vendredi 27 novembre 2009

Le fanart du jour : les sœurs Manérian

Les trois sœurs telles que je les imagine, quelques mois avant le début de la Langue du Silence de Samantha Bailly.
Licence artistique et divagation éthylique, tout ça.



(Re)lire mon avis sur le bouquin.

jeudi 26 novembre 2009

Les dossiers secrets de Harry Dickson

Hé, vous avez vu ? Je suis une vraie ouineuse, j'ai la vignette qui le prouve et tout !
Quatre NaNoWriMos remportés d'affilée.

Mais comment en suis-je arrivée là, me direz-vous ?
Eh bien, j'ai préparé le terrain. J'ai choisi de situer mon action dans des lieux que je connaissais, j'ai accumulé des détails plus ou moins débiles pendant deux mois... et j'ai lu les dossiers secrets de Harry Dickson.



Harry Dickson, à l'origine, est un copier-coller de Sherlock Holmes, un tout petit peu éloigné de son modèle histoire de ne pas faire trop décalque : il est de nationalité américaine et son assistant n'est pas un ancien médecin militaire, mais un jeune homme naïf nommé Tom Wills, ce qui donne à certaines scènes un parfum de Batman et Robin assez rigolo. À part ça, même topo. Dickson a des capacités de déduction impressionnantes, et on a l'impression qu'il ne fait rien de ses journées, si ce n'est filer un coup de main à ses copains de Scotland Yard pour tromper l'ennui.
C'est Jean Ray qui a écrit le gros de ses aventures dans les années cinquante, et pour le compte des éditions Malpertuis, Brice Tarvel s'est amusé à fouiller ses dossiers secrets, ceux où la magie noire est à l'œuvre. Dans les deux mini-romans de ce livre, que de nos jours on appelle novellas mais c'est pas grave, Dickson et Wills affrontent donc successivement "la main maléfique" en Angleterre suite au décès d'un journaliste à l'affût d'un fait divers sordide, et "l'héritage de Cagliostro" en France après l'évasion d'un criminel qu'ils avaient aidé à arrêter.

Et c'est génial.
Tarvel s'est appliqué à reprendre le style "pulp", cette écriture qui colle aux dents typique d'une certaine époque, avec appels aux lecteurs, emphase sur nos héros" et tournures de phrases qui ne se font plus de nos jours, tout en prenant une distance évidente avec le matériel. Ça se lit donc au second degré, avec un certain humour, et indépendamment du suspense fantastique et policier, on rit bien, non pas du livre, mais avec le livre. Dickson qui défouraille du sbire à la douzaine sans le moindre état d'âme, les personnages secondaires aux noms fleuris de type "Philoxène Barbubrane", et surtout rarement plus épais que des feuilles de papier à cigarette (la palme revenant à Ganaëlle qui arrive à être transparente malgré tout ce qu'elle nous cache), on sent bien que tout est fait exprès, pour le plaisir de faire revivre une certaine littérature.

Deuxième effet secondaire : quand, juste après la lecture, on se lance dans le NaNoWriMo et qu'on délaie un peu la sauce dans le but d'arriver aux 50000 mots, on n'a pas du tout l'impression d'être verbeux.

Bref, merci Brice Tarvel et merci Malpertuis !


Les dossiers secrets de Harry Dickson, tome 1
Éditions Malpertuis
10 euros

mardi 24 novembre 2009

Le bal des anonymes

Réunion, crayon, crobard.
C'est ma Sainte Trinité du moment.
Voici donc un autre personnage anonyme, brossé en tout petit parce qu'il fallait se faufiler entre les notes que je prenais tout autour...



Taille réelle, inutile de cliquer.

lundi 23 novembre 2009

Réveil difficile

Poussinette est enrhumée en ce moment et tousse la nuit, ce qui n'aide pas à se réveiller en forme.
D'où quelques absences le matin. Or, là, tout de suite, maintenant, on ne peut pas dire que ce soit le moment d'en avoir, des absences...


