mardi 29 novembre 2011

Gogo-gadgéto-biblio !

Tout d'abord, un petit communiqué :
 
Voilà, ça, c'est fait.
FDM, mon NaNo de l'année, est un roman "miroir" de FD2R, ma bafouille hors-NaNo de l'an dernier : dans un contexte de crise, un jeune adulte perd des illusions et gagne en maturité. Certaines scènes de l'un renvoient d'ailleurs directement à l'autre.
Et bien que j'aie passé les 50K, j'en suis, quoi, aux deux tiers ?
Bref, encore du boulot sur ce chantier-ci.
 
Pour me détendre après le sprint, j'ai mis à jour la page Ma vie, mon œuvre en incluant mes deux parutions de décembre :
  • Et pour quelques gigahertz de plus..., naturellement, mais aussi...
  • Une roue dentée sur l'oreiller au sommaire du numéro 5 du fanzine Pénombres.
 
Les deux textes sont sortis de la catégorie "en attente de parution" pour rejoindre ma bibliographie, et j'ai inclus des extraits en bas de la page. Voilà, enjoy.
 
Et quand ce sera sorti (incessamment, donc), n'hésitez pas à donner vos sous : Ad Astra comme Transition ont besoin de trésorerie pour continuer à publier des textes intéressants, pas de moi, d'ailleurs (ou pas prochainement, en tout cas).

dimanche 27 novembre 2011

NaNoWriMo 2011 [6]

Allez, dernière ligne droite avant les 50K... Mais j'en serai à peine aux deux tiers du roman.

Ici, point de carrelage à la géométrie colorée ni de chaises au dossier sculpté comme dans son étude. L’armée d’Aïné ne disposait pas de ses moyens financiers et Tadec Seit non plus. Le sorcier effectuait donc ses tâches, consistant la plupart du temps à encharmer le matériel des officiers de haut rang, dans un bureau tout simple : quatre murs, une porte et une fenêtre au deuxième étage de la garnison principale de Volisieu. Prévenu de l’arrivée imminente de Sey Biltan, il leva à peine un sourcil lorsque celui-ci apparut entre deux tabourets.
« Quel plaisir de te recevoir dans mon humble demeure ! Fais comme chez toi. »
Affligé d’une calvitie précoce, Tadec Seit avait malgré tout la coquetterie de tresser la couronne de cheveux brun-roux qui lui restait. Appuyé sur sa table de travail dans une attitude nonchalante, il tendit à son visiteur le rouleau scellé apporté par le pigeon d’Esthuil.
« Je ne pensais pas que tu te déplacerais toi-même. »
Sey haussa les épaules.
« J’avais envie de sortir un peu. Comment vont les affaires ?
— C’est plutôt à moi de te poser la question ! pouffa Tadec. Je pose des charmes sur des objets, je touche ma paie toutes les décades et il me reste assez d’alter-essence pour me passer encore un peu de tes services. Et toi ?
— Rien de neuf. Mes clients ne m’apprécient pas, mais ils s’adressent à moi malgré tout, faute de disposer d’une solution de repli. La baronne d’Esthuil me sollicite aussi du bout des lèvres, je suppose. »

« Le scaloptère est une sorte de lézard volant originaire de Tionérie, monsieur le syndègue. Là-bas, on l’utilise assez couramment comme monture, mais il est rarissime dans nos régions. Toutefois, quelques grandes fortunes en possèdent, comme le seigneur Rett qui était connu, entre autres, pour en entretenir une pleine écurie.
— Je vois. Et donc, vous me dites que ceux-ci sont montés ? »
Firault haussa les épaules.
« Cela n’a rien d’étonnant ! Des scaloptères sauvages ne survivraient pas en Esthuil. Le climat et l’environnement sont trop différents de ceux d’où ils viennent.
— Mais alors, qui sont les cavaliers ? »
Décidément, le syndègue Bernal possédait les qualités de ses défauts : si son manque de confiance constituait un handicap certain face aux grandes familles de Ninuraud, en revanche, il n’avait pas peur d’admettre son ignorance ni de poser des questions.
En l’occurrence, bien que Firault n’eût point de réponse complète à lui fournir, il pouvait au moins en deviner quelques éléments glanés au long de sa carrière. Les possesseurs de scaloptères déploraient souvent l’inconfort des voyages sur leur dos. Ils les réservaient donc à des déplacements pour lesquels leur rapidité et leur capacité à franchir des obstacles compensaient cet inconvénient. En outre, ces animaux ne pouvant pas soulever une charge trop importante, il y avait fort à parier qu’ils ne portaient qu’un cavalier chacun.
En synthétisant ces informations, le pluveur dressa un portrait sommaire des voyageurs :
« Deux personnes riches et pressées, monsieur. Je ne peux vous en dire davantage à cette distance. Vous avez un poste à miroirs à la tour, n’est-ce pas ?
— Oui, tout à fait…
— Dans ce cas, dès qu’ils seront à portée, demandez-leur de s’identifier par signaux lumineux et nous en saurons plus. »

