jeudi 11 juillet 2013

Les 11 questions du petit écrivain (Liebstrschimilimili...)

D'accord, j'ai déjà pris ce relais au mois d'octobre dernier. Seulement, cette fois, c'est Roanne qui me le passe, et en plus, elle a orienté ses questions rien que pour les auteurs, alors comment refuser ?

Les règles du jeu :
  • Poster les règles du jeu
  • Répondre aux 11 questions
  • Inventer 11 nouvelles questions
  • Taguer 11 blogueurs et leur annoncer la nouvelle.

1. Chocolat ou pistaches ?
Définitivement chocolat. Je n'ai rien contre les pistaches, mais elles ne font pas le poids.


2. Quel roman as-tu lu en cachette quand tu étais ado et t'a mis une grosse claque ?
Je n'ai rien lu en cachette à cette époque, à part un SAS dont l'effet "claque" a été que, même ado, j'ai noté deux-trois détails au rayon "à ne pas faire"...
J'ai eu une grosse période Anne Rice, mais en commençant par Lestat et en revenant ensuite sur Entretien avant de poursuivre.

3. Existe-t-il un auteur dont tu achètes tous les romans les yeux fermés pour les lire les yeux grands ouverts ?
Timothée Rey... ah zut, il n'a pas publié de romans. Mais j'ai ses deux recueils aux Moutons Électriques et si je revois passer un livre de lui, je saute dessus sans réfléchir.
Il y a bien quelques auteurs dont j'ai toute la biblio, mais celle-ci est en général réduite à deux ou trois bouquins, donc ça ne compte pas vraiment. Je n'ai ni tous les Pratchett, ni tous les Gaiman, bref, je ne suis aucun auteur à la trace, en dépit de tout le bien que je pense de certains.

4. Influence-t-il ton écriture, même de loin ?
Sans doute. Toutes mes lectures m'influencent, je ne me fais aucune illusion à ce sujet. Cependant, je ne pense pas avoir un "maître à écrire", surtout pas Timothée Rey, d'ailleurs : nos styles sont bien trop différents.

5. Te souviens-tu de quoi parlait ton tout premier texte ?
J'hésite entre un plagiat de Jules Renard et un plagiat de la comtesse de Ségur. Dans les deux cas, je devais avoir sept ou huit ans, alors il y a prescription.
Pendant une bonne partie de mes jeunes années, je pensais faire de la BD. Mes œuvres de jeunesse, ce sont donc plutôt les affrontements entre le cheval Apollon et le sorcier Y, en images mal dessinées (avec Isline, l'esclave du second, qui parle en italiques et se rallie au premier parce qu'il est gentil alors que l'autre est méchant).
Le premier texte que j'ai réellement fini, vers l'âge de seize ans, était une nouvelle vampirique très ratée. Je l'ai perdue, j'en ai bien peur. Dommage, j'aimerais la relire et rire un coup.

6. Écris-tu au fil de l'eau ou scénarises-tu ?
Je me pose des balises depuis quelques expériences cuisantes qui m'ont appris qu'à partir sans savoir où je vais, je n'arrive nulle part. Cependant, je me contente de quelques éléments-clefs, en me laissant la liberté de remplir les blancs au stade de l'écriture. Établir un scénario détaillé n'aurait aucun intérêt : je sais que je ne le suivrais pas.

7. Quel tic d'écriture te pose le plus de souci ?
À partir du moment où j'ai pris conscience d'un défaut, je travaille à l'éliminer et j'y arrive plutôt bien. Excès d'adverbes, adjectifs au kilo, auxiliaires qui s'incrustent, séquences dialoguées trop statiques, je les repère désormais moi-même et je les corrige sans trop de difficulté. Ma grande faiblesse est peut-être le "qui... que... qui". On m'en reproche souvent des occurrences, mais j'aime beaucoup imbriquer les propositions au sein d'une même phrase, donc ça me colle à la peau.

8. Le texte dont tu es le plus fière à ce jour ? (publié ou pas, ce n'est pas ce qui compte)
Diane, mon roman maudit biclassé serpent de mer. Je l'ai commencé en 2003, comme "respiration" dans la saga de fantasy que j'écrivais à l'époque et que je n'ai pas l'intention de terminer (n'insistez pas), parce que je m'étais réveillée habitée par un rêve à base de fac pour mages où échouait une héroïne transformée par le baiser d'un démon aux pieds nus [*]. Abandonné plusieurs fois en cours de route parce que je m'étais lancée sans plan et que je pédalais dans la choucroute, le texte a malgré tout survécu. C'est sans doute mon roman le plus personnel. J'en suis venue à bout, je l'ai retravaillé, je le retravaillerai encore et je veux le voir publié.

9. Le texte dont tu as le plus honte...
Sans aller jusqu'à prétendre que je suis fière de tous mes textes, je les aime d'amour tendre et il n'est pas question d'en avoir honte. Même du plagiat d'Anne Rice. Même du plagiat de Rumiko Takahashi. Seulement, vous pourrez toujours vous brosser pour que je vous les montre, sans compter que certains se sont perdus avec le temps.

10. Les univers que tu préfères comme décorum de tes textes ?
Il y en a cinq que j'ai suffisamment aimés pour y situer plusieurs histoires.

Urban fantasy
Notre monde, de nos jours. Seul le principe d'innocence nous empêche de prendre connaissance de la magie et des non-humains qui nous entourent.
Deux textes s'y rattachant sont publiés : L'Erdre et le loup (anthologie Malpertuis I, éditions Malpertuis) et L'Ouroboros d'argent (éditions du Chat Noir).
La nouvelle Nino l'Esquisseur, en instance de publication, prend aussi place dans cet univers.