(cliquez sur la vignette, tout ça)

vendredi 20 novembre 2009

Hep hep hep, une bonne chose de faite

Note pour plus tard : arrêter de regarder Barbapapa avec les enfants, ça me fait fondre les neurones.

La bonne nouvelle du jour, c'est que j'en ai fini avec le NaNoWriMo !
Un roman de 52500 mots et 296000 signes, hop, voilà, pondu dans la joie et la bonne humeur.
Ce qui n'empêche pas de se poser des questions existentielles.



(cliquez sur l'image pour avoir le fin mot de l'histoire)

mercredi 18 novembre 2009

NaNo extrait 2009.6

Ça sent l'écurie.
Si tout va bien, le défi du NaNoWriMo sera relevé demain, et d'ici à vendredi soir, je pourrai passer à autre chose. Ça tombe bien, j'ai une paire de textes sur le feu.

Comme pour s'encourager, on se lance des défis et on échange des running gags, voici mes statistiques pour cette année :

Alligators : 3.
Vendeur de noix de coco : 1.
Défi du fromage : double bonus.
Défi de Maurice : triple bonus.
Défi de la corde à sauter : triple bonus.
Défi de la chanson des années 80 : triple bonus et timbale.

Et pour finir, les extraits du jour.


À leur arrivée sur le palier du cinquième étage, ils constatèrent que Maurice Chombier avait l’air d’avoir mis le son de sa télévision à fond. C’était d’autant plus insoutenable que c’était l’heure des feuilletons à l’eau de rose de la fin de l’après-midi, et que l’ambiance avait de quoi vriller les neurones de n’importe quelle personne normalement constituée.
« Un moment, » dit Jaden.
Il alla sonner à la porte du voisin, ce qu’Oriella n’aurait jamais osé faire à sa place. Et comme au bout de deux minutes, personne ne venait ouvrir, il insista.
Chombier finit par faire son apparition, très partielle puisqu’il avait laissé la chaîne. On ne distinguait dans l’entrebâillement qu’un échantillon de dix centimètres de large de nez couperosé souligné d’une moustache en bataille, de bout de mégot au coin des lèvres, de marcel rayé et de pantalon de velours côtelé.
« Qu’est-ce que vous voulez ? aboya-t-il.
— Votre télévision est trop forte, est-ce que vous pouvez baisser le son, s’il vous plaît ?
— Si je veux, d’abord ! Ah, ces jeunes, aucun respect… »
Sans chercher à pousser plus loin la conversation, Chombier claqua la porte. Un autre jour, peut-être, il n’y aurait pas eu autant de caféine dans les veines de Jaden et il aurait pris l’affront avec sérénité. Aujourd’hui, cependant, n’était pas un bon jour pour rester calme. Le jeune homme serra les poings, prêt à frapper quelque chose pour compenser l’énervement, mais heureusement, au bout de quelques secondes, le son baissa.
« Allez, venez, maintenant, dit Oriella. C’est un monsieur qui n’a jamais été très agréable, alors vous n’obtiendrez rien de plus, venant de lui. »
Jaden lança un dernier regard en coin vers la porte avant de se résigner à quitter le palier.

***

Une course contre la montre s’engagea alors, une course bien curieuse puisque dans l’immédiat, aucun des concurrents ne bougeait. Jaden n’était toujours pas arrivé et l’homme avait déjà réglé son repas, ce qui signifiait qu’il pouvait partir d’un instant à l’autre. La jeune femme voulut poser un billet sur la table afin de le suivre discrètement, mais quand elle ouvrit son portefeuille, elle eut la désagréable surprise de constater qu’il ne lui restait que trois euros et quelques centimes. Elle rongea donc son frein en picorant de la mousse au chocolat et en priant tous les dieux qu’elle connaissait de ne pas laisser partir ce type avant qu’elle ait eu le temps de payer.
Alors que le serveur lui avait apporté la machine à cartes bancaires et qu’elle venait de taper son code, elle vit du coin de l’œil le tueur qui sortait du bar.
« Oh non, pesta-t-elle, il ne va pas me faire ça… »
Mais il le fit, et Oriella fut obligée d’attendre qu’on lui rende sa carte avant de sortir à sa poursuite.
Une fois dehors, elle chercha des yeux tout ce qui pouvait ressembler à un homme de taille moyenne et d’apparence quelconque, vêtu d’une veste classique et d’un pantalon normal. Ce fut comme de chercher « Michael Jackson » sur internet : elle eut aussitôt beaucoup trop de résultats qui ne correspondaient pas forcément à ce qu’elle voulait. Elle devait se rendre à l’évidence. Elle avait perdu la trace du tueur aux douze euros.