jeudi 24 novembre 2011

Quand les Lectueurs s'en mêlent

NaNovembre m'embrume encore la tête, repoussant comme tous les ans l'atterrissage du 1er décembre où, tout d'un coup, je lève la tête de mon manuscrit pour me rendre compte que c'est bientôt Noël.
Certains, pourtant, suivent l'actualité, comme l'équipe de Lectuerie qui s'avoue impatiente de découvrir mon premier roman. Je cite :

Voilà probablement le livre qui me fait le plus envie en ce mois de novembre, Et pour quelques gigahertz de plus..., sent bon le space opéra et surtout l’humour, quant à l’auteur nous l’avions découvert dans la première anthologie des éditions Malpertuis et ce fut une très bonne surprise. Donc aucune hésitation à avoir, c’est le livre qu’il faut s’offrir ou se faire offrir pour Noël !

Bien évidemment, je plussoie...
(et je vous bise, les Lectueurs !)

Heureusement que je ne fais pas trop confiance à mes alertes Google, parce que pour le coup, je l'ai trouvé toute seule, ce paragraphe-là.

mercredi 23 novembre 2011

Crobard du jour

Et hop !
Commencé en réunion, "fini" en débuggant une nouvelle fonction, le tout sur mon cahier du bureau.



Gaétane Lombard s'est invitée au dernier moment sur une de mes nouvelles, s'offrant même un rôle important alors qu'elle ne figurait pas du tout dans les premières versions. La capuche rabattue du jogging, ce n'est pas que pour faire staïle. Il y a une justification pratique.

lundi 21 novembre 2011

NaNoWriMo 2011 [5]

Et galère...
L'envie d'écrire est retombée. Partie. Pfuit.
Heureusement qu'il me reste de l'amour-propre et la ferme intention d'aller au bout de ce premier jet.

La jeune femme récupéra quelques récipients vides, une des rares occasions qu’elle avait de recevoir des compliments. À entendre les anciens, une fille qui cuisinait aussi bien n’avait peut-être pas complètement raté sa vie… Elle accueillit certaines paroles avec joie et se força à sourire à d’autres. Ce n’était ni le lieu ni le moment pour entrer en conflit avec quiconque. L’auberge passait avant tout. Et puis, qui était-elle, peintre faible et étourdie, pour s’opposer aux personnages les plus importants du pays ?
Tout dépendait du sens que l’on donnait au mot « pays », songea-t-elle en regardant la table où les deux pluveurs mangeaient sans hâte.
Irini rapporta ses bols en cuisine, vida les restes dans le seau pour les chats et plongea la vaisselle vide dans un baquet d’eau. La plonge se ferait en famille après le service.
Quelques notes de musique résonnèrent soudain dans la grande salle. La jeune femme reconnut la mélodie sur bourdon typique de la vielle à roue. Laliz s’était décidée à en jouer ! Sa grande sœur se réjouit pour elle : elle maîtrisait vraiment bien son instrument, malgré une petite faiblesse dans le coup de poignet qui rythmait les morceaux. D’ailleurs, ce soir, on n’entendait pas le grésillement caractéristique du détaché. Consciente de ses lacunes, la musicienne n’avait probablement pas réglé le chien de sa vielle.
Irini quitta la cuisine sur la pointe des pieds et savoura le spectacle : la salle toute entière n’avait d’yeux que pour sa sœur qui jouait le visage baissé, comme pour elle-même, assise près de la cheminée. Jolie Laliz, si occupée à garder les pieds sur terre qu’elle ne se rendait pas compte de son talent. Dire qu’elle serait mariée dans à peine deux décades… Sinau avait intérêt à lui donner l’amour et l’attention qu’elle méritait.

