dimanche 28 novembre 2010

Rencontres de l'Imaginaire de Sèvres


L'affiche est d'Éric Scala, qui a beaucoup de talent et qui proposera en avant-première son sketchbook aux éditions Ad Astra (je vous avais dit qu'on reparlerait de lui). Et ce qu'il y a de bien, c'est que toutes les informations importantes sont dessus : la date, le lieu, les horaires, l'URL du site de la ville.
Je ne suis pas invitée, mais je me rendrai sur place pour faire une partie de mes courses de Noël.

Il y aura, comme tous les ans, autant d'auteurs et d'éditeurs que peut en accueillir le Sel sans se transformer en boîte de sardines. Ça sent la dédicace, tout ça.

Bref, rendez-vous dans deux semaines à Sèvres !

vendredi 26 novembre 2010

Qu'est-ce qui fait peur aux enfants ?

À force de fréquenter Poussin depuis sept ans et demi, et Poussinette depuis presque deux ans, la seule chose que j'ai réussi à comprendre à ce sujet, c'est : "c'est relatif".


Pour info, on s'est rendu compte depuis cette soirée que Poussinette a également peur du Père Noël.

jeudi 25 novembre 2010

NaNo 2010 (8)

On continue dans les extraits... J'espère être en train de finir mon histoire, là tout de suite maintenant. Et puis bientôt tourner la page. J'ai tant d'autres textes à revoir, et dès 2011, un autre roman à écrire !

Un coup d’épaules, et la veste de Dérénik tomba à terre.
« Qu’est-ce que vous avez fait à Axel ? demanda-t-il.
— Il va bien. Le seul problème, c’est qu’il nous a faussé compagnie alors qu’il nous doit un service. S’il te plaît, laisse-toi faire, je n’aimerais pas devoir te mater. C’est déjà assez étonnant de rencontrer quelqu’un de ton espèce, surtout accompagné d’une mignonne petite humaine. C’est la copine de ton pote Axel, j’imagine. Toi, je ne te vois pas en avoir une.
— Célia, fit le jeune homme noir, tu as vu comment tu leur parles ? C’est comme ça que tu espères les convaincre de venir avec nous ?
— Je n’ai rien fait, c’est le chienchien à sa mémère qui s’est mis à nous grogner dessus dès qu’on a posé le pied par terre !
— Stop ! »
Le cri de Julie sécha instantanément la discussion.
« Je n’écoute personne et je ne vais avec personne tant qu’on ne m’aura pas expliqué ce qui se passe ici !
— Comme vous voudrez, madame. »

Dès la fin de la communication, Axel se ramassa en boule sur le trottoir. Il ne savait pas s’il devait pleurer, hurler ou mordre. Comment Célia de Rannetaud avait-elle osé dire à Julie ce qu’il lui cachait ? À présent, il n’avait plus aucune chance de voir pétiller ses jolis yeux noirs, de sentir ses mains sur sa peau ni d’envisager le moindre avenir avec elle. Il était un monstre, et il lui avait menti. Cela faisait deux raisons de ne plus jamais vouloir lui parler. Son cœur, son malheureux cœur d’artichaut, lui faisait si mal qu’il aurait voulu l’arracher. À quoi bon continuer à aimer quelqu’un qui ne voudrait plus de lui ?
« Hé, mon petit gars, ça va ? »
Le jeune homme leva la tête. Deux types en bleu de travail, la quarantaine, maghrébins, s’étaient arrêtés près de lui et l’observaient d’un air soucieux. Pour eux, il se força à reprendre une contenance :
« Je viens d’apprendre qu’une bonne amie a de gros problèmes, mais sinon, ça va, merci. »
La réponse parut satisfaire les deux hommes qui poursuivirent leur chemin. Axel se releva et partit à son tour, mais cette fois, dans l’autre sens. Cette interruption avait eu le mérite de l’empêcher de s’apitoyer trop longtemps sur son sort.

mardi 23 novembre 2010

Bienvenue Shynamun !

Une petite nouvelle a fait son entrée dans la famille tout à l'heure. Comme ses ailes prennent pas mal de place, j'ai un peu galéré pour la caser, mais je lui ai finalement trouvé une jolie place.