lundi 16 novembre 2009

NaNo extrait 2009.5

Je viens de passer la soirée en duplex entre mon traitement de texte et divers sites qui parlent du palais de l'Élysée, où deux de mes personnages (les fiers justiciers en Vélib) se trouvent actuellement.
Mais là, bon, j'arrête. Marre.
Et je fais tourner les extraits.

Sinon, aujourd'hui, j'ai eu la joie de me voir citée dans une critique de l'antho Malpertuis I au nombre des "jeunes auteurs qui n'ont rien à envier aux plus confirmés". Ça, c'est du bonheur en barre, ou plutôt en ASCII.


« Noix de coco, madame ? » interpella un inconnu.
La première dame sortit de sa rêverie et dévisagea l’importun. Il s’agissait d’un simple vendeur à la sauvette, à l’étal bricolé de façon à pouvoir se replier le plus vite possible en cas de contrôle de police. Mais aussi léger que soit son matériel, pouvait-il partir en courant avec la vingtaine de noix de coco qui constituait sa marchandise ?
« Non merci, répondit la dame.
— Vous êtes sûre ? Allez, goûtez-en un bout, vous allez voir qu’elles valent le détour, mes noix de coco. Et donnez-en aussi aux messieurs qui vous accompagnent, ça leur fera plaisir.
— Comment ça, les messieurs…
— Oui, écoutez, je ne sais pas si vous leur avez demandé d’être discrets ou quoi, mais c’est clair qu’ils vous suivent, là. »
La première dame s’accorda une seconde de réflexion.
« Finalement, je crois que vous m’intéressez. »
Le vendeur se mit à sourire et à tendre la main au-dessus de son étal, prêt à prendre un fruit et à le lui tendre.
« Messieurs ! Saisissez-moi la marchandise de ce clandestin ! »
Pour la peine, le sourire fondit d’un coup. C’était bon de remettre les insolents dans le droit chemin. Peut-être fallait-il prévoir un paragraphe à l’encontre des vendeurs à la sauvette dans la charte de NAXOS, comme il y en avait un à propos des musiciens de black metal. Les uns comme les autres étaient des fléaux mineurs en comparaison des pirates informatiques, mais méritaient quand même que l’on s’attarde sur leur cas.
Le vendeur de noix de cocos réussit à s’enfuir, non sans avoir abandonné la majeure partie de ses marchandises, qui roulèrent le long du trottoir. Certaines partirent en travers de la chaussée et allèrent s’écraser sur le quai en contrebas. Une seule finit dans la main de la première dame.
Au moins, elle saurait quoi manger si elle avait un petit creux dans la nuit et un marteau à portée de main.