Le ton penchait moins vers la confidence que vers la menace. Le pluveur sentait dans chaque mot une tension retenue, la preuve que l’homme en face de lui ne lui faisait pas confiance : trop policé, trop inexpérimenté, trop proche du pouvoir ? Sans doute un peu des trois. Jébert ne pouvait pas en vouloir à Ragmey Herréon si celui-ci se méfiait des puissants et en particulier du futur baron.
Sa dernière phrase indiquait donc clairement qu’à moins d’une évolution rapide de la situation, il laisserait les plus vindicatifs de ses compagnons mener leurs plans à bien.
« Je comprends, acquiesça le jeune pluveur. J’imagine que c’est difficile, mais faites-nous confiance. Nous n’avons aucun intérêt à ce que la grève se poursuive.
— Bien sûr. »
Le mineur eut un sourire moqueur.
« Tout ce qui vous intéresse, c’est de nous remettre au travail au plus vite pour sauvegarder votre richesse. »
Jébert baissa la tête : il ne pouvait pas le contredire. Plutôt que de laisser le silence s’appesantir entre eux, il préféra changer de sujet.
« Au fait, lança-t-il d’un ton détaché, avez-vous des nouvelles de la femme que vous cherchiez ? L’ancienne prêtresse de la Dame Sinine ?
— Vous l’ignoriez ? On l’a trouvée.
— Comment ? Où ? »

jeudi 17 novembre 2011

NaNoWriMo 2011 [4]

Et on continue malgré la lassitude qui déjà se fait sentir, alors que j'ai à peine passé la barre des 30K. Je n'ai jamais avancé aussi lentement, sur aucun de mes cinq précédents NaNo.
Voici donc les extraits qui quittent mon profil sur le site, pour rejoindre mon blog où ils seront accueillis avec amour et sans date de péremption.

Les chaussures de la jeune femme n’étaient constituées que de morceaux de cuir attachés sur les pieds par un lacet, et pourtant elle avançait d’un pas sûr, prenant à peine le temps de rassembler d’une main les plis de sa jupe lorsqu’il fallait franchir un obstacle. Elle regardait souvent en arrière pour vérifier que Jébert la suivait toujours. À chaque fois, elle lui adressait un sourire timide avant de continuer sa route.
« Nous y sommes presque, » annonça-t-elle alors qu’une trouée de la végétation laissait voir les eaux de la Sinine, une vingtaine de pas-d’homme en contrebas.
Le jeune homme hocha la tête. Il ne devait pas relâcher son attention.
Lorsqu’Irini quitta le sentier pour s’engager un peu plus haut le long de la pente, le long d’une trace à peine visible au milieu des fougères, il sentit son cœur se serrer. Si piège il y avait, celui-ci se refermait sur lui à partir de maintenant. Jébert se savait capable d’échapper à une embuscade, mais à quoi cela lui servirait-il s’il s’avérait impossible de retrouver le chemin ?
Il se força à rester calme : la configuration du terrain ne lui permettrait pas de se perdre. S’il faisait demi-tour et courait à travers bois, le sens de la pente l’aiguillerait et il parviendrait tôt ou tard, soit aux mines, soit aux fourneaux.
Quelle était alors cette sensation ? Pourquoi avait-il l’impression soudaine que l’air vibrait sur son visage et ses mains ? Il s’arrêta et scruta les sous-bois.
« Monsieur Jébert ? Quelque chose ne va pas ? »