C'est décidé, le prochain membre de la fratrie sera un petit frère avec un zigouigoui anatomiquement correct.

dimanche 21 novembre 2010

NaNo best-of

Opération témoignage.
Pendant toute la durée du NaNoWriMo 2010, Cécile Duquenne, la talentueuse jeune plume à qui le monde doit le très sympathique roman Entrechats, aura diffusé une question par jour. J'ai mis un point d'honneur à répondre à toutes ces questions. Petit florilège :

J - 28 : trouvez une manière rigolote de décrire le "genre" de votre NaNo.
Prenez une lutte de clans, une histoire d'héritage, saupoudrez-y un mignon petit couple, des montagnes, une course-poursuite, touillez bien, et assaisonnez avec une bonne dose de poils.

J-24 : on ne fait pas d'omelettes sans casser des œufs ! Combien de personnages allez-vous tuer dans ce NaNo, approximativement ?
L'intrigue sera lancée par un décès, et par la suite, un des personnages doit mourir.
Afin de ne pas changer d'avis au dernier moment, j'ai spécifiquement créé ce personnage dans le but de le faire canner (après lui avoir fait jouer un rôle dans l'intrigue, on n'est pas des bêtes). Comme ça, j'évite préventivement de m'y attacher.

J - 19 : ça continue d'approcher... et votre plot, comment ça s'annonce ? Vous avez avancé depuis le premier post, il y a dix jours ?
Je crois bien que j'ai avancé, oui. Tout à l'heure, j'ai eu ce qui pourrait bien être l'illumination qui me tirera de la panade (à savoir, ce qui amène C3 à avoir son grand geste héroïque, et pour le coup, qui amène toute une possibilité d'intrigue secondaire – mais donne à C3 plus d'importance que prévu).
Si ça se profile comme j'en ai envie, ce sera grâce à ma lecture dans la salle d'attente du toubib, et donc, grâce à Karim Berrouka. \o/

J - 8 : quel est le nom de votre méchant ? Et pourquoi est-il si méchant ? ^^
Ma "méchante" s'appelle Célia de Rannetaud. Sa motivation, c'est avant tout qu'elle cherche à venger son grand-père, et puis, elle n'est pas si méchante, finalement. Juste fière et brutale.

J - 3... d'après vous, dans un mois, quel sera votre état d'esprit ?
Dans un mois... le 29 novembre donc. J'espère bien avoir fini.
Ma tendance étant de passer la barre des 50K un peu plus tôt chaque année, j'espère la franchir aux alentours du 17-18 novembre, pour finir l'écriture vers le 25. Le 29, je pense donc que je me reposerai avant d'attaquer la relecture du roman écrit cette année entre mars et septembre.
De préférence, je serai contente d'avoir relevé le défi, mais je ne pourrai plus voir mon texte en peinture. Je serai sans doute persuadée qu'il est nul pendant encore un mois ou deux, avant de trouver le courage de le relire.

J + 3 : quelle est la phrase la plus longue que vous ayez écrite aujourd'hui ?
57 mots.
Paradoxalement, s’il n’était pas tombé nez à nez avec Thibault Canistel neuf ans plus tôt, s’il n’était pas passé à deux doigts de mourir à cause de lui, il n’aurait trouvé ni le billet de loterie gagnant qui avait mis toute sa famille à l’abri du besoin, ni la relative tranquillité dont il jouissait ici, à Nevers.

J + 6 : quelle péripétie s'est tapé l'incruste ? ^^
J'avais prévu d'insérer un court dialogue bien pataud entre deux personnages, parce qu'il y en a une qui en pince pour l'autre mais a du mal à lui dire, et que les deux n'étant pas du tout adeptes des arts de la conversation, ce serait forcément court et foireux.
Et puis voilà que j'ai étoffé cette scène. Une porte qui claque et la demoiselle s'est retrouvée enfermée dehors, ce qui a permis à son voisin d'avoir un petit moment de gloire en escaladant sa façade pour s'introduire par la fenêtre de sa chambre (Freud adorerait ça) et lui ouvrir. Mais comme il est vraiment à côté de ses pompes, il n'en a même pas profité, ce sagouin.

