mardi 4 décembre 2012

Le paradoxe de l'actualité littéraire

Je me suis retrouvée tout dernièrement à écrire dans mon agenda "simple visiteuse faute d'actualité littéraire justifiant ma présence derrière un stand".
Et quelque part, ça m'a fait bizarre.
J'm'énerve pas, j'explique :

Je suis éditeur depuis peu, ayant repris la présidence de l'Armoire aux Épices le mois dernier. En tant qu'éditrice, j'ai plus ou moins la maîtrise de mon planning, je sais que jusqu'à fin 2012, je sors exactement quatre fanzines par an, qu'à partir de 2013, ce sera seulement deux, et je contrôle plus ou moins la sortie des webzines [*]. Il y a une régularité.
En tant qu'auteur, pas du tout.
C'est ainsi qu'un lecteur lambda, regardant mon année 2012, y verra une nouvelle parue en ligne, un texte en vers dans un fanzine dont je n'étais pas encore le chef [**], et puis c'est tout. Il sera tenté d'en conclure que c'était une année maigre pour moi, que j'ai eu peu d'inspiration, ou une grosse flemme, après la sortie en fanfare de mon premier roman fin 2011.

Et pour quelques gigahertz de plus : Shania Artemisia en version Face Your Manga. Mes heureux bêta-lecteurs la retrouveront bientôt dans La pirate aux yeux de chat [***].

Si tu n'es pas publié, alors tu n'écris pas.
Ma grand-mère m'a régulièrement demandé tout au long de l'année si j'envisageais d'écrire un deuxième roman... au moment même où je bossais sur le huitième, puis sur le neuvième. Réponse invariable : "Oui, oui, j'y travaille."
Je crois qu'au bout de six mois à ce régime, ma grand-mère commence à me prendre pour une grosse mytho [****].

Donc : 2011, année faste. 2012, année creuse. J'ai pourtant écrit à peu près autant cette année que l'an dernier, fini deux premiers jets, retouché plusieurs autres romans, soumis un grand nombre de nouvelles, fait les yeux doux à plusieurs éditeurs...
La page Ma vie, mon oeuvre en témoigne avec la foule de textes répartis entre les rubriques "En attente de publication" et "En attente de verdict".
J'ai bossé en 2012. Des projets auxquels j'ai participé, parfois les années précédentes, devaient aboutir en 2012. Le fait est qu'on est tous fragiles dans la microsphère des toupitis éditeurs de SFFF, qu'un retard est vite arrivé, et que de toute façon, en tant qu'auteur... je ne maîtrise pas mon planning. On en revient à ça.
Et puis j'ai aussi commis des bouses. Ça, c'est du temps d'écriture qui ne se traduira pas en sortie littéraire.

C'est curieux et assez difficile à gérer, cette décorrélation entre l'écriture que l'on accomplit et la visibilité que le lectorat peut en avoir à l'autre bout.

Bon, tant pis si j'ai l'air de n'avoir rien glandé en 2012 : 2013 s'annonce mieux garnie en bonnes nouvelles.
Surveillez la rubrique "Paruchonnes", elle va bouger dans les mois à venir. Promis !


[*] Ce "plus ou moins" se transforme en "non, pas vraiment" quand on sait combien de Vanille Givrée sont bloqués dans les tuyaux faute d'illustrateur. Les gens qui acceptent de vous faire de belles images sans être payés, ça ne court pas les rues (et quelque part, je les comprends).
[**] Maintenant que je suis le chef, déontologiquement, je m'interdis de publier le moindre texte dans Piments & Muscade. De toute façon, le reste de l'équipe me l'interdit aussi.
[***] Je vois d'ici la tête de Papy Daniel, qui me demandait l'autre jour si j'envisageais d'inventer des titres moins compliqués. Le pire, c'est que j'en ai. Mais que les romans cachés derrière sont coincés en case "recherche d'éditeur".
[****] Du moins, jusqu'à la semaine dernière. On en reparle.

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