Le pigeon parvint à Linierve le lendemain, sextidi de la vingtième décade, en début d’après-midi. Le colombophile du palais, constatant que le message s’adressait au conseil, le transmit sans l’ouvrir à Gédroc Melgéon. Celui-ci reconnut un rapport de pluveurs non codé et l’apporta donc directement à Rorick Pityor.
Le baron s’apprêtait à assister à l’expulsion d’un tavernier bruyant et mauvais payeur par la garde du syndègue. Sa présence lors d’une telle opération n’avait rien d’obligatoire. En revanche, elle incitait le contrevenant, mais aussi les riverains, à modérer leurs paroles et leurs actions, ce qui était appréciable compte tenu du potentiel de violence de l’affaire.
Son assistant lui glissa le papier dans la main alors qu’il traversait la grande entrée.
« Monsieur, un premier rapport des pluveurs en mission à Ninuraud !
— Merci, Gédroc. »
Rorick descendit les marches du perron, retrouva son escorte dans la cour d’honneur et monta dans la voiture hippomobile qui devait l’amener au plus près de l’intervention. Une fois assis, il déplia le papier. Le fouet du cocher claqua, le landau s’ébranla, l’esprit du baron bascula.
Le véhicule n’avait pas quitté la cour qu’il hurla : « Arrêtez tout ! »
Les trois gardes qui l’escortaient l’interrogèrent du regard tandis qu’il enjambait leurs genoux.
« Annoncez au syndègue qu’il devra se passer de ma présence. J’ai un message à envoyer de toute urgence ! »
Il courut vers l’aile d’où il était sorti, gêné par les lourdes basques brodées de son pourpoint. Gédroc l’attendait sur le perron. Rorick sourit en le voyant descendre à sa rencontre. Puisqu’il était si bien secondé, il pouvait ralentir. Il reprit son souffle au bas des marches.
« Comment avez-vous su que je voudrais traiter cette affaire sans attendre ?
— Je l’ignorais. J’ai simplement voulu me tenir à votre disposition, au cas où vous auriez besoin de moi. »

mardi 15 novembre 2011

Naoned, le retour

J'ai donc passé trois jours à Nantes après onze ans d'absence.
J'avais peur de la désillusion en confrontant la réalité à un souvenir quelque peu idéalisé de mes belles années de jeunesse. En fin de compte, j'ai trouvé la ville plutôt mieux que dans mes souvenirs. C'est donc toujours la meilleure ville du monde.

Sur les remparts du château des Ducs de Bretagne.

La Tempérance du tombeau de François II, ou la preuve qu'en 1507 à Nantes, on connaissait déjà le TARDIS (j'ai la conviction que c'est le Dixième Docteur qui y est passé, allez savoir pourquoi).

lundi 14 novembre 2011

NaNoWriMo 2011 [3]

Je suis mon petit bonhomme de chemin et devrais parvenir à la moitié des 50K aujourd'hui. Sûrement pas à la moitié de l'histoire, en revanche !
Et hop, deux anciens extraits. Les plus récents se trouvent sur mon profil NaNo.

Les hommes qui l’encerclaient le touchaient presque, à présent. Derrière eux, une rangée de femmes achevait de lui couper la route. Une suée soudaine mouilla le dos de sa chemise : il s’était laissé piéger. L’héritier d’Esthuil était à la merci d’un groupe d’ouvriers en colère.
Alors qu’il cherchait une issue, un murmure monta du quai depuis sa droite et toutes les têtes se tournèrent vers le bord de la Sinine. Jébert laissa parler ses réflexes : il bascula sa jambe gauche par-dessus le pommeau de la selle et se laissa glisser au sol.
Il repoussa les premiers mineurs avec les coudes, les suivants avec les poings. Ceux-là, tournés vers le quai, ne l’avaient pas vu venir, mais il n’en serait pas de même de leurs compagnons. Le garçon se ramassa pour éviter un bras qui s’abattait sur lui, posa la main droite au sol pour se stabiliser, puis plongea vers l’avant. Sa tête heurta le ventre de l’homme devant lui. Il roula sur le côté avant de s’être laissé attraper. La voie était libre, ou presque. Il ne lui restait qu’à se redresser pour courir aider Firault.
Sa botte glissa quand il voulut prendre appui sur son pied droit. Pourquoi le sol se dérobait-il ? Le jeune homme jeta un regard. La pente raide qui descendait vers le quai ! Il n’avait pas cru qu’il se trouvait si près, mais tant mieux, en fin de compte. Il se rendrait plus vite auprès de son camarade.
Au moment où il sauta, il sentit des mains lui effleurer le dos, à peine une fraction de souffle trop tard.