J + 10 : est-ce que les effets du nano commencent à se faire ressentir sur votre vie sociale ? XD
Mon mari râle que je passe trop de temps à écrire au lieu de m'occuper de lui, et compense en regardant Dr House.
Je crois que le reste du monde n'a rien remarqué. ^^

J + 16 : comment va votre plot-bunny ? Vous le nourrissez ? S'est-il reproduit ?
Mes plot-bunnies sont tous morts depuis longtemps. D'ailleurs, il va falloir que je sorte les poubelles, parce que les cadavres commencent à sentir.

Voilà.
Le décompte n'est pas encore fini puisqu'il reste encore quelques jours de NaNoWriMo, mais ça donne une idée de l'ambiance dans laquelle j'ai travaillé jusqu'aux 50K. Maintenant que ceux-ci sont passés, j'ai beaucoup relâché mon rythme. J'espère quand même finir d'écrire l'histoire dans moins d'une semaine.

vendredi 19 novembre 2010

NaNo 2010 (7)

À présent que j'approche du dénouement, la structure du roman se précise : il y aura vingt-quatre chapitres, tous relativement courts. Je pense que le premier jet fera juste un peu plus de 300 000 signes, ce qui n'est pas bien long. Il faudra que je tente de l'étoffer un peu lorsque je le reprendrai.
Les extraits ci-dessous correspondent donc plus ou moins au début de la seconde moitié. L'un d'eux est une preuve supplémentaire, pour ceux qui en douteraient encore, que oui, je suis obsédée par les cheveux.

Dérénik souffla sur une mèche qui était tombée devant son visage, sans réussir à la déloger. Julie fouilla dans sa poche et y dénicha un vieil élastique.
« Attends, si tes cheveux te gênent, je vais te les attacher. »
Elle passa doucement ses mains du front du jeune homme vers sa nuque pour lisser les longues mèches en arrière. D’un geste expert de fille doublée d’une grande sœur, elle releva ensuite la masse, la serra entre ses doigts, et de l’autre main, fit glisser l’élastique. Au bout de trois tours, la queue de cheval lui sembla suffisamment serrée. Elle mit alors la touche finale à son travail en ajustant la gerbe de cheveux clairs de part et d’autre du point où elle jaillissait.
« C’est amusant, tu as des mèches grises sur la nuque. D’habitude, les hommes blanchissent plutôt en commençant par les tempes… »
Dérénik tâta le résultat avant de hocher la tête d’un air satisfait. Il était pourtant loin d’être bien coiffé, la faute au manque de matériel. Julie avait une brosse de voyage quelque part au fond de son sac, mais elle décida que ce n’était pas le moment d’aller la chercher.

Revenu de Paris depuis peu, le sorcier de Soleil racontait qu’il avait travaillé quelque temps avec un grand occultiste réputé dans la capitale : Adam Nicodème.
« Sûrement un pseudonyme, fit Léonie en souriant. Ou un prétentieux. Jamais entendu ce nom-là nulle part, et franchement, s’il avait été célèbre en 1750, je suis sûre que je le saurais ! »
Trois ans plus tôt, Nicodème avait été blessé par un métamorphe et consacrait désormais le plus gros de ses travaux à mettre au point un moyen de les contrer. Avec l’aide d’Augustin Saint-Jacques, il avait fini, au bout de longs mois de travail, par transformer une de ses bagues en objet anti-métamorphose. Il l’avait aussitôt testée sur un des monstres qui hantaient à l’époque les bas-fonds de la capitale, aspirant son pouvoir pour le sceller dans le bijou. Celui-ci n’avait hélas pas supporté la charge. L’énergie emmagasinée avait été restituée sous forme de chaleur, la bague avait fondu, et Adam Nicodème avait bien cru y perdre un doigt, gravement brûlé dans l’opération. Il s’était alors décidé à travailler à partir d’objets plus résistants, et dont la partie métallique n’était pas en contact avec la peau du porteur.

mercredi 17 novembre 2010

NaNo 2010 (6)

Mon cher journal,
À l'approche du climax de mon histoire, je rame pour sortir la moindre phrase. J'ai beau savoir que les plus grands souffrent tout autant dans la dernière montée (la descente finale n'étant plus ensuite qu'un grand moment de roue libre), ça ne m'aide pas à trouver les mots.
En comparaison, les chapitres d'avant, ceux dont des paragraphes sont reproduits ici, étaient carrément plus faciles.

