mercredi 12 juin 2013

Rupture (mini-nouvelle)

Le téléphone sonne encore. J'esquisse un geste pour décrocher, avant de l'interrompre une fois de plus : j'ai reconnu ton numéro.
C'est fini, je ne prendrai plus tes appels.
Ce que tu as à me dire, je l'ai déjà entendu de trop nombreuses fois. D'une conversation à l'autre, tu répètes tes arguments à l'identique. D'ailleurs, peut-on seulement parler de conversation quand, quoi que je puisse répondre, tu n'en écoutes jamais un mot ?
À quoi bon prolonger une relation qui n'en a jamais été une ? Je renonce.
Pas toi, visiblement : la note modulée de mon téléphone continue à résonner. J'essaie de me concentrer sur mon travail, sans grand succès.
Tu vois ? Même sans réussir à m'atteindre, tu arrives encore à me faire du mal. Tu es fier de toi ?
À bout de patience, je décroche et raccroche en un seul geste. Si tu insistes, je t'éconduirai de cette manière, désormais. Ce sera moins dur pour mes nerfs.
Quand comprendras-tu qu'il est temps de cesser de m'appeler ?
Je te l'ai déjà dit tout à l'heure, même si tu n'as pas écouté : tu dois renoncer à moi. C'est évident, ça ne peut pas coller entre nous. Nous sommes trop différents.
Accepte la vérité... je suis humaine, tu es un fax !

Pardon aux familles, tout ça.

5 commentaires:

  1. J'espère que tu te rends compte à quel point ça leur faisait mal quand tu traitais les modems de la même façon à l'époque d'avant l'ADSL.

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    1. Crouuuiii... Tidong, tidong, tidong...

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  2. Mdr le bruit agaçant du fax !

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  3. Un fax? Ça existe encore, ces trucs-là?

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    1. On s'en sert encore régulièrement, aussi fou que ça puisse paraître.

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