jeudi 30 janvier 2014

C'est ton vrai nom ou bien ?

À l'heure des premières publications, que l'on soit écrivain, musicien, illustrateur ou que sais-je, une question se pose toujours :
Sous quel nom est-ce que je signe le truc ?

sans parler de le dédicacer après... (photo ActuSF)

Vaste problème que celui du nom, qui trouvera une solution différente d'une personne à l'autre.
Les avis sont tranchés entre les partisans du pseudonyme, plus élégamment dit "nom de plume", et ceux du vrai nom. Parmi les gens que je connais, ce doit être du 50/50, à peu près. Quand j'ai rencontré une classe de CM1 l'an dernier, j'en ai d'ailleurs profité pour leur faire deviner, dans une liste d'auteurs, qui utilisait son vrai nom et qui avait un pseudonyme.

Les noms de plume ne sont pas toujours faciles à repérer sur une couverture. Par exemple :
  • Patrick Eris : nom de plume
  • Thomas Geha : nom de plume
  • Vanessa Terral : vrai nom
  • Olivier Gay : vrai nom
  • Shan Millan : nom de plume
  • Ketty Steward : vrai nom
  • Jeanne-A Debats : mixte
  • Fifo Kaswiti : nom de plume (bon, OK, celui-là était évident, mais moi, je sais d'où il vient, nananère)

Les raisons les plus invoquées pour choisir un pseudonyme sont : la nécessité de cloisonner entre vie professionnelle et vie d'auteur, le besoin de se couper d'une famille qui n'a jamais encouragé une vocation artistique, une timidité résolue en se cachant derrière un personnage-auteur, ou encore l'envie d'être connu sous un nom qui correspond vraiment à notre nature profonde (je vous jure que ça revient souvent).

J'avoue que j'ai hésité, à un moment de ma vie. Mon nom fleure bon les terroirs des bords de Loire, alors que j'écris de l'imaginaire, et je craignais qu'il ne sonne trop "franchouille" pour vendre du rêve. Ça n'a pas duré longtemps : quelqu'un m'a fait remarquer que c'était ridicule et je me suis vite rangée à son avis.

Bref, Ophélie Bruneau, c'est mon nom de naissance, le seul que j'aie jamais utilisé.

Haaaann... Mais tu n'es pas mariée ?
Si si si. Quand j'ai commencé à sortir avec Nours, je l'ai prévenu qu'en cas de mariage, je ne prendrais pas son nom. Quelques années plus tard, je l'ai épousé. Et j'ai décidé de ne pas exercer mon droit à utiliser son nom à lui comme nom d'usage. Croyez-le ou pas, mais là où, en toute logique, il aurait dû suffire de ne rien faire pour que tout reste en l'état, j'ai dû batailler auprès de certains organismes, et j'ai lâché l'affaire avec la CAF (une administration, hé oui).

Pas de schizophrénie, à vivre plusieurs vies sous le même nom ?
Aucun risque ! J'ai une personnalité naturellement bordélique, et donc aucun problème quand mes différentes facettes ne sont pas rangées dans des tiroirs bien propres. En outre, j'ai la chance d'exercer un métier relativement peu exposé, qui m'a épargné la nécessité de trouver un pseudonyme. Je partage d'ailleurs mon employeur (et mon secteur d'activité) avec Philippe Gourdin, un auteur de littérature générale qui, lui aussi, publie sous son vrai nom.

Avant de conclure, j'aimerais quand même tacler un petit coup les auteurs francophones qui choisissent des pseudonymes, non pas français, ni ethniquement neutres, mais à forte consonance anglo-saxonne. C'est mal. Si. J'imagine que pour certains, ça n'a pas été un choix personnel, plutôt une pression de la part d'un éditeur estimant que leurs livres se vendraient mieux ainsi, mais quand même :
1- Ça conforte les lecteurs dans cette croyance si difficile à combattre, comme quoi, quand c'est français, c'est nécessairement moins bien (puisque ça complexe tant les auteurs qu'ils se font passer pour des Américains dans l'espoir d'avoir l'air bons).
2- Ça fait peser des soupçons sur des gens comme Ketty Steward, par exemple, accusée sous mes yeux d'avoir pris un pseudonyme anglo-saxon pour mieux vendre, alors que c'est son vrai nom.
3- Quand on trouve un livre signé "Margaret McConnolly" (exemple fictif) chez un éditeur qui ne publie que des auteurs français, c'est juste ridicule.

