient ! s’exclama Tikosh en se relevant. Planète trop primitive, qu’ils disaient ! Résultat, à part une demi-douzaine de lance-harpons, autant dire de cure-dents, nous n’avons rien pour repousser ces… machins !
Sans attendre la réaction de son interlocutrice, il passa la main dans ses cheveux poudrés de blanc et sortit de la salle. Le dioxyde de carbone acheva de se sublimer sous ses doigts.

Avec un sérieux papal, le capitaine Artemisia fit entrer son visiteur et referma la porte derrière lui.
Sitôt le panneau de composite dûment clos, elle sauta sur place, les mains jointes.
— Milo, c’est super ! s’exclama-t-elle d’une voix soudain haut perchée. Je sais que les circonstances n’ont rien d’idéal, mais qu’est-ce que ça me fait plaisir de revoir ta bonne vieille tête de pervers !
Tikosh s’adossa à un placard, soulagé de retrouver son amie un peu plus conforme à l’image qu’il avait gardée d’elle.
— Quel enthousiasme ! Vas-y doucement quand même, je porte un plaid orange, je suis en état de choc !
Elle croisa les bras avec un sourire moqueur.
— Il faudrait plus de trois jours de capsule pour abattre le Milo Tikosh que je connais. Surtout en compagnie d’une jeune femme aussi charmante… Quel est son nom, déjà ?
— Docteur Léandrine Bayar. C’est une éminente biologiste. Enfin, peut-être pas éminente, mais biologiste, oui, sans l’ombre d’un doute. Hélas, elle s’est avérée aussi hermétique à mon charme légendaire qu’une personne de ma connaissance.
— Pauvre choupinet.
Artemisia contourna sa table-console et prit place sur le tabouret qui se trouvait derrière. D’un passage de la main au-dessus d’un capteur, elle déploya un écran virtuel et le clavier tridimensionnel qui allait avec.
— Assieds-toi pendant que je prépare l'entête de mon message.
Le jeune homme ne se fit pas prier. Il plia ses longues jambes à côté de la table et, par politesse, laissa son regard errer partout, sauf du côté de l’écran translucide.

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