« En gros, on te laisse le Nantais deux minutes et tu trouves le moyen de le laisser filer ?
— Du calme ! Ça aurait pu t’arriver aussi, alors s’il te plaît, ne rejette pas tout sur cette pauvre Capucine. Tu as vu la quantité de sang qu’elle a perdue ? Il n’y est pas allé avec le dos de la cuillère !
— Bon, bon… Et il s’est carapaté il y a combien de temps ?
— Je dirais deux ou trois minutes… Je t’assure que je n’ai rien pu faire, Célia.
— On en reparlera. Ceci étant… »
La jeune femme se glissa hors de la voiture et scruta les environs. Rien. Aucun bruit, aucune odeur à part celle du sang de Capucine qui lui saturait les narines.
« Il est hors de question qu’on le laisse s’enfuir comme ça ! Si j’avais su, je ne l’aurais jamais détaché. Il me paiera ça, ce… »
Elle tapa du plat de la main sur la vitre la plus proche.
« OK. Mange un truc pour reprendre des forces, et ensuite, tu vas prendre le volant. Je suivrai sa piste avec Claudio. Toi, tu fais la voiture-balai avec nos vêtements, sachant que le plus probable est qu’il ait tenté de repartir vers Nantes.
— Tu es sûre que je peux conduire ce monstre ?
— Tu préfères courir à travers la campagne dans ton état ? »

Il était inutile de chercher à lui tenir tête. D’une part, elle avait raison : en lui faisant traverser quelques murs du centre-ville de Nantes, Léonie l’avait emmené hors de portée des garous de Thibault Canistel, suffisamment longtemps pour lui permettre de récupérer et, au final, de réussir sa première métamorphose. Pour prix de cette aide, elle s’était fait mordre tellement fort qu’elle en gardait peut-être encore des cicatrices. Axel avait une dette envers elle. D’autre part, il avait besoin de raconter à quelqu’un ce qui lui arrivait.
Il expliqua donc toute l’histoire, depuis le coup de fil de son dominant jusqu’à sa fuite. Il insista sur le fait qu’il ne comprenait rien à ce qui lui arrivait et qu’il voulait simplement rentrer chez lui, retrouver sa maison, son travail et ses amis. Il se moquait bien de cette histoire de ceinture magique et d’ouroboros. D’ailleurs, ce dernier mot, il n’en connaissait la signification que depuis que Célia de Rannetaud lui avait hurlé dans les oreilles qu’il s’agissait d’un serpent qui se mordait la queue, avant de ponctuer ses paroles d’un coup de pied en plein thorax.

mardi 16 novembre 2010

Pas vu sur le GGG : parenthèse héraldique

Le concept plaisait à Beorn, mais l'image n'est finalement pas restée sur la couverture du Grimoire Galactique des Grenouilles.
Voici néanmoins, de façon tout à fait officieuse pour le coup, les armoiries (non-officielles) de CoCyclics.


D'argent à la bande de gueules chargée d'un parchemin d'or portant l'inscription "SCRIPTVS", côtoyée en chef d'une fleur de nénuphar au naturel, et en pointe d'une feuille de nénuphar également au naturel.

Quand je pense que :
1- Je ne suis pas une grenouille
2- Je ne connais rien à l'héraldique
... je me dis que ce genre de truc confine au masochisme profond, quand même.

lundi 15 novembre 2010

NaNo 2010 (5)

J'ai désormais passé les trois quarts du défi, et probablement les deux tiers du roman. C'est toujours un plaisir de voir que l'écriture avance, quitte à pédaler un peu dans les mots quand l'inspiration n'est pas au rendez-vous. Au-delà de ça, c'est surtout la preuve qu'écrire, c'est un boulot comme un autre, ou presque. Le truc, c'est de s'y mettre et de se motiver pour avancer.
C'est bien écrire qui est difficile.