***

Le temps était nuageux, mais heureusement, aucune averse ne semblait se profiler à l’horizon. Après avoir partagé l’ascenseur avec quelques dizaines de touristes compactés, les deux jeunes gens prirent le temps de faire le tour du premier étage, d’admirer le panorama et de jeter un coup d’œil aux quelques boutiques.
« Certaines années, en hiver, il y a une patinoire qui s’installe là, expliqua Oriella. Ah ben zut alors… »
Elle s’était figée d’un coup et semblait cogiter intensément.
« Est-ce que vous allez bien ? demanda Jaden.
— Je ne sais pas. De quoi est-ce que j’ai l’air ?
— On dirait que vous avez vu un fantôme.
— C’est presque ça. Vous voyez le gars, devant les cartes postales, avec les cheveux un peu longs et les petites lunettes ?
— Oui…
— C’est Martial Labernadie, mon ex. On a vécu ensemble pendant trois ans.
— Est-ce que c’est un problème de le voir ici ?
— Un peu, je crois. Qu’est-ce qu’il fiche à la Tour Eiffel, cet imbécile ? C’est un vieux Parisien, nom d’une pipe en bois, ces gens-là ne visitent pas les pièges à touristes ! »
La jeune femme se mordit les lèvres.
« Oh, mon Dieu, il m’a vue. Il vient par ici. Jaden, je m’excuse d’avance, mais je ne peux pas rester sans rien faire ! »
Cette fois, les réflexes de l’artiste martial ne suffirent pas à le défendre : deux mains se coulèrent derrière sa tête, dix doigts se glissèrent dans ses boucles, et une petite bouche à l’adorable pli boudeur vint se plaquer sur la sienne. L’instant de choc passé, il se surprit à compter trois secondes avant de prendre son agresseur par la taille et de la repousser gentiment.

vendredi 13 novembre 2009

NaNo extrait 2009.4

Aujourd'hui, ça se tasse. J'ai du mal à aligner plus de mille mots sans avoir l'impression de pédaler dans la semoule. Pourtant, on approche des scènes finales qui sont théoriquement les plus intéressantes : deux grands couillons qui se tatanent en haut de la Tour Eiffel, c'est quand même chouette, non ?
Et là, je ne sais pas, on dirait que j'ai peur de m'attaquer à ce morceau. Procrastination power et tout ça.


Le décor minimaliste de la salle du sous-sol n’était pas au goût du jour dans les étages de la maison. Les cadres de NAXOS, trois femmes pour deux hommes environ, étaient réunis dans la grande salle à manger du premier étage, autour d’une table cirée de frais, au milieu de laquelle trônait une vieille soupière de Gien sur un napperon de dentelle. Les rideaux avaient été tirés pour se protéger des regards indiscrets, mais deux lustres éclairaient vivement la pièce.
Tout le monde était en place, on n’attendait plus que le boss.
La porte du fond finit par s’ouvrir et laisser passer un grand lapin rose, qui traversa la salle d’un pas très digne et se plaça derrière la chaise du président.
« Quelque chose vous fait rire ? » demanda-t-il avec la voix de la première dame.
Le brouhaha qui avait commencé à s’élever s’éteignit aussitôt. Personne ne parla à voix haute, mais quelques courageux tentèrent d’expliquer par gestes que le costume était peut-être de trop.
« Très bien, répondit la dame en ôtant la tête de lapin. Je vois donc que vous êtes d’accord avec moi : pas besoin de décorum spécial méchants pour cette réunion. Notre assemblée a l’air d’un Conseil des Ministres ? C’est parfait. Elle en sera peut-être un pour de bon lorsque nous serons passés à l’action. »
Pour appuyer ses paroles, elle dézippa également le costume de fourrure rose, qui aurait glissé à ses pieds de façon très érotique si elle n’avait pas porté un tailleur gris en-dessous. Elle donna un grand coup de pied dedans pour s’en débarrasser, tira sa chaise et prit place.

