mardi 30 septembre 2014

Épiphanie lacrymale

Assise au bord du lit, en larmes, je tâche de maîtriser mon souffle et surtout, surtout, de ne pas sangloter. J'ai un mari, je sais que je l'ai réveillé, et je ne veux pas l'alarmer.
Il est quatre heures et demie du matin. Je ne suis pas malade.
En revanche, je viens de rêver de trois scènes, censées être la fin d'une histoire que mon conjoint me racontait. Le truc tellement poignant que je pleurais comme une madeleine dans mon rêve, que ça m'a réveillée, et que la fontaine de larmes s'est aussitôt déclenchée en vrai. J'attends un peu. L'impact émotionnel ne se tarit pas. On dit pourtant que les idées que l'on trouve géniales dans un demi-sommeil deviennent souvent sans intérêt une fois qu'on est réveillé...
Tant pis. Je ne l'ai jamais fait, mais là, il faut que je le fasse.
Je me lève, je passe au séjour, j'allume la lumière et je prends des notes, tout en me mouchant copieusement.

Je retourne me coucher, expliquant au passage à mon mari que tout va bien, que j'avais juste un trop-plein d'émotions à faire passer. Lui se rendort vite, pas moi. Je suis partie à cogiter, toujours bouleversée par ces scènes finales, mais consciente que les amener avec un minimum de crédibilité va nécessiter un sacré boulot. Cerveau gauche, tire les fils, goupille ce qu'il faut pour permettre à L1 et L2 de conclure leur deal. Cerveau droit... c'est bon, tu peux pleurer.

Puis la nuit se termine. J'ai mal aux cervicales, mais j'ai quand même un peu dormi. Mes rêves prolongeaient mes réflexions.
La donne change au matin : priorité au réel, enfants à préparer, affaires à rassembler. La ville est plongée dans une jolie brume. Quand je dis à ma fille que c'est charmant et poétique, elle me répond qu'elle n'aime pas ça, parce que ça l'empêche de voir loin.
Un peu plus tard, seule dans la voiture, je surprends une correspondance entre les paroles de la chanson que j'écoute et les sentiments de certains personnages. Retour de la cataracte.
On n'est pas rendus.

Bref, je crois que je vais écrire, toutes affaires cessantes, ce qui s'annonce comme une longue nouvelle de fantasy (ou une novelette, bref, un truc à proposer à un éditeur 100% numérique à cause de son format trop bizarre pour du papier).
Et j'ai cette étrange impression, aujourd'hui, d'avoir basculé dans un nouveau monde. Ce n'est plus juste un passe-temps, ni même "mon deuxième métier", comme j'aime pourtant le dire. C'est devenu ma nature.
Jusqu'au fond de mes fibres, je crois bien que je suis écrivain.

Crater Lake, un paysage qui ressemble pas mal à celui de la scène finale

2 commentaires:

  1. "Jusqu'au fond de mes fibres, je crois bien que je suis écrivain."
    Je me demande comment tu pouvais encore en douter ! ;)
    Bon courage pour l'écriture de ce nouveau projet. Les rêves, quoi qu'on en dise, c'est le bien.
    (sauf les miens quand ils sont trop barrés, me réveillent et que je n'arrive pas à me rendormir...)

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  2. Je plussoie Roanne ! Il ne faut pas en douter. ;) Bonne écriture sur ce nouveau projet Oph !

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