dimanche 24 mars 2013

Les quatrièmes de couverture et moi

La plupart d'entre vous le savent déjà, mais j'informe les autres : je suis chiante. Genre, très chiante. J'ai souvent des idées très arrêtées sur la façon dont certaines choses doivent fonctionner, comme la disposition des livres dans ma bibliothèque, par exemple. Ou les quatrièmes de couverture.

C'est très dur à écrire, une bonne quatrième de couverture. J'en sais quelque chose puisque j'ai rédigé moi-même celles de mes deux romans.
Dans cet exercice d'écriture comme dans les autres, il n'existe pas de bonne recette à appliquer absolument. La seule règle est la suivante : la quatrième doit donner envie aux lecteurs potentiels d'ouvrir le livre.
Le défi consiste à attirer un maximum de lecteurs, sachant que tout le monde n'a pas les mêmes goûts, tout en restant fidèle au contenu. On ne va pas vendre autre chose que le texte, ça risquerait de tourner à la mauvaise presse.
Enfin, ça arrive. Mais en général, on évite.

Quels sont-ils donc, mes goûts à moi, en matière de quatrième de couverture ?
Pour me plaire, des milliers de solutions sont bonnes. Je ne suis tout de même pas si difficile... Une approche originale, la promesse d'une histoire palpitante, de personnages attachants, tout peut fonctionner, ou presque.
Il me paraît donc plus simple de lister quelques défauts qui me gâchent une quatrième.
  • Préciser, avant toute autre chose, que l'héroïne est belle. Même si j'apprécie les personnages au physique agréable, surtout en tant qu'auteur (parce qu'on se les coltine pendant des mois, voire des années, donc autant ne pas s'entourer de moches), ça me défrise qu'en 2013, certains considèrent encore que la beauté est la qualité première chez une femme.
  • Sous-entendre que les personnages ont toutes les qualités : beaux bien sûr, mais aussi forts, intelligents, hybrides entre deux races supérieures dotés de pouvoirs exceptionnels... Je n'ai pas envie de lire les aventures de Mary Sue et Gary Stu, merci.
  • Finir par une question dont la réponse est évidente. "Mary Amethyst Sue survivra-t-elle à ce règlement de compte ?" Baaah, dans la mesure où il y a 5 tomes des aventures de Mary Amethyst Sue après celui-ci, on peut supposer que oui, hein.
  • La même, en version points de suspension : "Les pouvoirs exceptionnels de Gary Benedict Stu risquent de ne pas suffire pour sauver le monde..."
Non, sérieusement, les questions, c'est bien. Je préfère juste quand elles ne sont pas complètement rhétoriques. La quatrième de couverture de Sans Âme (Orbit, Le Livre de Poche) joue d'ailleurs très bien avec cette figure quasi imposée, en y ajoutant l'humour omniprésent dans l’œuvre de Gail Carriger :
Découvrira-t-elle ce qui se trame réellement dans la bonne société londonienne ? Qui sont vraiment ses ennemis, et aiment-ils la tarte à la mélasse ?
Et hop, on enquille une question rhétorique (bien sûr qu'Alexia Tarabotti va découvrir le pot aux roses), une qui titille un peu plus la curiosité (avant de lire le livre, on serait bien en peine d'imaginer qui sont les ennemis), et une dernière qui éclaire le lecteur sur le caractère ironique et décalé du roman.

Bref, quand j'essaie de rédiger une quatrième de couverture avec un gentil éditeur qui regarde par-dessus mon épaule, pour Et pour quelques gigahertz de plus..., on obtient ceci :
Un vaisseau proche du cimetière des astronefs…
Un équipage incomplet et hétéroclite…
Un système inexploré à la veille d’une guerre interplanétaire…
Pour Jean-Frédéric Serrano, commandant du Viking, la meilleure solution serait de quitter le secteur avant le début des embrouilles ! Sauf, bien sûr, si les autochtones impliquent de force les Terriens dans leur conflit.
Pris entre deux feux, privés du soutien de la planète-mère, les soldats du Viking joueront à la roulette russe… à leur façon !

Dans l’espace, personne ne vous entendra bluffer.

Et pour L'Ouroboros d'argent, on obtient ça :
Axel est généreux. Axel est amoureux. Axel est trop gentil. Aujourd'hui, il doit traverser la France pour acheminer un héritage.
Célia est fière. Célia est implacable. Célia est un loup-garou. Aujourd'hui, secondée par deux jeunes de sa meute, elle doit retrouver l'objet responsable d'une vieille malédiction.

À la croisée des chemins, le piège se referme dans le Massif Central. Prête à tout pour mener à bien sa mission, Célia n'hésitera pas à détruire la vie d'Axel s'il le faut. Le jeune homme a de la résistance à revendre et des amis prêts à l'aider. Pourtant, cette fois, il pourrait bien finir broyé au nom de l'Ouroboros d'argent.

L'artefact vaut-il seulement tous ces sacrifices ?
Mais pour être tout à fait honnête, même avec une quatrième qui ne m'intéresse pas, un livre peut très bien trouver sa place dans ma PAL. Il suffit que j'aie confiance, soit en son auteur, soit en quelqu'un qui l'a déjà lu et qui le recommande.

1 commentaire:

  1. "Un vaisseau proche du cimetière des astronefs…
    Un équipage incomplet et hétéroclite…
    Un système inexploré à la veille d’une guerre interplanétaire…"
    Un grand séducteur krygonite...

    Marie-Chantale a toujours été la plus belle de sa classe. Mais alors qu'elle s'en va acheter des croissants pur-beurre sans domestique, une voiture s'approche dangereusement du caniveau inondé côtoyant ses gracieux pas. Subira-t-elle l'affront de l'eau sale, populaire, vulgaire? Sur quoi se jouera le sort du monde?

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