***

Jaden se rendit compte un peu tard qu’il avait surestimé sa compréhension du français de la rue. S’il avait plus ou moins compris ce que lui disait son interlocuteur, c’était grâce à son air interrogateur, bien plus que grâce à son vocabulaire un peu trop fleuri pour un étranger.
« Eh bien… On raconte qu’il y a un tueur en série dans votre ville.
— Wololo, d’où est-ce que tu sors ça, mon gars ? On n’est pas en Amérique, ici, on n’a pas de FBI, nous. Et est-ce que tu sais pourquoi on n’a pas de FBI ?
— Euh, non…
— Parce qu’on n’a pas assez de tueurs en série ! »
Plusieurs personnes éclatèrent de rire le long du comptoir. L’affaire s’annonçait compliquée.
« Remarque, fit un autre ivrogne, quand on en a, ils ont la classe. Landru, Petiot, ça, c’était du tueur en série comme on n’en fait plus de nos jours ! Le crime à la française, monsieur ! »
Le barman, qui récupérait les verres vides, leva un sourcil.
« Parce qu’Émile Louis ou Guy Georges, c’était du crime propre et distingué ? Et aussi Michel Fourniret, pendant que vous y êtes ? »
Son client ne se démonta pas :
« Mon petit Mathieu, sois gentil, laisse parler les grandes personnes. Et remets-moi la petite sœur. »
Le barman haussa les épaules et ne tenta plus de se mêler de la conversation.
« Pourtant, tenta Jaden, quelqu’un m’a dit…
— Que tu m’aimais encore ! coupa un troisième poivrot, dont le voisin se mit à pouffer derrière son verre.
— Non, que des gens étaient étranglés dans la rue et que le tueur tirait des fusées pour que la police les retrouve. »
Il y eut un silence.
« Tu veux un conseil ? demanda le premier ivrogne.
— Oui, si vous voulez.
— Arrête le vin tout de suite, mon petit père. Ça ne te réussit pas. »

***

« Chef, est-ce qu’on peut lui tirer dessus ?
— C’est trop risqué. Nous risquerions de toucher la petite, or le chef veut que nous la lui amenions vivante. Souvenez-vous du savon qu’on a pris la fois où on a buté une cible sans le faire exprès. Je n’ai pas envie de finir dans un bassin à alligators comme Winston. »
Ceux qui avaient connu Winston, l’ancien chef d’équipe qui avait effectivement cher payé la bavure, baissèrent la tête et lui rendirent hommage sous la forme de deux secondes de silence.
« Maintenant, on y va ! reprit Reynald. Enfoncez-moi cette porte ! »

Les sbires se relayèrent, frappant chacun à son tour. Au bout du quatrième impact, la porte céda et l’infortuné équipier avança de quelques pas dans la pièce avant de perdre l’équilibre.
Le chef repéra immédiatement Jasmine Harrison, recroquevillée sur un tatami dans un coin de la pièce. Le grand blond, quant à lui, se tenait face à la brigade, le visage dur, le regard vaguement absent, comme s’il se concentrait sur quelque chose. Il y eut une demi-seconde suspendue, où chacun se demandait quel serait le prochain mouvement.
Puis Reynald avança. Il avait lui aussi des notions d’arts martiaux, et aussi un couteau dissimulé dans une poche de poitrine. Ce n’était pas un gars isolé qui lui ferait peur.
Alors qu’il passait la porte, un pied le cueillit au niveau de l’estomac. Il se plia en deux sous le coup de la douleur, et n’eut pas la présence d’esprit d’échapper à l’enchaînement de coups qui suivit. Il roula à terre. Au moment où son petit déjeuner remontait inexorablement, il se rendit compte qu’il venait d’être mis au tapis par une jeune femme noire, elle aussi en tenue de kung-fu, et que d’autres pratiquants étaient en embuscade derrière la porte. Tous de grands adolescents ou de jeunes adultes.
Il voulut crier : « Entrez dans ce dojo et plantez-moi ces guignols ! »
Mais la moitié des mots se noyèrent dans le flot de son café du matin, où surnageaient encore des bouts de cake à la banane.

mardi 10 novembre 2009

NaNo... ah ben non, pas NaNo

Parce qu'étant au bureau, parfois je bosse, ce matin, il y a eu une réunion pour nous présenter notre nouvelle orientation politique.
Alors pour l'instant, ça peut se résumer en trois phrases choc (genre des phrases choc) que voici :

  • On est une seule et même entreprise bien qu'on soit plusieurs sociétés, charge aux filiales de le comprendre.
  • Pour l'instant, la feuille de route reste à définir, donc on ne change rien en attendant de savoir à quelle sauce on est mangés.
  • On s'en fout, de notre actionnaire principal !

Avec des révélations aussi fondamentales, qui ne donnent absolument pas l'impression d'avoir perdu une heure de sa vie, la bonne nouvelle, c'est que j'ai eu le temps de crayonner un peu, du coup. Sur mes genoux, parce qu'on était trop nombreux pour être tous près des tables.
Le résultat, c'est un anonyme aux proportions douteuses.



