Quand on travaille ses textes avec des bêta-lecteurs, on apprend vite à identifier des bêtes noires stylistiques.
Par exemple :
- Les formes en -ment, des adverbes, en général. Il y a ceux qui en tolèrent un toutes les trois-quatre phrases, ceux qui les tiennent pour des abominations, et un large spectre entre les deux.
- Les verbes dits "faibles", qui souffrent d'un sens trop général et sans doute aussi d'un usage oral trop courant. Outre les auxiliaires être et avoir, on compte dans cette catégorie des classiques comme mettre, aller... et surtout faire. Tant pis pour toutes les expressions efficaces basées sur ces verbes.
- Les phrases longues. Il paraît que ça nuit au rythme et à la compréhension. Moi qui ai tendance à considérer qu'en-dessous des deux subordonnées, une phrase n'en est pas une, on me tronçonne beaucoup et j'avoue que ça me gonfle.
- La conjonction "mais". Trop facile, trop oral, enfin je crois.
- Les répétitions. Sans commentaire, ça se comprend tout seul.
La liste ci-dessus ne prétend pas à l'exhaustivité, mais elle fait plus ou moins l'unanimité parmi les habitués de la bêta-lecture et/ou de la direction littéraire.
S'il est vrai que l'abus ou le cumul de ces points dénote à coup sûr un style faible, en revanche, je ne pense pas qu'il faille ériger leur traque en règle absolue. En partie pour sauver mes phrases longues, mais pas que. J'estime surtout qu'il vaut mieux lever le nez un cran au-dessus du mot que l'on renifle, et s'intéresser avant tout à la fluidité et à la musique des phrases. Si une proposition coule toute seule avec un "mais" et un "faire", peut-être deviendra-t-elle plus laborieuse quand on l'aura remaniée en "toutefois" et "accomplir", par exemple.