« Axel m’a trouvé pendant les vacances d’été. J’étais, comment dire ? À la rue, à l’époque. Nous nous sommes tout de suite bien entendus, et comme j’avais besoin d’un logement, il m’a vite proposé de venir habiter avec lui.
— Décidément, il a toujours eu le cœur sur la main !
— Oui, on peut dire ça. Je ne sais pas ce que je serais devenu sans son aide.
— Mais si tu étais à la rue… Tu n’as pas de famille ?
— J’en avais une. Ce sont eux qui m’ont mis dehors. C’est une longue histoire, compliquée. Je n’ai pas très envie d’en parler. En tout cas, je n’ai plus de nouvelles d’eux. »
Il ferma les yeux, tendit le bras sur l’accoudoir et laissa tomber sa tête par-dessus, comme un enfant qui avait besoin de réconfort. Julie ne savait pas si elle devait douter de ses paroles : l’histoire était bateau, et surtout racontée de façon très vague, mais Dérénik avait l’air sincère. Elle finit par renoncer à se faire une idée tout de suite. La seule chose dont elle était sûre, c’était qu’il se retrouvait aussi démuni privé de son colocataire qu’elle-même privée de son petit ami. Ils étaient dans la même galère, tous les deux.

Lorsque le roulement cessa, Axel ouvrit les yeux machinalement. Il s’était attendu à tout, sauf à voir la route barrée devant la voiture par une douzaine de personnes à la mine patibulaire. Derrière eux, on distinguait le bout d’un panneau d’entrée d’agglomération, suivi quelques mètres plus loin des murs des premières maisons.
« Qu’est-ce qui se passe ? demanda le jeune homme.
— Aucune idée. Je fais des trajets comme celui-ci presque tous les jours pour faire des visites, et c’est la première fois que je me fais bloquer. Ne bougez pas, je vais voir. »
L’agent immobilier déboucla sa ceinture et ouvrit sa portière.
« Excusez-moi, mais j’ai un rendez-vous et j’aimerais passer. Pourquoi ce barrage ?
— Juste une vérification à faire, » répondit un homme entre deux âges avec une casquette rouge et une veste sans manches d’où dépassaient celles d’une chemise à carreaux.
Axel vit le monsieur avancer de quelques pas et fermer les yeux en prenant un air concentré. Cette attitude fit remonter une bulle familière du fond de sa mémoire, mais la sensation était trop floue. Il n’arrivait pas à la relier à un souvenir précis.

dimanche 14 novembre 2010

Star Trek archive

À l'occasion des Utopiales de Nantes...
Bon. En fait, non.
Ce qui s'est passé, c'est que Poussinette a fouillé dans des vieux dossiers à moi, et qu'à ma grande surprise, entre deux ordonnances antiques et trois feuilles de Sécu jamais envoyées (autant par flemme que pour ne pas contribuer davantage à creuser le trou de cette noble institution), j'ai vu tomber ce dessin dont j'avais oublié l'existence.

À l'heure qu'il est, je ne me souviens toujours pas d'avoir commis cette chose, mais c'est clairement mon style, en plus de représenter un de mes personnages du temps où je me vautrais dans la fanfic de Star Trek.
Zey est une aimable commerçante de station spatiale, tellement hybride que le canon, pourtant peu regardant sur les critères de compatibilité entre espèces, n'en voudrait sûrement pas, et plutôt portée sur les maquillages clinquants. Pour tout dire, avec juste un violet à lèvres, elle est vachement sobre, là.


Bref, encore un Blast from the Past dans ma face.

vendredi 12 novembre 2010

NaNo 2010 (4)

Tandis que l'écriture avance, que le défi est en bonne voie d'être relevé et que j'espère voir l'intrigue ne pas tomber à plat juste derrière la ligne des cinquante mille mots, j'ajoute encore deux extraits. À ce stade, c'est toujours un par chapitre.