Et puis j'ai tombé plus de 3500 mots pour le NaNo, aussi. Il faut bien compenser le fait que je passe mon mercredi à jouer à D&D au lieu d'écrire.

lundi 9 novembre 2009

NaNo extrait 2009.3

J'ai eu une petite frayeur ce matin : la sauvegarde de mon fichier NaNoWriMo était vérolée. Heureusement, le fichier d'origine, celui qui est bien au chaud sur mon disque dur à la maison, était parfait.
À part ça, l'air de rien, on revient d'un très chouette week-end, pour mieux retomber dans l'enfer du boulot dès le lundi matin. Des incidents à n'en plus finir et du monde derrière qui attend qu'on lui rende les applications... Bah !
J'en ai un peu marre, je crois.


Le bruit de la cuillère contre le bord du verre fit sursauter le jeune homme.
« What the… »
Il coupa sa phrase avant d’avoir dit un gros mot, mais pas avant de s’être mis en garde.
« Bonjour, » lui dit Oriella depuis l’autre côté de la table.
Il cligna des yeux, regarda ses mains, sembla se rendre compte du ridicule de la situation et laissa retomber ses bras le long du corps.
« Erm… Bonjour. »
Il avait un accent, difficile à définir en si peu de mots.
« C’est vous qui m’avez ramenée ? demanda la jeune femme.
— Oui.
— Alors merci. Mais vous auriez pu vous allonger, vous savez.
— Mais non, je ne voulais pas dormir ! Vous étiez si mal, je voulais être là si vous aviez un problème ! »
Oriella resta interdite devant tant de chevalerie. Il avait passé la nuit chez une inconnue simplement parce qu’il se sentait obligé de veiller sur elle ? En tout cas, son accent était clairement anglo-saxon.
« Vous êtes anglais ?
— Américain.
— Et sinon, comment est-ce que vous vous appelez ?
— Jaden Leo Smith. »
Il y eut une petite seconde de silence pendant que la jeune femme tentait de découper « djéïdnliyosmisz » aux bons endroits pour reconstituer les mots. Mais faute d’avoir fini d’éliminer l’alcool de son organisme, elle avait l’esprit encore un peu trop embrumé pour ce genre d’exercice mental.

***

« Attends, tu es sûre qu’il ne t’a vraiment rien fait pendant que tu dormais ?
— Je vous jure, il s’est posé sur mon canapé et il est resté là à attendre que je me réveille. Au moment où je me suis levée, il avait fini par s’endormir.
— Ce n’est pas possible, ça n’existe pas, un gars qui s’occupe d’une fille bourrée sans avoir l’intention d’en profiter ! De deux choses l’une : soit c’est un alien, soit il est homo.
— C’est ce que je me suis dit au début, mais il est revenu me voir hier et on a dîné ensemble, alors je n’en suis plus si sûre. Je crois juste qu’il est tellement droit que l’idée ne lui est même pas venue.
— Oh, Riri, je connais ce regard. Il te plaît bien, ce Jaden, pas vrai ?
— Oui, enfin, pas plus que ça, quoi. »
Céline pointa vers Oriella un doigt catégorique :
« Louise a raison. Ton visage a changé quand tu as commencé à parler de lui. Il y a quelque chose entre vous.
— Mais enfin, pas du tout, voyons ! J’étais juste en train de penser à la façon dont il prononce mon prénom. Avec son accent, ça donne Owiyella, c’est mignon comme tout et oui, j’admets, ça me fait sourire. Mais non, je n’ai pas l’intention de sortir avec lui.
— Tatata. Tu es en plein déni, ma grande. Est-ce que tu sais qu’il y a des toubibs qui soignent ça ?
— Oh oui, je sais. J’en vois un dans dix jours. Mais pas pour ça. »
La jeune femme croisa les bras et se cala dans le fond de son siège.
« C’est quand même terrible. Ce n’est pas parce qu’un homme un peu séduisant prend le temps de me remonter le moral qu’il faut que je tombe amoureuse de lui, si ?
— Si.
— Si.
— Vu comme ça, c’est vrai que ça a l’air plus simple. Sauf que si ma vie sentimentale était simple, je ne serais pas célibataire avec une collection d’ex longue comme le bras. »
Pour la peine, ses deux copines ne surent plus quoi répondre.

vendredi 6 novembre 2009

NaNo extrait 2009.2 (chronique de la mi-parcours)

J'ai passé les 25000 mots aujourd'hui. En cinq jours d'écriture. Je n'en reviens pas.