Fantasy (1)
Un monde caractérisé par l'opposition entre deux types de magie incompatibles (une sorte de "Force" utilisée par les mages, et le pouvoir divin ou onirique, lié à des créatures éthérées qui se nourrissent des rêves des hommes).
Cet univers a la particularité d'être "maudit", puisqu'à chaque fois qu'une nouvelle s'y déroulant est sélectionnée, le projet correspondant est repoussé aux calendes grecques, quand ce n'est pas carrément l'éditeur qui coule. Bodycount actuel : quatre AT dégommés par trois nouvelles.

Fantasy (2)
Un "double-monde" où deux niveaux de réalité se superposent, l'énergie de l'alter-monde permettant d'utiliser la magie dans le monde tangible.
Une nouvelle de cet univers a été publiée en fanzine : Au cœur de la Sphère (Piments & Muscade n°6, l'Armoire aux Épices).
C'est également le cadre du diptyque Fille des deux rives/Fils du miroir, en recherche d'éditeur.

Science-fiction (1)
Le futur dit "des Gigahertz", où l'aventure vous attend au coin de la première galaxie à droite et où la rigolade n'est jamais très loin.
Le roman Et pour quelques gigahertz de plus, publié aux éditions Ad Astra, et sa future suite à paraître un jour chez le même éditeur, s'inscrivent dans cet univers.

Science-fiction (2)
Dans un cadre contemporain, quelques initiés ont établi depuis longtemps le contact avec des peuples extraterrestres et une ou deux dimensions parallèles, tout en cachant leur existence aux yeux du commun des mortels parce que, bêtes comme nous sommes, l'humanité n'est pas prête.
Une nouvelle relevant de ce contexte doit être publiée prochainement : elle s'intitule À nos espoirs.

Guiral Dencarlat, xénolinguiste et bôgosse de service.

11. Quel conseil donnerais-tu à un auteur qui débute ?
Termine tes textes ! C'est le grand Neil Gaiman qui le dit et je suis d'accord avec lui. La recherche du mot parfait n'a pas sa place au stade de l'écriture même : les différentes réécritures sont faites pour ça. Avant d'en arriver à peaufiner la statue à droite du porche, il faut déjà avoir bâti les murs (sauf si on construit une cathédrale, me diras-tu, mais pars plutôt du principe que ton texte est un château).
Le monde est rempli de gens qui ont commencé un roman. Le vrai défi, c'est d'en poser le point final.

 Comme ça.

Je conclus avec mes 11 questions, auxquelles répond qui veut (à ce stade, je crois que tout le monde a déjà pris le relais au moins une fois) :
  • Les vacances, c'est pour bientôt ? Tu as prévu quelque chose ?
  • La dernière fois que tu as pleuré devant un livre ou un film, qui était le responsable ?
  • En tant que lecteur, es-tu adepte des longues sagas (mode "plus c'est long plus c'est bon") ou préfères-tu des textes d'une taille plus mesurée ?
  • Presque la même question, mais en tant qu'auteur : quel est ton format naturel ?La nouvelle, la novella, le petit roman, le gros roman, la pluridécalogie ?
  • Nommer tes personnages, plaisir ou torture ?
  • Et tuer tes personnages, tu y arrives ?
  • Là, tout de suite, maintenant, on t'annonce que ton roman préféré va être adapté au cinéma. Qu'est-ce que ça t'inspire ?
  • Quel est le livre que tu as envie d'oublier, juste pour le plaisir de le redécouvrir ensuite ?
  • Et le livre que tu as envie d'oublier, tout court ?
  • Peux-tu nous dire deux mots sur le texte auquel tu travailles en ce moment ?
  • Retour à la première question : quelles lectures pour tes vacances ?


[*] Juste pour le fun, je vous livre une scène du rêve que je n'ai pas gardée pour le roman : un duel de magie dont les protagonistes étaient enchaînés à des blocs de béton au fond d'un port, le but étant de récupérer un ballon situé dans une grotte, au sec, à plusieurs kilomètres de là. J'avais du mal à l'insérer dans mon intrigue. Dommage, hein !

2 commentaires:

  1. "Je n'ai ni tous les Pratchett, ni tous les Gaiman"
    Quoi ? Tu n'as pas la biographie de Duran Duran par Neil Gaiman ?

    "un duel de magie dont les protagonistes étaient enchaînés à des blocs de béton au fond d'un port, le but étant de récupérer un ballon situé dans une grotte, au sec, à plusieurs kilomètres de là. J'avais du mal à l'insérer dans mon intrigue. Dommage, hein !"
    La télékinésie hors du champ visuel, ce n'est déjà pas simple, mais si en plus l'adversaire invoque des créatures volantes pour vous prendre le ballon des mains psychiques... Quoiqu'on peut aussi utiliser ses pouvoirs pour déconcentrer l'adversaire, et même lui lancer une confusion pour qu'il croit que le but du jeu est de nous apporter le ballon (ou simplement se dégager du bloc de béton, par exemple en se téléportant sur le ballon)... Tant de stratégies, de contre-stratégies et de contre-contre-stratégies possibles, ça peut effectivement faire une épreuve intéressante.

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  2. Je pense qu'on passe tous par la case "plagiat" dans nos premiers scribouillages de jeunesse ^^
    L'important étant de trouver son style et sa voix à force de travailler.

    Contente d'en avoir appris un peu plus sur tes coulisses ;D

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