La jeune femme retrouva le numéro de son petit ami dans le répertoire de son téléphone portable et appuya sur le bouton d’appel. Après trois interminables secondes de silence, de longs bips indiquèrent que le mobile destinataire avait été trouvé.
« Allez, décroche… »
Le quatrième bip fut interrompu par un petit clic. Elle avait basculé sur la messagerie, sur ces deux phrases enregistrées qu’elle détestait tant : « Bonjour, vous êtes bien sur la messagerie d’Axel Maillard. Je ne suis pas joignable, mais si vous me laissez un message, je pourrai vous recontacter dès que possible. »
Elle soupira.
« Axel, c’est moi, Julie. Tu avais promis de me téléphoner tous les soirs, tu te souviens ? Je ne sais pas où tu es et je m’inquiète… J’espère que tout va bien. S’il te plaît, rappelle-moi dès que tu auras mon message, même si c’est le milieu de la nuit. Je me moque que tu me réveilles, je veux juste être rassurée. Je t’aime. »

Capucine fit un pas sur le côté pour laisser passer les hommes et tendit le sac à Célia.
« Tu t’es déjà servie dedans ? s’enquit celle-ci, déjà occupée à allumer la lampe de camping.
— Non, pas encore.
— Alors prends d’abord quelque chose à manger ! La structure de la meute ne t’interdit pas de prendre des initiatives, on n’est pas à l’armée ici ! »
La jeune femme baissa la tête.
« Tu sais bien que je n’ose pas. Je ne suis pas à l’aise.
— Il va falloir que tu apprennes, Capucine. Une meute, c’est dix à douze garous, pas plus. Les idées et la bonne volonté de tout le monde sont nécessaires pour que ça marche. Rester en retrait, c’est la pire des choses à faire. Alors vis, parle, affirme-toi.
— Facile à dire. Et Claudio, il s’affirme beaucoup, tu trouves ? »

jeudi 11 novembre 2010

Ça vous désqueele !

Petit interlude entre deux NaNotages :
La sortie du tome 4 de Freaks' Squeele, l'excellente série de BD de Florent Maudoux chez Ankama, est officiellement annoncée au 27 janvier 2011 (sous réserve de petit souci qui retarderait l'arrivée des précieux volumes). Vu d'ici, c'est loin. C'est long. Néanmoins, Florent a rendu sa copie dans les temps, Tranches de Squeele comprises.
Une maquette provisoire de la couverture a également été rendue publique. Si les éléments de type "titre" sont encore à ajuster, on peut estimer qu'à peu de choses près, l'illustration, elle, est la bonne.


Si je peux me permettre, même non finalisée, elle troue le squeele, cette couverture.

Qui sont Scipio et Praetorius ? À quoi ressemble Sablon sous son turban ? Comment Chance va-t-elle *chutchut pas de spoiler* ? Quel intérêt peut-on avoir à faire passer les étudiants de la FEAH pour des apprentis-super-méchants ? Autant de questions qui trouveront leur réponse dans ce quatrième tome... Ou pas.
Sans compter, dans les fonds de case, une galerie de personnages créés par les lecteurs, dont mon Esteban Viracocha.

Voilà, ça y est, j'ai encore plus hâte.
PutSuccube borgne, deux mois et demi !

Bon, je m'en retourne NaNoter, moi.

mardi 9 novembre 2010

NaNo 2010 (3)

En dépit d'un ralentissement de mon activité (générale et scripturale) dû à un méchant virus, on continue à faire tourner les extraits !

Une file joyeuse de bambins en pantalon rouge avança, faussement sage, avant de s’égailler en hurlant dès le premier pied posé dans la cour. Lorsque le flux commença à se tarir, Véronique accorda un laissez-passer aux élèves qui portaient des tresses. Essentiellement des filles, mais pas seulement. Axel faisait mine de vérifier soigneusement l’état des têtes, provoquant moult gloussements chez les enfants, quand son téléphone mobile sonna dans sa poche. Il y jeta un coup d’œil rapide, reconnut le numéro et décida de ne pas répondre. Cet appel n’était sûrement pas assez urgent pour justifier d’interrompre son travail.
Une fois que tous les élèves furent sortis et que la cantine resta aux mains du personnel de service, le jeune homme consulta sa responsable du regard. Celle-ci lui répondit par un signe de tête. Axel s’enferma donc dans une salle, au calme, pour rappeler son interlocuteur.

