Extrait du catalogue de parution des éditions Orbit, filiale en France de Calmann-Lévy, mais surtout un gros acteur de la SFFF à l'international :
J'avoue que sur ce coup-là, mon sang n'a fait qu'un tour.
En cliquant sur l'aperçu ci-dessus, vous savez que vous verrez de la famapoil, certes un peu voilée par des éléments de décor stratégiquement disposés, mais de la famapoil quand même.
Qu'on s'amuse à aller chercher au Texas un roman de science-fantasy sauce bit-lit, alors qu'il y a plein de Français qui pourraient en pondre des tout pareils, ce n'est pas ça qui me choque : Orbit a, de base, vocation à publier des auteurs anglo-saxons. C'est clair, net, précis. On sait à quoi s'en tenir.
Ce qui me fout en belle grosse rogne kunu, c'est l'accumulation :
Moitié vampire, moitié mage – paie ton grosbill, mi-machin avec des pouvoirs de brute, mi-truc avec des pouvoirs de brute.
Paria – la quatrième de couv' en anglais explique que les sang-mêlés ne sont pas très bien vus. Cool, ça va donner à Sabina un vernis de conflit interne, comme ça, pas besoin de chercher à lui donner de l'épaisseur.
Assassin – OK, l'héroïne touche sa bille pour tout ce qui concerne le combat. Pas de faiblesse à espérer à ce niveau.
La guerre couve – youpi, un cas d'école de "tiraillée entre mes deux identités, mon Dieu je dois en trahir une" (du jamais vu, non, ma pauv' dame, ça n'a pas déjà été fait trouze mille fois).
Complots sanglants, secrets de famille – jusqu'ici, tout va bien.
Pouvoirs inattendus – ah, parce qu'en plus des aptitudes de ses deux races, Sabina va se découvrir encore d'autres pouvoirs cools ? Ça fait combien de points de Mary-Sue, ça ?
Toutes ensemble, elles pourraient bien être fatales à Sabina ! – alors ça, ça m'étonnerait, vu que la série Sabina Kane (parce qu'elle s'appelle Kane, forcément, c'est un des trois ou quatre patronymes dans lesquels on doit piocher pour avoir un héros dark et cool (*)) compte déjà trois volumes aux USA. Et puis virez-moi ce point d'exclamation, bordel de Dlul, c'est presque aussi nul que les points de suspension qui concluent trop de mauvaises quatrième de couv' !
On ajoutera qu'à voir les illustrations, Sabina est une rousse flamboyante, forcément très belle. Comment faire autrement ?
À quoi ça sert que tant d'auteurs se cassent la nénette à essayer de donner du relief à leurs histoires, de l'épaisseur à leurs personnages, de sortir un peu des éternels "clan Machin affronte clan Truc, que fera Bitonniau qui est moitié Machin moitié Truc ?"... si c'est pour qu'une grosse maison comme Orbit choisisse précisément de sortir des romans qui tombent dans ce schéma ? Et qui plus est, les présente de façon à leur donner l'air encore plus cliché qu'ils ne le sont en réalité ?
Si j'en crois les présentations en anglais, le roman n'est pas qu'un vieux ramassis de clichetons moisis, il y a des trucs sympas et originaux dedans ; c'est juste que la quatrième de couv' française préfère le recentrer en plein sur ses aspects les plus rebattus.
Alors, pourquoâââ ?
Parce que c'est ça qui marche, ma pauv' Lucette.
Ah oui, pas faux.
Monde de merde.
(*) En plus d'être le nom d'un ancien footballeur sénégalais, dont j'ai pas mal fréquenté la charmante épouse. Sont-ils eux aussi des héros dark et cools ?