vendredi 17 juillet 2015

Ant-Man

Ant-Man, c'est le film Marvel que personne n'attendait. On l'a vu hier soir, entre copains, dans une salle presque pleine. Et on a frisé la crampe aux zygomatiques.


Hank Pym est un physicien génial, inventeur d'un système permettant de rétrécir tout en gagnant en force. Puisqu'il refusait de partager son secret, il a lui-même joué les super-héros pour le S.H.I.E.L.D. dans les années 1980 (la scène d'intro le montre tenant tête à Howard Stark et Peggy Carter) avant de raccrocher le costume.
Scott Lang [*] est un gentil voleur, qui a fait la Une des journaux après s'être pris pour Robin des Bois version hacker, et qui sort tout juste de prison. Père divorcé, il aimerait régulariser sa situation pour voir sa fille plus souvent, mais l'appel de la délinquance reste pressant quand on a du mal à garder un emploi.
Pym a repéré Lang. Ce type malin, sportif, touchant sa bille en électronique et informatique, plus proche du doux rêveur que du criminel endurci [**], lui paraît être le bon candidat pour endosser le costume, au moment où Hydra s'apprête à mettre la main sur une technologie similaire à la sienne. Et ce, malgré les réticences de sa fille Hope, qui espérait être la prochaine héroïne.

Et si le mec te dit "Heil Hydra", tu lui colles une patate direct. Compris ?

On va la faire courte : ce film est fun.
La narration est bien fichue, la présentation des héros simple et efficace, et malgré l'enjeu dramatique bien réel (à grande échelle, empêcher la particule de tomber entre de mauvaises mains ; à l'échelle de Scott, éviter de perdre définitivement sa fille), le ton reste léger. Pas semi-déconnatoire comme dans Les Gardiens de la Galaxie. Marrant, mais différent.
Les gags sont nombreux et vraiment drôles : la salle tout entière a ri de bon coeur à plusieurs reprises. Ça flirte souvent avec le ridicule, mais sans jamais y tomber. Mention spéciale à l'humour basé sur le décalage d'échelle : une scène impressionnante à hauteur de fourmi devient beaucoup plus ordinaire vue par des humains.
Les références volent dans tous les sens. L'intégration à l'univers Marvel se fait sans accroc : on voit très bien que le film s'insère peu de temps après Avengers 2, sans que cela ne parasite l'intrigue. De toute façon, Pym détestant Stark père, il est hors de question de faire appel au fils.

Alors oui, il y a des conneries, des lourdeurs, des approximations. Cependant, je me suis beaucoup amusée et je ne boude pas mon plaisir. Et puis zut, quoi, vous connaissez beaucoup de super-héros qui croisent des tardigrades au cours de leur périple ?

Un petit zoom sur certains personnages :
  • Cassie, la fille de Scott, est tout simplement géniale. La gamine joue très bien, a des répliques super drôles et attendrissantes... Bref, pas étonnant que le héros se démène autant pour elle : c'est un rayon de soleil, cette petite.
  • Le personnage de Hope m'a paru incomplet, manquant de développement. On parle d'une femme de 35 ans qui occupe un poste important dans une grosse boîte, qui est sportive à un bon niveau, mais qui a l'air de ne fréquenter personne à part son père et son boss, voire de n'avoir aucune vie en-dehors d'eux. C'est le souci avec ces personnages secondaires qui ne servent qu'à remplir un archétype, et qui, malheureusement, sont trop souvent des femmes : ils, ou plutôt elles, ne se mettent en avant que pour aider le héros.
  • À l'inverse, on a Paxton, qui échappe aux clichés habituels de l'archétype "nouveau mec de l'ex-femme du héros", le plus souvent dépeint comme un gros con dans les films grand public. Ici, Bobby Cannavale nous campe un type bien, un vrai de vrai, mari compréhensif, beau-père impliqué, officier de police qui aimerait voir l'ex de sa femme sortir de la délinquance (et qui le mettra sous les verrous dans le cas contraire, parce qu'il le faut).
  • Luis et sa bande de "bras cassés" (en fait, très efficaces dans leur genre) sont à la fois complètement débiles et très attachants [***]. Malgré son costume et son armée de fourmis, Ant-Man n'irait pas loin sans eux.

Pendant qu'on est là, les enfants, je vais casser un mythe : le titane n'est pas un matériau indestructible. Son intérêt consiste à être à peu près aussi résistant que l'acier tout en pesant moins lourd. Donc la blague du "c'est du titane, tu ne pourras jamais passer à travers" ne marche pas (ou alors il faut inventer une raison technobabblo-magique façon kryptonite, mais dans ce cas, merci de la formuler clairement).

Mais dans l'ensemble, Ant-Man est un divertissement très sympathique, idéal pour passer une bonne soirée entre copains.

En avant, Antoinette !


[*] Aucun lien de parenté avec Pen Of Chaos.
[**] Et pour ne rien gâcher, incarné par l'éminemment comestible Paul Rudd.
[***] En général, j'ai beaucoup de mal avec les sidekicks comiques. En se révélant utiles et compétents, Luis, Kurt et Dave [****] arrivent à dépasser l'archétype, et ça, c'est bien.
[****] À ne pas confondre avec Kurt, Dave et Krist. Oui, elle était facile.

4 commentaires:

  1. Si c'est de l'adamantium, OK (voire du vibranium, ou un alliage comme le bouclier de Captain America), mais sinon, ça dépend de l'épaisseur du titane et ce qu'on utilise pour passer au travers. Vik.

    RépondreSupprimer
  2. R.I.P. Antoinette ! ^^

    Je suis sur le départ, donc mon com ne sera pas plus long :
    - c'était bien sympa même si ça ne casse pas 3 pattes à un canard
    - en effet, les perso féminins qui ne servent au final que de love interest sont décidément bien creux
    - malgré les défauts du film et son côté hyper prévisible je me suis bien amusée
    - j'ai adoré Michael Douglas
    - j'ai aussi apprécié, comme toi, la scène de baston finale avec le point de vue de Scott vs le point de vue de sa fille (quand on passe du plan hyper impressionnant à... non rien ^^).

    RépondreSupprimer
  3. Nous aussi on s'est bien éclaté. Ce n'est pas le meilleur Marvel (si tant est que ça ait un sens), mais c'est une variation agréable, les acteurs sont (parfois même très) bons, le rythme fonctionne... je reste quand même rêveur en imaginant ce que ça aurait donné si Edgar Wright était resté au commande, mais le film n'a pas autant à rougir qu'on l'aurait pu croire.
    Ah, et le meilleur alliage, c'est mythril-adamantium, mais notre MJ n'a jamais voulu...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Moi aussi, j'ai senti la patte d'Edgar Wright à plusieurs reprises.
      Et voilà, c'est clair, si ça avait été de l'adamantium (sous licence Marvel, donc utilisable), j'aurais marché sans problème. Mais du titane, sans déconner...

      Supprimer