« Pardonnez-moi, monsieur Jébert, je ne vous avais même pas reconnu ! Pour me faire pardonner, je vous offre ceci.
— Chercheriez-vous à m’enivrer dès le matin ? » s’amusa le jeune homme.
Il posa son menton dans sa main.
« Vous n’êtes pas obligée. Je viens à Ninuraud en tant que simple pluveur, vous savez. »
Laliz fit mine d’essuyer la table avec le torchon qu’elle portait à la ceinture, avant de s’asseoir carrément en face de son client. Elle aperçut alors, derrière les cheveux blonds, une cicatrice irrégulière qui courait le long de sa tempe et mangeait le bout de son sourcil gauche. Pendant un court instant, elle se demanda s’il en cachait d’autres.
« Il n’empêche que votre présence m’intrigue. Les gens de votre milieu fréquentent plutôt la Lettre et la Voix, sur la grand-place… Notre clientèle est, disons, plus modeste.
— C’est justement cela qui m’intéresse. Je cherche à en savoir plus sur les bêtes du Grand Causse Rouge, or je crains de ne pas trouver beaucoup de témoignages à ce sujet à la Lettre et la Voix. »
La jeune fille fronça les sourcils.
« Pourquoi ne pas interroger directement les mineurs ? Ils ont tout vu, eux !
— J’en reviens. Hélas, rien ne prouve qu’ils disent la vérité. Je cherche donc d’autres informations, vite, avant que l’on ne me demande de passer de l’enquête à la répression. »
Il tendit la main par-dessus la table et lui prit le poignet.
« Vous qui voyez passer du monde, que savez-vous ? »

vendredi 11 novembre 2011

Truc à la con du vendredi : des gigahertz et du polonium

Le polonium, c'est l'équivalent italo-porno du franponais. Le vrai, l'authentique polonium, on le retrouve dans des bandes que je n'ose qualifier de dessinées, publiées chez Edilau il y a une quarantaine d'années et sur lesquelles des internautes motivés se dévissent encore les nerfs optiques et les neurones.
Bref. Prenez un mec pas francophone, faites-lui écrire un texte en français avec les moyens du bord, et riez.

On obtient un très joli polonium de synthèse en soumettant un texte à des traductions automatiques successives. Il y a deux ans, j'avais déjà passé un paragraphe de Diane à la moulinette de ce procédé.

Ici, c'est l'introduction d'Et pour quelques gigahertz de plus qui en fait les frais.
Parcours du texte : français => anglais => italien => espagnol => français.

Étapes dans le couloir. Il serait de onze ans. Un regard sur l'horloge a confirmé l'hypothèse. Dans deux semaines d'hospitalisation, Shania Artemisia avait absorbé toute la routine du service: des changements dans le médecin, les heures de bureau, des repas.
Ces jalons ennuyeuse au moins eu le mérite d'exister. Dans l'intervalle, la fille, qui n'avait pas récupéré de son opération à lire, a passé la plupart de son temps à regarder le plafond, même un simple rectangle bleu à l'exception d'une fissure au-dessus du lit. Dans ses rêves, la fissure a grandi, est devenu une faille à travers laquelle coulait un grand nombre de créatures étranges qui ont finalement brisé la monotonie de ses journées. Le travail lui a permis d'imagination pour oublier un peu la douleur qui tourmentaient son cou, malgré des doses massives d'analgésiques administrés à lui.

mercredi 9 novembre 2011

NaNoWriMo 2011 [2]

Et hop, on fait tourner les extraits. Deuxième session :