Plus d’une fois, Capucine crut qu’elle allait vomir en cours de route. Célia conduisait à fond de train, manquant plusieurs fois d’entrer en collision avec un autre véhicule, ne ralentissant que lors des traversées de villages. À côté d’elle, Claudio scrutait tous les conducteurs, et annonçait religieusement chaque minute gagnée sur l’horaire d’arrivée prévu. Dans un monde parfait, le Range Rover noir aurait vite eu une demi-douzaine de voitures de police lancées à ses trousses, mais il fallait croire que le Cantal un vendredi après-midi ne correspondait pas à cette description : à aucun moment les garous ne furent inquiétés. Célia avalait les kilomètres, la main gauche crispée sur son volant, la droite sur son levier de vitesses, le regard fixé sur l’horizon. Quand elle l’observait, Capucine avait l’impression que cet objet qu’elle cherchait comptait plus à ses yeux que sa propre vie.

dimanche 7 novembre 2010

NaNo 2010 (2)

La suite...
Mon décompte monte plutôt bien, comme en atteste le charmant petit témoin sur votre droite. Néanmoins, j'ai prévu cette année une intrigue qui devrait dépasser assez nettement les cinquante mille mots règlementaires, de l'ordre de soixante-mille, voire un peu plus.

Le NaNoWriMo, c'est du premier jet brut de décoffrage, et c'est aussi ça qu'on aime.

Elle allait refermer la porte lorsqu’elle aperçut quelqu’un sur sa gauche. Intriguée, elle avança d’un pas et reconnut Dérénik. Le jeune homme était trop occupé à récupérer le contenu de sa boîte aux lettres pour faire attention à elle. Le visage à moitié dissimulé par de longs cheveux châtain clair à reflets cuivrés, il portait un t-shirt gris informe, un jean fatigué et une paire de baskets. Une vraie allure de geek. Manifestement, ce garçon ne se préoccupait pas du tout de son apparence. Pourtant, il était plein de charme pour qui savait bien regarder.
« Bonjour, » dit-elle d’une voix mal assurée.
Il passa la main dans ses cheveux pour dégager ses yeux. C’était un beau visage qu’il cachait là-dessous, au contour viril, aux traits réguliers et au regard intense. La coiffure longue et désordonnée lui donnait un petit air sauvage, pas désagréable pour deux sous.

Bernard de Rannetaud descendit l’escalier à sa rencontre, précédé par son odeur-aura si particulière. Sa petite-fille l’avait toujours connu ainsi, assez reconnaissable pour être identifié comme un garou, et pourtant nettement différent, comme mutilé. L’effet était le même que s’il avait dégagé un parfum douceâtre de fruit à moitié pourri. C’était pourtant un bel homme, portant avec prestance ses soixante-dix ans bien tassés.
« Ah, Célia. Je savais que tu ferais vite. Bienvenue, ma chérie. Pas de soucis sur la route ?
— Aucun. Ça me fait plaisir de te voir en forme, grand-père. »
La jeune femme avança dans le hall et échangea une bise avec le patriarche.
« Alors, qu’est-ce qui me vaut le plaisir d’avoir eu ce coup de fil ?
— Viens t’asseoir, la conversation a toutes les chances d’être un peu longue. »

vendredi 5 novembre 2010

Réalisé sans trucage

Si vous sortez du métro et que la personne devant vous se met à rire sans raison apparente, n'allez pas tout de suite croire qu'elle a une case en moins. C'est exactement le truc qui m'est arrivé tout à l'heure, en tombant sur des autocollants juste à la sortie de la station.
Chance, j'avais mon appareil photo sur moi.


*Mode mauvaise foi ON*
La Cégété fait des affichettes rien que pour moi maintenant, la classe !
*Mode mauvaise foi OFF*

jeudi 4 novembre 2010

Le GGG

Le voile est levé : j'ai bossé... pour CoCyclics.
Plus précisément pour Beorn et Silène, qui désiraient me confier le dessin de couverture de leur catalogue d'éditeurs. Pourquoi moi plutôt qu'une grenouille ? Les goûts et les couleurs...
Quelques allers-retours plus tard, j'ai découvert hier la maquette finale sur le site du collectif.