La comparaison a bien plu à Shanilara sur les forums du NaNoWriMo, alors je la ressors ici : j'ai l'impression d'écrire du gratin dauphinois trop liquide. Il y a des bouts de patate sans doute assez goûteux, mais l'ensemble ne se tient pas super bien et n'est pas forcément très ragoûtant.
Et puis je suis un peu écœurée par l'exercice et j'ai les yeux qui fatiguent.
Heureusement, je pars en week-end, et j'en profite pour faire tourner les extraits.


Parti de New York en début de soirée, il atterrit un peu avant dix heures du matin. François lui avait conseillé de prendre les transports en commun, puisqu’il avait peu de bagages. Un peu hésitant, il suivit donc les allées tentaculaires de l’aéroport parisien à la recherche de la station de RER.
Aux abords de l’escalier roulant, la foule compacte et en colère le surprit quelque peu. Certes, il avait fréquenté les Parisiens et connaissait leur propension à être de mauvaise humeur en toutes circonstances, mais c’était un peu trop, même dans le contexte. Il tendit donc l’oreille et regarda autour de lui, jusqu’au moment où une annonce résonna dans la salle des billets :

« En raison d’un mouvement social suite à l’agression d’un agent de conduite, la circulation du RER B est fortement perturbée sur toute la ligne. Nous vous remercions de votre compréhension. »

***

Le coup de fil de son ami arriva sur le coup de dix-huit heures trente. La jeune femme se précipita sur son téléphone, attrapa sa veste au vol et était dehors avant d’avoir raccroché.
La fontaine Saint-Michel était proche par le RER C, mais ce fut sans doute un des quarts d’heure les plus longs de sa vie, à égalité avec un ou deux autres, passés à s’ennuyer ferme au lit dans les bras d’un gars persuadé d’être un bon coup.
À la sortie de la station de RER, Oriella reconnut immédiatement les longues dreadlocks de Vital. C’était toujours un beau pied de nez aux conventions, quand on y pensait, de se dire que l’équivalent dans la vraie vie des héros de laboratoire proprets de la télévision était un grand noir qu’un examen un peu trop hâtif aurait vite fait de ranger en catégorie « rasta fumeur de joints ».
Le jeune homme alla à sa rencontre dès qu’il la vit arriver. Il la salua avec un sourire triste et, sans prévenir, la serra dans ses bras.
« J’aurais aimé qu’on prenne un pot pour une autre raison, tu sais, » dit-il d’une voix douce, lui qui parlait si fort d’ordinaire.
Oriella lui tapa sur le bras :
« Vital, tu m’étouffes !
— Oh, pardon. »

mercredi 4 novembre 2009

NaNo extrait 2009.1

Alors, comment dire ? Ça avance. Ça avance bien.
Si l'on en croit ma fiche d'auteur, j'en suis actuellement à 16718 mots. Mon but avoué est d'arriver à 25000, soit la moitié du défi, d'ici à vendredi soir, et si je continue sur ma lancée, j'en suis tout à fait capable. Comme je ne suis pas là pour écrire ce week-end, il faut bien que je prenne de l'avance.
L'histoire, quant à elle, sera plus longue que le défi. Je ne saurais dire de combien, mais à ce stade de l'écriture, il me semble évident que je n'aurai pas tout bouclé en 50000 mots. Et si je me débrouille bien, il me restera encore un gros morceau de mois de novembre pour terminer.