Lors de ses précédentes visites, Jébert était toujours arrivé par cette route. Il avait été frappé à chaque fois par l’activité sur l’autre rive, les silhouettes qui allaient et venaient des mines aux fourneaux jusqu’à la tombée de la nuit. Aujourd’hui pourtant, il ne distinguait aucun travailleur. Aucune foule en colère non plus.
« Ce calme ne me dit rien qui vaille, » murmura-t-il.
Firault, qui chevauchait quelques pas devant lui, se retourna.
« Que dis-tu ? »
Jébert pointa du doigt l’autre côté de la vallée.
« En temps normal, les mineurs de Ninuraud travaillent à cette heure-ci. Or, comme tu le vois, il n’y a personne.
— En effet. Je m’attendrais à trouver au moins un piquet de grève… À moins qu’il n’y en ait un, mais hors de vue. D’ici, nous ne voyons pas toute la rive d’en face. »
Le garçon secoua la tête.
« Je n’aime pas du tout cela. Le mouvement est si bien suivi que les grévistes n’ont même pas besoin d’empêcher leurs compagnons de poursuivre le travail !
— Allons, Jébert ! »
Firault sourit et ajusta son chapeau.
« La ville n’est pas à feu et à sang. Regarde, les cheminées fument, personne n’appelle au secours, donc quoi que tu penses de la situation, songe qu’elle pourrait être pire. Où se trouve la maison du syndègue ?
— Sur la grand-place, face au temple. »

Jébert se pencha, les coudes appuyés sur les genoux.
« Que faire alors des apparitions qui ont déclenché la grève ?
— Prétexte, jeune homme ! Prétexte ou superstition. »
Les narines du maître des haut-fourneaux frémissaient. D’un ton plus calme, Sivane Erbéol ajouta :
« Ragmey exploite la crédulité des autres pour servir ses ambitions. Écartez-le et la vie reprendra son cours normal. »
Jébert fronça les sourcils : s’il suffisait de l’arrêter pour mettre fin à la grève, pourquoi cet homme ne dormait-il pas déjà dans une cellule du poste de garde ? Le garçon ouvrit la bouche, mais Firault ne lui laissa pas le temps de poser sa question :
« Nous vous remercions pour vos bons conseils, dit-il d’une voix posée. Toutefois, nous ne recevons nos ordres que de la baronne Iolanthe, or le conseil nous a demandé en son nom d’enquêter plus avant sur les causes de la grève. Dans l’immédiat, notre mission ne consiste donc pas à appréhender Ragmey Herréon. »
Le choc passa très vite sur les visages de leurs interlocuteurs. Le temps d’un soupir, ceux-ci s’étaient déjà composé des visages neutres.
« Eh bien, enquêtez ! lança Sivane Erbéol. Vous ne tarderez pas à parvenir aux mêmes conclusions que nous. Je ne saurais trop vous conseiller d’aller vite, avant que l’oiseau ne s’envole ! »
Le syndègue Bernal leva les mains en signe d’apaisement.
« Voyons, madame Sivane, il s’agit de pluveurs envoyés par le conseil ! Ils feront au mieux, vous le savez bien… La baronne nous envoie son fils en personne, n’est-ce pas une preuve qu’elle prend l’affaire au sérieux ?
— En ce moment, gronda Karal Tolmaséon, Iolanthe Maréol patauge dans la boue quelque part sous le Causse Morain. C’est son homme de l’ombre, l’agent d’Aïné, qui dirige le conseil !
— Mon père, précisa Jébert. Appelons un chat un chat ! »
Il répondit par un sourire aux regards qui tentaient de le foudroyer.
« La situation revient au même : je suis l’héritier d’Esthuil, le fils unique du chef du conseil… et aussi un pluveur. J’ai prêté serment comme tous mes compagnons. Croyez-moi, la grève inquiète en haut lieu. »

mardi 8 novembre 2011

Rencontres de l'Imaginaire (10 décembre 2011)

À l'approche des fêtes de Noël, comme tous les ans, j'irai faire des emplettes à Sèvres, aux 8èmes Rencontres de l'Imaginaire.

Comme tous les ans, je connais un peu plus d'invités que l'année précédente, et j'ai bien l'intention de squatter un coin de table de l'ami John "POC" Lang histoire de déconner un peu.
Viendez !

lundi 7 novembre 2011

NaNoWriMo 2011 [1]

Comme chaque année, je garde trois extraits de mon premier jet sur mon profil NaNoWriMo, que je change deux par deux.
Ceux qui disparaissent ? Eh bien, je les archive ici.
Roulez jeunesse !