"Your Mileage May Vary", comme on dit. Le point 3 n'engage vraiment que moi. C'est une réaction épidermique de ma part, un peu comme quand des auteurs français, toujours, situent leurs intrigues en Angleterre ou aux États-Unis alors que rien (culturellement, historiquement ou architecturalement) ne le justifie.

Après, il y a le cas des Arcanes de Naheulbeuk, que je signe "Oph". Mais c'était par souci de gain de place, et mon nom complet figure dans les pages intérieures.

5 commentaires:

  1. Mon nom m'apporte des maux de tête, mais je l'aime tel quel. :-) Mais on m'a déjà dit qu'il faisait très nom de plume...
    Je partage ton avis sur le fait de choisir des pseudos forcément anglo. Mais après, je me dis que je suis mal placée parce que je n'ai pas un nom francophone et plutôt un prénom américain...

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  2. J'ai découvert Aliette de Bodard à travers les articles qu'elle a publiés sur le blog de Tor. Ma première réaction a été de me dire que c'était ridicule de prendre ce genre de pseudo pour faire français (et donc plus classe vis-à-vis d'un public américain), surtout qu'« Aliette », ce n'est vraiment pas crédible comme prénom. Puis je suis allé voir son blog et ai découvert qu'elle était française. Son vrai nom est apparemment Aliette de Bodard de la Jacopière.

    Comme quoi ce genre de préjugé idiot existe aussi dans l'autre sens.

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  3. Vi, et si ça se trouve, ce n'est qu'un préjugé idiot et les gens ne prennent pas des noms de plumes grec ou anglo-saxon pour faire mieux, mais avec une vraie raison derrière ;). Comme situer leurs histoires à San Francisco ou Sidney, tout en étant polonais ou finnois. Enfin j'espère, sinon c'est un peu triste. Ça fait des noms vide de sens, et des récits sans âme (situer sa propre histoire dans des cultures qui ne nous intéressent pas, juste pour faire plaisir à l'éditeur ou rassurer le lecteur, ça doit pas être joyeux :().

    Au milieu des noms francophones et des noms anglo-saxons de naissance, les faux-noms anglo-saxons ne sont pas légion et devraient se mélanger sans sous-entendu, après tout, les auteurs francophones connus et dont on entend vraiment parler c'est pas des Nancy McKenzie mais plutôt des Nathalie Dau, Michel Robert, Olivier Peru, Mélanie Fazi, Pierre Pevel... :) Après, pour qu'on s'en prenne à Ketty Steward (la vache, y'a vraiment des c***...) ça doit bien sortir de quelque part cette idée, mais avec un peu de chance, ça sort surtout de leurs préjugés négatifs couplés à du "regard d'abord grognon, et on réfléchira après". Ou alors, c'est vraiment triste de la part des éditeurs/auteurs...

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    1. Pour les pseudos, je ne saurais répondre, mais pour les histoires, parfois c'est tout à fait justifié : parce qu'un bâtiment joue un rôle, parce qu'il y a une référence à l'histoire de la ville, pour tout un tas d'autres raisons... Et puis d'autres fois, on se demande pourquoi diable l'histoire est située à Londres, puisque rien de typiquement londonien n'y figure.

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    2. Vi, et tu m'as expliqué pour les pseudos, ça existe vraiment quoi et ça me laisse sur le cul (comme les crétins qui s'en prennent à Ketty) :o ! je trouve ça tellement chelou, pas nécessaire, et triste... enfin bon.

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