Le bouzin sera en vente à partir du 12 novembre, et effectivement disponible à partir du 15. Il coûte très exactement 5 eurobrouzoufs.


J'espère que le rendu final est mieux que cet aperçu : ça pixelise aux entournures, là. Normalement, ça ne devrait pas être le cas sur papier.

Bon, un truc important à savoir, c'est que le Grimoire Galactique des Grenouilles, contrairement à ce que son titre pourrait indiquer, n'est pas réservé aux membres de CoCyclics ou aux adhérents des Tremplins de l'Imaginaire : les informations et conseils qu'il contient s'adressent à tous les auteurs du monde SFFF. Moi qui ne suis pas un batracien et n'ai aucune envie de plonger dans la Mare (en un mot comme en cent : je ne me reconnais pas dans l'esprit du collectif), ça m'intéresse. Vivement.

D'un point de vue technique, puisqu'il y a une source de lumière derrière les personnages, c'était la première fois que je travaillais avec une backlight (tout en écoutant un épisode de Bones). Je pense que pour une autodidacte complète qui s'y prenait au jugé, je ne m'en suis pas trop mal sortie.

mercredi 3 novembre 2010

NaNo 2010 (1)

Le NaNoWriMo est déjà bien engagé : certains parmi les Français ont dépassé la barre des 30000 mots. On reste loin des "overachievers" américains qui tombent leurs 50K chaque jour pendant un mois, mais de toute façon, ce ne sont pas ces sommets-là que je vise.
J'essaie, dans la mesure du possible, de concilier la quantité avec un minimum de qualité, ce qui implique d'écrire moins vite, et surtout, pas n'importe quoi.

Je commence à faire tourner les extraits. Ceux-ci viennent de quitter mon profil NaNoWriMo. Cette année, je pense que j'en mettrai un par chapitre... sauf si je change d'avis.
Genre : fantastique récréatif tendance bit-lit (mais sans vampires).

Malgré la vigilance recommandée à chaque garou dans sa vie de tous les jours, le mot d’ordre étant de reconnaître les jeunes congénères et de les guider à travers leur révélation, l’espèce était trop peu nombreuse. Dans un pays comme la France où le gène garou avait une prévalence importante, il y avait forcément des individus, presque tous nés d’humains, qui passaient à travers les mailles du filet. Ils atteignaient l’âge adulte sans maîtriser leur condition, et il était alors trop tard pour en faire des garous. La plupart d’entre eux vivaient alors tels des humains normaux, leur odeur-aura s’effaçait et l’histoire s’arrêtait là. Mais parfois, une personne, poussée par on ne savait quoi, voyait resurgir son héritage et se mettait à ressentir l’appel de la lune avec une intensité qui la rendait littéralement folle de sang. Il n’y avait alors pas de retour en arrière possible : tous les mois, le lunard se métamorphosait en monstre et se nourrissait, qui de bétail, qui d’animaux familiers, voire d’humains.

Un carton de pizza vide traînait sur la table du salon. La télécommande du lecteur de DVD gisait à terre au milieu d’un champ de miettes, et le lecteur lui-même n’était pas éteint. La boîte du film était restée ouverte à côté de la télévision. Axel soupira :
« Eh bien, je vois qu’il y en a un qui ne s’est pas beaucoup embêté à nettoyer ses cochonneries, merci à lui… »
La colocation, c’était un peu comme la vie en couple, à ceci près que l’on ne passait pas par la période où le monde était un petit nuage rose, et que l’on sautait directement à la phase où les menus défauts de l’autre énervaient prodigieusement. Heureusement, Axel était quelqu’un d’assez calme. Il attrapa la boîte de DVD, constata qu’il s’agissait de Bienvenue à Zombieland, récupéra le disque dans le lecteur et rangea le tout. Ensuite seulement, il s’occupa de la boîte à pizza, qui décrivit une ellipse élégante en direction de la poubelle à emballages. Les miettes attendraient : il devait encore prendre une douche et passer une tenue plus digne de l’occasion.