Laliz Bortéol, seize ans à peine, compensait sa jeunesse par un caractère bien trempé. En l’occurrence, sa sœur avait des comptes à lui rendre et elle ne la laisserait aller nulle part avant de lui avoir dit ce qu’elle en pensait. Elle se planta donc devant Irini, réussissant à la toiser de haut alors que son aînée mesurait une bonne paume de plus qu’elle.
« Je suppose que tu ne m’as pas encore fait faux bond, n’est-ce pas ? C’est en toute bonne foi et en toute innocence que tu as oublié. Est-ce que je me trompe ? »
Sa sœur cligna des yeux et posa son matériel de dessin contre le mur. Des feuilles, témoignages de son escapade du matin, restaient coincées dans ses tresses brunes.
« Oublié ? s’étonna-t-elle. Oublié quoi ?
— Je m’en doutais. Mais où as-tu laissé ta tête, Irini ? Hier soir, tu m’as promis de m’aider à finir ma robe de mariée ! »
La jeune femme joignit les mains, la bouche ouverte sur la foudre qui venait de lui tomber sur la tête.
« Oh, Laliz, je suis désolée ! Je t’aiderai tout à l’heure. Ou demain. C’est promis.
— Mais oui, répondit sa cadette avec une moue incrédule. Ou bien après-demain, ou à la fin du monde, lorsque tu daigneras enfin te souvenir de quelque chose ! Le problème, Irini, c’est que je me marie dans trois décades, et que la date ne peut pas s’adapter à tes petits caprices. Je crois que je vais tout simplement demander l’aide de quelqu’un d’autre. »
La jeune fille se détourna d’un geste emphatique. Sa sœur lui mit précipitamment la main sur l’épaule.
« Écoute, je comprends que les apparences sont contre moi, mais j’ai des soucis de mon côté. »
Laliz leva un sourcil.
« Toi ? Tu ne t’intéresses qu’au dessin et à la peinture, tu négliges ta famille, tu n’entretiens même pas tes sourcils, et tu vas me faire croire que dans ton petit monde, tu arrives malgré tout à avoir des soucis ? »

À peine Pétrine avait-elle ouvert la porte de derrière qu’une détonation l’assourdit. Pendant un court instant, elle crut que la maison s’écroulait sur elle, avant de reconnaître un coup de feu. Après deux décennies d’usage de l’arquebuse, les pluveurs utilisaient depuis presque trois ans des pistolets plus courts et plus pratiques. À ses oreilles, cependant, il semblait que ces nouvelles armes faisaient encore plus de bruit que les précédentes. On avait beau lui jurer le contraire, elle n’en démordait pas.
Une fois remise de sa frayeur, elle ne tarda pas à reconnaître la tête plus claire que les autres.
« Jébert Rorickéon ! » s’exclama-t-elle.
Le garçon se retourna et sourit à sa vue. S’excusant d’un geste auprès de ses aînés, il déposa son arme sur une table. Bienheureuse jeunesse ! Il semblait remarquablement frais pour un homme qui avait veillé une bonne partie de la nuit.
Aux yeux de quiconque connaissait Rorick et Iolanthe, la filiation ne faisait aucun doute. Jébert avait hérité du regard de son père et de ses cheveux blonds, peu courants en Esthuil. De sa mère, il tenait à peu près tout le reste : l’ovale du visage perturbé par un menton un peu fort, le nez à la racine large et au profil étonnamment pointu, la bouche charnue au sourire facile. La vie avait ajouté à ce joli tableau une cicatrice sur la tempe et la pommette gauches, que le jeune homme cachait tant bien que mal en rabattant ses cheveux de ce côté.

vendredi 4 novembre 2011

Achevez-moi... Adoptez-moi !

La crève, le NaNoWriMo, le boulot, la direction littéraire de Gigahertz...
J'ai rarement vécu une telle accumulation de sources de fatigue et/ou de stress. Cela dit, si ça me tue, on pourra au moins me confier aux bons soins de la SPZ !


Réalisé ce jour en réunion.
Pour que je transforme ce crayonné en vrai dessin, tapez 1.
Pour que je me contente de finir les autres projets, tapez 2.