Puisque je fais tourner les extraits, voici ceux que je retire de ma fiche.
D'après ce que j'ai compris, j'ai des premiers jets très propres par rapport à d'autres...

La jeune fille descendit l’escalier quelques secondes avant la fin de son ultimatum. Sa fine silhouette d’Eurasienne se perdait dans les multiples volants d’une jupette évasée, peinait à donner du relief à un corset brodé, et culminait dans une queue de cheval noire et lisse sous un chapeau miniature orné d’un gros nœud à rayures mauves. Elle n’avait pas eu le temps de renforcer sa pâleur par une couche de fond de teint, mais avait cerné ses yeux d’un trait charbonneux qui mettait en valeur leur légère bride. Si en temps normal, il fallait un regard acéré pour voir qu’elle avait un grand-père chinois, dans cette tenue, elle avait l’air de sortir tout droit de la gare de Shibuya.
Chine, Japon. Originaire de la première, Jasmine était fascinée par le second. Jaden sentait qu’il y avait quelque chose d’un peu paradoxal là-dedans, mais après tout, il y avait bien des Anglais passionnés de culture irlandaise.
Et puis de toute façon, ce soir, il l’emmenait dans un restaurant vietnamien.

***

« Bonjour Hubert ! » fit une voix joyeuse.
Une femme en blouse blanche, d’une quarantaine d’années, les cheveux bruns retenus en chignon lâche sur sa nuque, passa en laissant dans son sillage un parfum de réglisse.
« Bonjour Pélagie, » répondit le jeune homme.
Un léger sourire aux lèvres, la femme consulta la liste accrochée au mur et se dirigea vers le tiroir où Arnaud dormait dans les bras, non pas de Morphée, mais de Thanatos.
« C’est le docteur Lalloz, expliqua Léger. Elle va s’occuper de l’autopsie de votre frère. Une fois qu’elle aura déterminé les causes de la mort, vous pourrez récupérer le corps.
— Vous voulez dire qu’elle va… ouvrir Arnaud ? »
Penchée sur le corps, Pélagie Lalloz souleva une paupière et éclaira l’œil mort avec une petite lampe.
« J’y suis obligée, mademoiselle, dit-elle en rempochant l’objet. Mais ça devrait aller vite : avec tous les indices qu’on a, s’il n’est pas mort par strangulation, c’est qu’il y a un truc. Revenez en fin de matinée, je devrais avoir fini. »
Sans avoir l’air de s’émouvoir du sort du garçon, elle alla chercher un brancard un peu plus loin.

Oriella en profita pour lancer un dernier regard à son frère. Elle sentait au fond d’elle comme une envie de le défendre, d’empêcher cette légiste à la réglisse de lui enfoncer son scalpel dans la peau.
« Pourquoi lui ? demanda-t-elle. On s’est parlé hier soir au téléphone, il allait donner un coup de main à notre tante Denise… Pourquoi est-ce qu’il a été tué ?
— Nous n’en savons rien, dit doucement Hubert Léger. Venez avec moi, maintenant. Ça ne sert à rien de rester ici. »
La jeune femme hocha la tête. Elle allait quitter les lieux quand, derrière elle, le docteur Lalloz pouffa :
« Voir Denise et mourir ! »
Dans la liste des choses à ne pas dire en sa présence, ce calembour se posait là. Oriella serra les poings et se rua sur la légiste

lundi 2 novembre 2009

NaNo record !

Je n'ai commencé le NaNoWriMo qu'aujourd'hui 2 novembre, n'ayant pas eu accès à un ordinateur hier. Par conséquent, je me suis dit qu'il fallait que je mette les bouchées doubles aujourd'hui.
Résultat : j'ai explosé mon record de progression en une seule journée.
7241 mots officiellement décomptés, soit 41434 signes espaces compris(es).
En gros, c'est quatre jours de WriMo normal.

Pour patienter en attendant que j'arrive à consacrer du cerveau à une autre tâche, voici quelques autres blogs de NaNoteurs francophones :

Chwip
Isotropico
Gaby
Le STF de Daelf
Roaring Rolanda
Maikie
LRG

Bonne lecture !